‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 32 sur 226 · ADAMITES · texte numérisé non relu

ADAMITES

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de Carpocrale, vivant au milieu du deuxième siècle, ce qui ferait des Adamites une branche des Carpocratiens ; et il raconte que Prodicus a également professé le principe de la communauté des femmes que les Carpocratiens, suivant Clément d'Alexandrie, mettaient en pratique dans leurs assemblées religieuses. La contradiction qui exisj^e entre ces deux témoignages, si toutefois celui d'Epiphane mérite créance, ne peut être résolue que si Ton admet qu'ils se rapportent à deux sectesdistinctes, dont Tune, gnostique et immorale, aurait existé au deuxième siècle, et Tautre ascétique et extravagante, aurait surgi du temps d'Ëpiphane, vers la fin du quatrième siècle (Walch, Historié der Ketzereien, I, 327. Bayle, Diction. , art. Adamites), — â» Sectaires du treizième et du quatorzième siècle, appelés aussi Lucifériens, répandus en Autriche, en Bohême, dans le Brandebourg et jusque dans les pays du Rliin, et formant une branche des Cathares. Ils enseignaient que Lucifer, le créateur de la terre, avait été injustement chassé du ciel, qu'il y remonterait un jour et en chasserait à son tour Tarchange Michel et ses compagnons, et qu'alors les adorateurs de Lucifer seront seuls sauvés et régneront avec lui. Ils rejetaient l'Eglise et ses sacrements, surtout celui du mariage, et se livraient à tous les excès que peut engendrer le culte du dieu de la matière. (( Nous pouvons impunément pécher, disaient-ils ; c^ux qui vont nus comme Adam et Eve, et satisfont leurs passions, font bien. » La secte avait à sa tête douze ministres ou apôtres, qui communiquaient avec les démons (Schmidt, Hist, des Cathares, Paris, 1^9, 1, 138 ss.). — 3° Sectaires de la Bohême au quinzième siècle, appelés aussi Picards par le peuple, ce qui n'est sans doute. qu'une forme corrompue du mot Béghards. La secte a été fondée probablement par des Béghards hérétiques ou Frères du libre esprit, chassés de l'Allemagne et des Pays-Bas par la persécution. Elle avait à sa tête un patriarche qu'on appelait Adam, Fils de Dieu ou Père, et une femme qui portait le titre de mère de Dieu. La communauté des femmes la plus entière régnait parmi ces hérétiques. L'homme présentait la femme de son choix au patriarche de la secte, en disant : « Mon esprit s'est échauffé pour celle-ci » ; à quoi le patriaiT>he répondait: «Allez, croissez, multipliez! » De plus, ils considéraient la nudité, surtout pendant les cérémonies du cxûïe, comme le signe extérieur de la perfection morale : « Nous n'avons pas, comme Adam et Eve, trangressé la loi de Dieu, disaient-ils ; nous vivons dans l'état d'innocence des premiers hommes avant la chute. Quiconque fait usage d'habits, ne possède point la liberté. » En outre, ils n'admettaient pas la présence réelle dans la sainte Cène, et niaient toute supériorité des prêtres sur les laïques. Etablis dans une île de la Luschnitz, ils dérobèrent pendant quelque temps leurs excès aux yeux des populations. Un jour, pris du désir de s'enrichir par le pillage, ils allèrent porter la désolation dans les villages environnants. Ziska, informé de ce fait, marcha contre eux en décembre 1421 ; il les força dans leur île, et passa au fil de l'épée tous ceux d'entre eux qu'il prit en ce jour. D'autres, saisis plus tard, marchèrent au supplice en riant et en chantant, disant qu'ils ne tarderaient pas à vivre au sein de la félicité divine

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