‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 23 sur 226 · ABSOLU · texte numérisé non relu

ABSOLU

ABSpiiU, inot qui lin ])i)ilosopliie désigne cm qui est suprême, comiiu; la rpligion rpxprinip par le mot Dieu. L'écrit humain ne peut s'arrt^,ter à la simple perception des phénomène^ dans leur immer^se diversité; un instinct invincible nous porte à chercher le lien qui les rpUe entre eux, ^ ramener nos perceptions ^ de$ nptiQnîi générales, soit en groupant, au moyen de la classiiici|tion, Ips ètre$ et les fait9 semblahlcs en unités cpllectives^ soit eq rattachant les e^ets à leurs causes et les attributs a leurs substances. Nous nous élevons 4|nsi h la ponnaissancc de quelques principes, et faisant un pas de plus, nous nous efforçons de remonter jpsqu'à un principe premier. En procédant de la sorte, nous n'avons pas seuleqient le sepUn^^nt de satisfaire à un besoin de Tesprit, d*obéir à une loi de la pensée, nous avops la eonviction de suivre I4 voie légitime ppqr arriver à la cpnqaissanpe de la réalité, à la vérité. Qui dit vérité, dit que les lois de notre esprit et les lois de Funiyers se répondent; et quand il s'agit d'un objet que rexpérience sensible n atteint point, nous ne sommes pas pour cela réduits à {'ignorance, si la rafson, provoquée par rex[)érience, affirme cet objet p^r un acte noi-mal, nécessaire, permanent. Tel est l« caj^ pouv Tahsiplu. Lç§ systèinc3 qi|î n'adippttept d'aujres conn^issîinccs que pelles acquises par nos sensations, écartent copime chimérique la notion de l'absolu ; niais par là }]» assufnent la tâc|ie fort ardue de démontrer que la science soit possible par le seul jeu de nos sens et sans l'intenention de l'esprit. Quant siw philosophes qui adpiettent d^ux moyens de connaissance, les ^nsj^tions et la pensée, ils sont d'accord pour reconnaître que Tex-: périenc^ sensjble ne constate pas un principe suprême, mais que leur raisQn est o)))igée dp le statuer et qu'il est la base de toutes les opérations de Tesprjt aussi bien que le fondement do tous les phénomènes de la réalité. Ce premier principe est appelé l'absolu ; mot tiré (\u latin, ttb^lvere^ a^$olutum^ c'est-à-dire flégagé, oflVant tout d'aboix} une signification que }es penseurs sqpt unanimes à proclamer : l'absolu est dégagé de toute condition, de toute liniite, indépendant, il ne subit aur aune fjjpterminatipq qui lui soit iqiposée du dehors. Mais cette prenUère indication, qqi nous dit ce que l'absolu ifest pas et qui nous fournirait iQUt ^u pjîjs une «abstraction yide, inerte, sans rapport avec la réalité, ne saurait nqu^ suffire; il pous faut s^^voir ce que i'absoju est. Ici apparaissent ies divergences; et comme la notion de l'absolu est le terme esî^ntipl fle t^out système philosophique, il nous faudrait retracer l'hisiQire de la pinlospphie pour expliquer les acceptions diverses que ce mot a f eçues pt faire apprécier les progrès que la pensée a faits dans la coonai^qcede son q))jet principal. Clontentons-nous de quelques indi-: çaÛpn^ sofuipaires. Cette notion a jusqu ici parcouru trois degrés. Le premier, représenté parmi les modernes par Spinoza, c est la notion de l'être pur et simple, existentix obsoluta affinnatio, de la substance dans sqn unitp indivisible et infinie, dans son immuable identité; m^is une telle notion de la sut^stance isolée de la notion de cause ne donne qu^ime unitjà iqoppfpne, une durée abstraite, et To^istence des phoses côntipjfeqtes, ipHUiples et du mouyeïUent n'est- pas expliquée. Aussi le seçonq df^gl^, représenté par Leit)nitz et Hegel, considère l'absolu

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comme cause ou activité, opérant un déploiement dont il est le principe et la fin, se donnant l'existence à lui-même suivant une norme déterminée et parfaite ; mais s'il ne s'est pas donné cette norme , il n'est pas réellement Tabsolu. Le troisième degré (Schelling dans sa dernière période et M. Secrétan) insiste sur la liberté de Tabsolu; il est ce qu'il a voulu être. Dès lors nous sommes en présence d'un dilemme : ou bien ce libre arbitre n'a été déterminé par aucun motif, et alors c'est le pur caprice, un acte aveugle ; ou bien Tabsolu a voulu être parfait, l'exercice de sa liberté a été raisonnable, un idéal s'est en quelque sorte imposé à son choix, et alors c'est le déterminisme. Les philosophes hésitent devant ces deux solutions, et M. Janet reconnaît « qu'il y a, au fond des choses, un dernier terme où tout doit se confondre et s'identifier, au delà de ce que nous pouvons connaître, un je ne sais quoi, que vous pouvez appeler liberté, volonté, l'absolu, mais ces noms ne représentent pas une idée distincte ; la philosophie est impuissante à exprimer l'inexprimable ; ce qui dépasse une certaine limite est du domaine de la poésie, de la religion. » 11 ne faut pas nous étonner si, dans la phase d'élaboration que la philosophie traverse, la notion de l'absolu est l'objet d'un débat, les uns penchant vers le déterminisme, les autres vers le libre arbitre. Mais il y a lieu d'examiner si la conciliation de cette antinomie n'est pas proposée par Nitzsch (Systejn, § 61), qui considère l'absolu comme suprême amour, l'amour étant tout ensemble le bien souverain et la souveraine spontanéité. Du moins, par cette solution, l'idée philosophique de l'absolu se trouve identifiée avec l'idée religieuse de Dieu, tandis que Platon, saint Anselme, Descaries ne les ont rapprochées que d'une manière impaifaite, de sorte qu'on a pu leur reprocher d'avoir enseigné deux premiers principes. — Voy. Colani, Essai sur ridée de tabsobi, 1847. A. Matter.

