AD0PT1ANI8ME — ADOPTION
ADOPTIANISHI, nom donné à la doctrine préconisée au huitiëJSB siècle en Espagne, d'après laquelle Jésus homme aurait été fils de Dieu, non par nature, mais par adoption. Quelques phrases de la liturgie mozarabique et Tinfluence persistante des tendances ariennes dans TEspagne soumise à la domination maure expliquent la localisation de la doctrine adoptienne dans ce pays, ainsi que cette controverse qu*on peut considérer comme le dernier écho du grand conflit de Varianisme. Ce fut en tout cas une renaissance du nestorianisme condamné en 45i par le concile de Ghalcédoine, qui décréta Tunité de la personne du Christ en stipulant en même temps la dualité de sa nature divine et de sa nature humaine. Au huitième siècle, Elipand, archevêque de Tolède, et Félix, évêque d'Urgel, enseignèrent que le Christ, en tant que Dieu, était en effet Dieu exnalura^ mais qu'en tant qu'homme, il ét^t fils adopté de Dieu, unigenitus in natura, primogenitus in adoptione et gratia, La querelle s'échauffant en Espagne, Charlemagne crut devoir intervenir. Le siège d'Urgel faisait partie de Tempire frank, tandis que le diocèse de Tolède obéissait politiquement aux rois maures. Félix fut individuellement condamné à Ratisbonne (793), puis à Rome, se rétracta et Tadoptianisme fut absolument rejeté par le concile de Francfort en 794, comme contraire au dogme de Tunité de la personne du Christ, qui s'est fait homme assumptione et non adoptione eamis. Alcuin se distingua surtout dans cette controverse par l'habileté subtile de son argumentation et l'àpreté de sa polémique. Au concile d'Aix-la-Chapelle en 799, Alcuin décida Félix à se rétracter définitivement, mais Elipand repoussa toute proposition de ce genre et sous la protection musulmane put défier toute mesure de coercition. Félix fut relégué à Lyon et mis sous la surveillance de Tarchevêque Leidrad. Il y mourut en 816 ou 818, laissant quelques écrits qui autorisent à penser que ses rétractations avaient été imposées plus que consenties. Du reste Fadoptianisme ne sunécut pas à ses patrons espagnols. On doit toutefois signaler les sympathies que professèrent pour cette doctrine au dix*septième siècle le jésuite Vasquez et le théologien protestant Calixte. Il y eut enfin au dix-huitième siècle une curieuse querelle entre P. Constant, éditeur des écrits de saint Hilaire, et le jésuite Germonius qui, en 1707, fit falsifier un manuscrit du Vatican des ouvrages de ce père à Tendroit où celui-ci s'énonce d'une manière dont les adoptiens pouvaient tirer avantage, — Pour l'histoire de l'adoptianisme, outre les histoires générales de l'Eglise et des dogmes, il faut surtout consulter VBistoria Adoptianorum de Walch,Gœtt., 1755, et Y Histoire des Bérénes du même, IX, 667. A. Râyille.
ADOPTION (des enfants de Dieu). I. Ce mot de* la langue juridique, transporté par saint Paul dans la langue religieuse, ne se trouve que dans les épîtres aux Romains (VIII, 15, 23), aux Galates (IV, 5) et aux Ephésiens (I, 5); mais le fait que ce mot exprime, savoir la qualité d'enfant de Dieu attribuée aux chrétiens, est fréquemment rappelé dans le Nouveau Testament, en particulier dans les écrits de saint Jean. Ce terme désigne soit l'acte de souveraine miséricorde par lequel Dieu reconnaît pour ses enfants ceux qui ne l'étaient point par nature