ABYSSINIE
tëcits excitèrent rétnulàtiori d'un certain Merapius qui s'occupait vraîsemblablement de commence. Ce dernier, accompagné de son neveu Frumentius et d'un autre jeune homme nommé Œdesius, entreprit à sort tour urt Voyagé d'exploration; malheureusement il fût assailli par un nâiifi^agé sur les côtes d'Ethiopie et il fut massacré aiiisi que réqulpàge par les indigènes, Seuls, les deux jéUrles gens furent épargnés et conduite comme esclaves à AxUm, capitale du pays: l'un fut nohimé gardien du trésor et l'autre échanson du roi. Ces dignités leur furent consenées après la mort du monarque ; ils profîtèreht de leur influence poUl* iiltrodiiii*e et propager la Religion chrétientie à laquelle ils appartenaient. tKdesius ne tarda pas à t'evenit* à TJt, mais Frulnentius alla demander au patriarche d'Alexandrie (Jûi était alors Athîmase, la prêtrise et l'épiscopat. Pour lui donner une autorité plus grande, Athanasë lui conféra le titre de patriarche d'Abyssiriié. Le nouveau roi et ispn frère se laissèrent convertir et baptiser piw Frumentius et dès lors le ctiHstianisme fit de rapides progrès. Là nouvelle Eglise d'Abyssinie veîlait de se constituer dans un moment oh la chrétienté tout entière était agitée par la controverse arienne, et elle reçut le contre-roiip de ces «agitations. Athanase, le plus fameux champion de la doctrine qui avait triomphé au concile de Nicée, se trouvant à son tour parmi les vaincus, et chassé, h diverses re[)rises, de sa ville é[)iscopalé, fUl remplacé pendant quelque tetnps par un patriarche arien qui essaya, en vain, d'agir pai» FrlitHentius. Depuis Frumentius, le patriarche ou dbima (notre père) d'Abyssinie fut régulièrement choisi et consacré pAt te patHarche d'Aletdndrie ; seulement Vabtina ne possédait pas le pouvoil* d'Un patriarche, il n'en avait que le rang. 11 devait être étranger au pays et h'avoir jamais plus de sept évéques sous $a juridiction. Les successeurs de Frumentius furent des moines de la haute Êgj'plc; ils introduisirent daris le pays la vie monastitjue et htuf d'entre eux sont honorés encore aujourd'hui, comtne des saints. L'Eglise d'Abyssinie prit parti dans les querellés sur les deux nalUres du ChHst, elle se i^ttacha à là doctrine d'Eutychès et fut englobée par cortséquéhl dans les anathèiries qUe le concile œcuménique de Chalcédoine (i3l) Linça contre le patriarche d'Alexandrie Diosrure et ses partisans accusés d'hérésie iliohophysite. Ilelrahchés en Egypte et en Ethiopie, comme dans une forteresse inexpugnable, les monophysites se séparèrent de plus en pliis du reste de la chrétienté. La conquête arabe rendit ce schisme irrévocable, et ainsi se constitua ce que Ton appelle V Église copte, — Aujourd'hui encore, TEglise d'Abyssinie a conseivé son autonomie ecclésiastique et possède son organisation particulière. Les églises abyssiniennes n'Ont rien de remarquable en fait d'architecture; elles se trouvent en général situées sur les hauteurs et sont de forme circulaire avec un dôme de chaume surmonté d'une croix de laiton; les murs sont peints en blanc* et percés de quatre portes qui regardent les quatre points (cardinaux. A l'intérieur les parois sont décorées de mauvaises peintures représentant la Vierge, les saints, les tuiges et le diable. Les sculptures sont interdites. Un vestibule ou par\'is est destiné aux laïques; puis viennent comme dans le temple
ABTÔSINIE 39
juif le lieu saint et le llëil très-saiht. On retrbtiTè â*ailletirs dan^ TEglise d'Abyssinie beaucoup d'usages jutfs; ainsi, outré la drconcision^ la célébt*alîon du sabbat^ rinterdictioh de certaines viandes; les jeûnes. Tarche d'alliaiice, etc. Nous atons vu qu bh peUt ëxpli(juèp cela pat les rapports anciens et fréquents des Abyssiniens avec les juift; oh pôtUrait ajouter que rèfripldi pl'èsque coHstaht de TAncien Testaméiit dà}is la liturgie et dans le chant a contribué à produire et à enlrëtenît* ces imitations. Les deux sâfcremehfs chrétietis, lé bajitôriié et la sainte Cène, sont célébrés dans TÈglise d'Abyssinîè. Le baptfihie est àdiîiitiistré ordinairement après la circoncision. Là céréttiônié consiste en prière, exorcisme, immersion, Bénédiclidh, présentation dix tiàii" veau-né aux quatre coins dô Thoriiori, îfisufilation, imposition des mains, onction avec de l'huile cotlsadrée. C'est la fdrhiule de NiCée qui fait le fond de la liturgie dont on se sert à dette ôtcaslon. Quàrlt à la sainte Cène, elle est célébrée sous les deiix espêfces, avec dii pain levé, cuit dans Téglise même ; les prêtres communient tous lès joUrs ; les simples fidèles à époques indéterminées. La corifessiori existe; niais on n'y participe qu'après Tâge de \1ngt-cinq ans. Avarlt cet âge on est considéré comme innocent ôU tout au moins comme OU pécheur dé peu d'importance. A. ga^t.