ABSOLUTION. Les canonistes distinguent plusieurs genres d'absolution dont les principaux sont : !<> l'absolution sacramentelle ou la rémission des péchés faite par le prêtre au nom de Jésus-Christ dans le sacrement de la pénitence (voy. cet article) ; â® l'absolution des censures ou des peines dont TEglise punit certains péchés; 3® l'absolution de l'irrégularité ou de certains obstacles prévus par l'Eglise qui empêchent de recevoir les oixlres et d'en exercer les fonctions.

ABSOUTE ou encensements et aspersions d'eau bénite qu'on fait sur les corps qu'on enterre ou sur la représentation d'un mort pendant le senice qui se célèbre pour le repos de son âme. — Ce mot désigne aussi la cérémonie qui se pratique dans l'Eglise romaine le jeudi saint pour représenter l'absolution qu on donnait aux pénitents de la primitive Eglise en ce jour, nommé pour cette raison le jeudi absolu,

ABSTEHES, du latin aùsliîiere. On désigne sous ce nom les personnes qui, ayant une répugnance invincible pour le vin,. ne communient que sous la seule espèce du pain. Les abstèmes ne peuvent être admis aux ordres sacrés, le vin étant nécessaire à la célébration de la messe. Le XXVI« synode réformé de Charenton décida que les abstèmes pou-

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vaient être admis à la cène pourvu qu'ils touchassent seulement la coupe du bout des lèvres : tolérance qui fut vivement reprochée aux caUinistes par les luthériens.

ABSTINENCE. Les moralistes recommandent cette vertu, en la présentant comme le côté négatif de Tascétisme. Elle consiste à renoncer librement, par amour pour Dieu, à tout ce qui est contraire à sa volonté, en particulier aux convoitises de la chair « qui font la guerre à rame » (1 Pierre II, 11). Parmi les instincts inférieurs de notre nature qui empêchent le triomphe de Tesprit, ils désignent celui de la nourriture, celui de la génération et celui de la paresse (Nomb. VI, 2, 3 ; Tob. VI, 19, etc.). Uabstinence est aussi prescrite comme un moyen utile pour favoriser le recueillement, la prière et la lutte contre les tentations (Matth. XXVI, 4i; 1 Cor. VII, 5; IX, 25; 1 Pierre IV, 7), ou pour prévenir le scandale que nous pourrions donner aux faibles 1 Cor. VI, 12; X, 23). L'Eglise catholique, en opposition avec le jeûne qu^elle définit l'abstention complète de toute nourriture, a réservé le terme d'abstinence (semijejumiim) à la privation de la chair. Depuis les Encratit^s [abslùientes) du deuxième siècle jusqu'aux tentofallcrs {featoiaiy rien que du thé) et aux sociétés de tempérance modernes, il s'est toujours trouvé des chrétiens qui, soit individuellement soit collectivement, ont fait porter le principe de l'abstinence sur tels ou tels usages jugés, suivant les temps et les pays, particulièrement funestes au développement de la vie chrétienne. Aujourd'hui, presque tous les moralistes reconnaissent qu'une satisfaction bien réglée de nos instincts naturels, un usage modéré et reconnaissant des biens d'ici-bas (1 Cor. III, 21, 22 ; 1 Tim. IV, 4) est plus conforme aux principes de l'Evangile et à la réalisation de l'idéal chrétien que l'abstinence prise dans le sens ecclésiastique de ce mot.

ABTSSlNiE (Religion de l'ancienne). Voyez Ethiopie.

ABTSSnflE (Eglise d'). Ce fut seulement vers le milieu du quatrième siècle que le christianisme pénétra dans cette partie de l'ancienne Ethiopie, connue sous le nom d'Abyssinie ou de Habesch. Il n'y a rien de vrai dans la tradition d'après laquelle les Abyssiniens seraient venus au christianisme par l'intermédiaire du judaïsme. Ce qui a pu donner lieu à cette croyance, ce sont les rapports fréquents qu'ils soutenaient depuis longtemps avec les Juifs et la pratique de certaines coutumes telles que la circoncision ; mais la circoncision n'était pas particulière au peuple d'Israël, elle se rencontrait aussi chez les autres peuples de rEgjpte et de l'Arabie. On ne saurait davantage accorder une grande valeur à cette aulre tradition, qui s' appuyant sur le récit de la conversion de l'eunuque éthiopien par le diacre Philippe (Actes VIII, 20-40) voudrait attribuer à l'Eglise d'Abyssinie une origine apostolique. Il n'est dit d'ailleurs nulle part que cet ennuquo fût originaire d'Abyssinie. A défaut de renseignements précis, on peut du moins s'en tenir à ce que raconte Rufin (Bist. eccL, 1, 5, 9) et à ce que répètent après lui Théodoret, Socrate et Sozomène. Vers l'an 330, sous le règne de Constantin, un philosophe païen nommé Métrodox , après avoir accompli heureusement plusieurs voyages de découvertes, revint à Tyr, et ses

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