‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 36 sur 226 · ADOPTION · texte numérisé non relu

ADOPTION

(cf. Ësiode II, 10), Boit Tétai de ceux qui ont été les objets de cette ffrAce. Le terme original que nos versions ont rendu par « adoption » (uCsOeoCa de uK^, Ti8if;ji.t) renferme ces deux sens. Saint Paul, en remployant, a principalement en vue le second : la position nouvelle dans laquelle se trouvent placés vis-à-vis de Dieu ceux quli a adoptés pour ses enfants, leur filialité. Celle-ci n'a été réalisée dans sa vérité al)solue qu'en Jésus-Christ qui est (( le propre fils de Dieu » (Rom. VIII, 3S; Jean III, i6), non par adoption seulement (voy. : Adoptianismé); mais, dans un sens relatif, il y a, sur la terre, grâce à Tadoption divine, des enfants de Dieu ou, comme les appelle plusieurs fois TEcriture, des « fils de Dieu » (Matth. V, 9, 45; Luc VI, 35; XX, 36; 2 Cor. VI, 18). Dans une acception générale, tous les hommes sont des enfants de Dieu, puisqu'il est le Père du genre humain (Matth. XXIII, 9), mais le péché ayant rompu ce lien primitif entre Thomme et Dieu et fait de nous « des enfants de colère » (Ephés. H, 3), c'est désormais par un acte spontané de la grâce divine, par l'adoption seule, que nous sommes remis en possession du titre et des privilèges d'enfants de Dieu; a les enfants de la chair » ne peuvent y prétendre (Rom. IX, 8). Déjà dans Tancienne alliance, tout un peuple avait été adopté de Dieu, comme son peuple particulier (Exode XIX, 5); c'est à Israël qu'appartient « Tadoption » laquelle fut, à son tour, la garantie des autres faveurs de Dieu, à son égard : la gloire, les aUiances, la législation, le culte, les promesses (Rom. IX, 4). « Israël est mon fils, mon premier-né », dit l'Etemel (Exode IV, â2). <( J'ai appelé mon fils hors d'Egypte » (Osée XI, 1). De son côté, le peuple s'écrie : « C'est toi, Eternel, qui es notre Père » (Esaie LXIII, 16). Seulement, dans TAncien Testament, c'est la nation entière qui reçoit le nom de fils de Dieu, et qui en exerce les sublimes prérogatives. Le moment vint où, sorti de l'âge de tutelle et de Téconomie préparatoire, tout homme devait se sentir vis-à-vis de Dieu, à la condition de la foi, dans un rapport de fîlialité personnelle. A tous les croyants « a été donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean I, 12). G*est là le fait chrétien, tel quon peut le saisir dans le cœur de l'homme. — 11 nous reste à voir comment s'opère celte adoption et quels en sont les caractères. — II. a) La cause première de l'adoption des enfants de Dieu est dans sa volonté miséricordieuse. De tous les témoignages de l'amour de Dieu, c'est pour saint Jean le plus éclatant (1 Jean III, 1). En effet, cet acte divin consiste non dans une déclaration légale, ou dans le don fait aux chrétiens d'un nom nouveau, mais dans une vie nouvelle, c'est-à-dire des facultés nouvelles et des forces nouvelles que Dieu leur communique réellement, par grâce (Jacques I, 18); ils sont nés, non du sang ou de la volonté de la chair, mais de Dieu (expression propre à saint Jean : Jean 1, 13; 1 Jean II, 29; 01,9; IV, 7; V, 1,4, 18) et par conséquent « d'en haut » (àvwOev. Jean III, 3). L'adoption est donc, de la part de Dieu, un enfantement spirituel véritable; il fait de nous des enfants, puis nous traite comme tels. Tout ce qu'ils sont, les enfants de Dieu le doivent donc à Tamour tout-puissant de leur Père céleste (Tite III, 4-7). De celte gratuité absolue de l'adop-^ tkm divine, plusieurs symboles de l'Eglise réformée concluent à son

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