AfiTSSilfïÈ (Statistique religieuse). Population. Oti a évalué Irès^ divet^ement là population de TAbyssinie. Les voyageurs du èotnniencement de ce siècle parlent de -4 à 6,000,000 de dhrétiens abyssins, sans Complet les autres éléments. Les relations plus récentes se contentent de chiffres beaucoup plus modestes. G. Rohlfs, par exérilple, évalue la population totale du pays à i, 600,000 âmes, d'accord ëh tiela avec Rûppel. Les calculs de Behm et Wagner, qui nous semblent les plus probables, admettent pour le pays 3,000,000 d'habitants. Le plus grand nombre est d'origine éthiopienne ; il y a aussi des Arabes, des TUrcs, des nègi-es (Gallas et autres) et beaucoup de Juifs. Formant autrefois un empire dont le souverain ^'appelait riégvs (roi) , le pays passe depuis longtemps par de fréquentes révolutions qui en délruiserit et en rétablissent alternativement l'ilnité. Les conquêtes des Egyptiens dans la vallée du h[aUt-?îil eil i875 et 4876 ont modifié les frontières et les divisiotis intérieutes de la contrée, de telle sorte qu'on ne peut à l'heure actuelle en parler avec certitude. — Divisions f^eligieuses, La grande majorité de la population appartient à l'Eglise d'Abyssinie; les missionnaires catholiques et protestants ont réuni aUtoUr d'eux quelques rares adhérents; lès Juifs y fbrnient Un groupe puissant et nombreux; ort trouve encore dans le pays des mahométans et quelques païens. Nous allons passer en revue ces diverses dérlominations. 1» L'Eglise d'Abyssinie. La constitution est épiscopale. Son chef ou abuna (tiotre père) réside à Gondar. PoUr éviter que son influence soit trop grande, on le prend toujours parmi les étrangers. C'est généralement un moine copte ; le patriarche d'Alexandrie jouit du privilège de le confltmei* et de le consacrer. Vabuna seul a le pouvoir de consacrer ; Il le fait en souftlant sur le candidat et en le marquant du signe de la croix. Le casuel qu'il tire de ces consécratiohs forme le meilleiu de sort rôveiiu ; il jouit en outre de
40 ABYS8INIE
quelques terres de médiocre étendue. Les subordonnés de Vabuna sont a) les évêques et le clergé séculier, b) les docteurs et c) les moines. Les évêques sont nommés par le souverain qui exerce, du reste, une influence prépondérante sur toute l'administration ecclésiastique. Les prêtres sont nombreux, mais fort ignorants ; ils appartiennent généralement à la classe inférieure de la population. Ils n'ont ni costume particulier, ni privilèges spéciaux; leur distinction est, lorsqu'ils sortent, de porter à la main une croix qu'ils donnent à baiser à ceux qu'ils rencontrent. Une fois consacrés le mariage leur est interdit ; mais les unions conclues auparavant continuent à subsister. Ils ne reçoivent pas de traitement et \ivent du produit de l'absolution et des funérailles. Ils sont pris parmi les diacres et achètent leur consécration de Vabuna moyennant deux sacs de sel. Les diacres en fonctions sont presque tous des enfants ; mais il y en a un très-grand nombre d'autres ; car quiconque sait lire et peut réciter le symbole de Nicée de\1ent diacre de plein droit. Au dernier degré de la hiérarchie on retrouve l'emploi de portier emprunté aux anciennes Eglises. Gomme il est interdit à beaucoup de personnes de pénétrer dans les temples, cette modeste fonction a conservé sa raison d'être. A chaque Eglise est attaché de plus un administrateur laïque de ses biens dont les attributions rappellent assez celles des patrons dans quelques Etats de l'Europe. En dehors du clergé proprement dit, il faut encore signaler les docteurs ou théologiens, gardiens de la science et de la tradition. Leur subtilité dans la discussion est fort grande; mais, si l'on en excepte la doctrine de la nature du Christ, leur savoir est fort peu de chose. Les moines sont fort nombreux en Abyssinie. Ils y forment deux ordres distincts. Le plus important, celui de Sainte- Thècle, compte un grand nombre de couvents, dont quelques-uns fort riches, et habités par des moines célibataires. Le chef de Tordre, qu'on appelle étchégué^ réside à Bergameda et est après Vabuna le premier personnage religieux du pays. Le second ordre monastique est celui de Saint-Eustase. Les religieux qui le composent n'ont point de couvents. Ils vivent, chacun avec sa famille, dans des huttes groupées autour de leurs églises. Ils possèdent et héritent comme les autres citoyens et laissent leurs biens à leurs enfants. Chaque groupe de huttes est gouverné par un abbé. Celui de Mahela-Selesse est nominalement le chef de l'ordre ; mais en fait son pouvoir est fort restreint. Il y a également des religieuses ; mais elles sont beaucoup moins nombreuses que les moines. — 2*» Les catholiques romains sont très-peu nombreux en Abyssinie. Ils avaient été les maîtres pendant quelques années au dix-huitième siècle dans le beau temps de la puissance portugaise. Le jésuite Alph. Mendès avait môme revêtu de 1626 à 4632 la dignité d'abuna, mais une réaction du sentiment national entraîna l'expulsion complète des catholiques. Ils ne sont revenus que vers le milieu de ce siècle. Depuis 4847, l' Abyssinie forme dans la hiérarchie romaine un diocèse que gouverne un vicaire apostolique. — S® Le protestantisme n'y a sérieusement travaillé que depuis 1830. La mission de l'Eglise d'Angleterre, l'établissement de Crischona près de Bâle et la Société des Missions suédoises, y ont eu et y ont encore des établisse-
ABYS8INIE — AGACE 41
ments. Mais catholiques et protestants indigènes ne sont encore qu'une imperceptible minorité. — 4" Les Juifs forment en Abyssinie une portion considéiâble de la population. Leur nombre, fort exagéré autrefois, peut être évalué à environ 250,000. Ils sont établis dans le pays depuis fort longtemps, probablement depuis les conquêtes d'Alexandre. Les uns uvent dispersés dans la contrée; les autres, réunis en corps de nation dans les montagnes de Samen, se donnent à eux-mêmes le nom de Falachas (exilés). Un prince de leur race les gouverne; et pendant un temps, ils ont môme dominé TAbyssinie entière. — 3° Les mahométam et les païens sont peu nombreux, et pour la plupart étrangers. Mais, à en croire certains voyageure, Tislamisme serait en progrès dans le pays et les succès de TEgypte dans la dernière guerre ne peuvent malheureusement qu'accélérer ce mouvement. — Bibliographie : Voyages de Sait, Rûppel, Rohlfs, d'Abbadie, etc. Statistiques et journaux ecclésiastiques et géographiques divers. E. Vaucher.
AGACE {Acacius)j dit le Borgne, disciple d*Eusèbe, succéda en 340 à son maître sur le siège de Gésarée. Il fut un des principaux représentants de Tarianisme strict. Gondamné par le synode de Sardique (347) et déposé de sa charge, il fut encore une fois destitué par le synode semi-arien de Séleucie, en 359. Mais à cette occasion il se trouva en désaccord avec les plus ardents de son parti ; il avait été amené à reconnaître une certaine ressemblance du Fils avec le Père quant à la volonté, tandis que les anoméens (c'était ainsi que l'on appelait les ariens purs) soutenaient que le Ghrist n'est pas même semblable à son Père. Les acaciens déclarèrent à ce synode : « Nous rejetons le mot consubstaniiel comme étranger à l'Ecriture, et nous maudissons celui de dissemblable » {ïh dr^ixoiov. Epiph., Hxr., 73, 23-25). En 363, dans un synode qu'il tint à Antioche avec Mélèce, évêque de cette ville, et vingt-cinq autres évêques, l'intrigant Acacius alla jusqu'à signer le symbole de Nicée; néanmoins, dans une lettre synodale adressée à l'empereur Jovien (Socrate, 111, 25; Sozom., VI, 4), les évêques interprétèrent le terme de homoousios ou consubstaniiel par celui-ci : semblable en essence (SjjLoioç xat oiiŒiav). Acacius mourut la même année. Il avait su assurer à l'arianisme une puissante influence sur la cour impériale. Il a écrit, parmi plusieurs ouvrages perdus, une vie d'Eusèbe son maître (Socr., II, 4, 39 ss. ; Sozom., IV, 23 ss. ; Théodoret, II, 8; Philostorge, IV, p. 496, éd. Vales).
AGACE, ermite, puis à partir de 378 évêque de Bérée en Syrie, siégea en 430 au synode du Ghêne parmi les ennemis de Ghrysostôme. Il avait compté, comme tous les moines, parmi les plus ardents défenseurs de la doctrine de Nicée. Homme vénéré pour son grand âge et pour son caractère, il voulut, dans la querelle du nestorianisme, s'employer à rétablir la paix, et ne sut que s'enrôler, à l'âge de cent dix ans, dans le parti antiochien, opposé à Gyrille d'Alexandrie. Il reprit pourtant son indépendance et se réconcilia avec Cyrille. Voy. Sozom., VII, 28; Théodoret, IV, 27 ss.; Mansi, V, pass,
AGACE, patriarche de Gonstantinople depuis l'an 471, fut un défenseur énergique de la doctrine de Ghalcédoine ; il condamna, dans un synode
42 AGACE - ACAbÈMIES
terni à Constantinople en 478, le monophysité jPiérre le Pdiilori; patriarfche d'Antidche (Mahsi, VII, t. 095 ss. et iM\). Mais ayant voulu jbiler le rôle de moyenneur, il cru! pouvoir ehgàger rettlpereilr Zenon à publier (44^2) Tédit dé héconciliatioh qu'il af)peia fféfwh'kôh, et dont les mônophysites se Itlontt•^^ent cntîot'e moins irrifés que Ife pape Félix 111. Celui-ci, dans un synode romain de 182, excommunia Acacius, convaincu d'atoir aidé l'emfjereur k cprrompre les lépats du j)ape (Mansi, VII, c. 1053 ss. 4l08). La liille violente soulevée par cette condamnation, et lé schîsrile qui en fut la suile, hê (Cessèrent pas avec la mol*t d'Acàcius, arrivée en i83. Ce ne fiit qu'en 519 que la cour de Constantinople consentit h effacer le nom d'Acaclus des diptyques de l'Eglise el à rentrer a ce prix eii communion avec TEglisè romaine. Voy. Evagl'ius, II* H, llï, 7, 9, 17 ss., el distsertatiori du P. Valois de Acttcio dans l'appendice à son édilion de Vtiisi, eccL d'Evagrius.
S. Berger.
ACADÉMIES des Eglises réformées de France (1561-1685). Les Eglises réformées de France étaient à peine organisées qu'elles sentirent la nécessité de fondél* des universités, ou, comme on les appelait alors, des acadéniies. Leurs futurs condtlcteiii's spiiituels ne t)oiivaient ôe prépiarer à rexeirice du ministère évangélique que dans des écoles leur appartenant en propre. Quelques jeuiies gens allaient^ il est vrai, faire deâ études de théologie dans des universités étrangères, principalement à Genève ; mais il aurait fallu y en entretenih un bien plus grand nombre, et on ne le pouvait pas. Il convenait d'ailleurs que ces Eglises eussent en elles-iin>mes tout ce qui ét^iit indispensable à leUr propre existence et que leurs futurs pasteurs fussent élevés sous leurs yeux et sous leur direction. D'un autre ciMé, il était utile de soustraire la jeunesse réformée qui se destinait aUx professions libérales ou qui aspirait k une éducation supérieure à celle qu'on rapportait des collèges, à rinfluertée du clergé catholique qui était toute-puissante dans les uUiveràités établies dans le royaume. Il fallait donc que dans les écoles réformées de hautes études, oh enseigiiAt, en outre de la théologie, qui natufellement dèx^ait en iHre la partie prhicipale et essentielle, les lettres, les sciences, la philosophie, la jurisprudence et la médecine. Des difllcUltés saUs nonil»re paraissaient i^endre impossible la réalisation d'un semblable projet. Il réussit cependant. Dtlns l'espace d'Un dèmi-siècle, les réformés français établirent huit académies : deux d'entre elles, il est \Tai, disparUreht, l'une en 1617 et l'autre en 1620; mais les six autres vécurent encore longtemps. Celait plus que les besoins des Eglises réformées de France le demandaient ; dans quelques synodes nationaux on proposa d'en réduire le nombre (Ayinon, Synodes nation,^ t, I, p. 315 ; t. II, p. 26) ; mais cette proposition fut toujours repoussée. L'enseignement ne fut pas dans toutes aussi comjïlet qu'on l'avait d'abord désiré ; mais il n'y en eut aucune dans laquelle on ne fût en état de préparer convenablement les étudiants au grade de maître ès-artsel au ministère évangélique ; c'était là l'important ; le reste, je veux dire l'enseignement de la jurisprudence et de la médecine, n'était qu'une aifaire de luxe. Voici le tableau de ces huit académies avec la date de leur fondation et celle
ÂQÂbËMlËB 43
de leur iiuppréssioti : l*» Nîmes^ fondée pat le consistoii*ë et le corps municipal de cette tille en août 1561, sup^lrimée en aVril 1664 (^ii//eft'n, ir, 5-43-849, et III, 43-53 ; Hisl, de VEtjiise réformée de Nîtnes, par A. Borel, 2« édit., 1856, iti-12). 2» OHhès, fbndée par Jearihe d'Albret en 1566, supprimée eri 1620 (Bultélifi, ni, 280-292). 3o Orange, fondée par Ludovic, comte de Nas&âu, eri 1573. Cette prindipâutë étant encore indépendante en 1685, cette académie rte fut pas supprimée ; mais elle s'éteignit bientôt après. 4** Serfcîfi, fondée par Henri-Robert de La Mark en 1573, et supprimée le 9 juillet 1 681. 5o L'académie Ûe Montpellier fondée par le consistoire de ^eftê ville en i59(), et réUnie h celle de Nîmes en 16i7 par le synode national de Vitré (Aymon, Synodes nation,, II, 122 et 123). 6o Moiïtauhan, fondée ért hiai 1598 par le synode national de Montpellier, transportée kPuylaurens en 1660 et supprimée le 5 mars 1688 {Bulletin, VI, 342-355 et 364-366, IX, 39-4-408. L'académie prolesl. de Montauban, discours par Nicolas, 1872, inSp), 7o Saiimur^ fondée en même temps que la précédente, par le syhôde national dé Montpellier et supprimée le 8 janvier 1685 [Bulletin, I, 302-316). ^^Die, fondée par le «ynode provincial du DaUphiné eri octobre 1604^ avec l'autorisation du roii et supprimée le 11 septembre l(î84 [BûUetiti, V^ 179-188, et 299-308 ; HiêfoiH de facad. protestante de Die, par E. Arnaud, 1872, in-8"). Toutes ces académies avaient à peu près la même di*gariisatioh. On prit ërt général Tacadémié do Genève pour modèle. Pour la connaître dans ses traits essentiels, on peut avoir recours aux « Règlements de 1600 pour l'académie de Mdntauban, » publiés dans le Bulletin, IX, 394-408, aux « Statuts généraux faits au synode national d'Alais en 1620 pour les académies des Eglises réformées de France » (Aymon, Synodes nation,^ II, 200-212), et aux règlements faits au synode provincial de Saverdun en 1678, pour l'académie transférée à Puylaiirëhô ett ld60 {Recueil des réglementé faits par les synodes provinc, du Haut -Languedoc et Haute-Guyenne, par A. Pujol, Castres, 1679, pet. in-8o, p. 121-135). On pourrait aussi consulter avec frUit les règlements rédigés par Jean de Serres en 1581 pour l'académie de Nîmes, publiés parMénai*d dans son Histoire de Nimes, t. V. Preuves, p. l5B et suiv. Chaque académie se gouvernait et s'administrait librement elle-même, d'après les règlements qui la régissaient, et sous le contrôle des synodes nationaux aussi longtemps qu'ils existèrent, et ensuite (1660-1685) soUs celui du synode de la pro\ince dans laquelle elle résidait. Elle nommait elle-mtoe son recteilr ; elle présentait la liste des candidats aux chaires vacantes, et par conséquent elle se recrutait en réalité elle-même; elle disposait comme elle Tentendait des legs qui lui étaient faits, sans avoir à en rendre compte à personne, etc., etc. Ni les synodes nationaux, ni les synodes provinciaux n'eurent jamais à signaler le moindre inconvénient dans ce système de liberté. — Jusques en 1630, on ne remarque aucune différence dans renseignement des différentes académies. La doctrine calviniste dans toute sa rigueur y dominait également, et la controverse avec l'Eglise catholique y était là grande préoccupation des esprits. Les choses changèrent quelque peu de face bientôt après. La controverse continua bien jusqu'à la lin à occuper une place considérable dans les