ADRIEN — ADRIEN P
AMUEN (Saint). Parmi les nombreux saints de ce nom, il convient de mentionner saint Adrien et ses vingt -trois compagnons, martyrisés à Nicomédie en Bithynie, vers Tan 310. Les actes de leur martyre, rejetés par Tillemont (V, p. 508), sont considérés par les Bollaiidistes (8 Sept, III) comme douteux. Le corps de saint Adrien a été transporté au septième siècle à Rome dans Téglise qui porte son nom. — Saint Adrien, premier évêque de Saint- Andrews , souflfrit le martyre vers 870 avec ses compagnons dans Tîle de May en Ecosse, où une Eglise a longtemps conservé son nom (A A, 55., 4 mort. I; Th. Mac-Lauchlan , The eat^ly scott. churchy Ëdinb., 1865, in-S®, p. 293).
ADRIEN I"", pape de 772 à 795. Il était Romain, issu d'une famille puissante. Lorsqu'à la mort d'Etienne III il monta sur le trône de Saint- Pierre, la papauté était sous le joug des Lombards. A Fheure même, il rappela de Texil les ennemis du roi Didier et exigea de ce prince Texéeution des traités conclus avec son prédécesseur. De son côté, le roi des Lombards désirait que le pape consentit à servir sa haine contre Charlemagne, en sacrant les fils de Carloman. Ne pouvant l'obtenir, il occupe le duché de Ferrare et menace Ravenne. Mais tandis qu'il marche sur Rome, l'âme du parti lombard dans cette ville, le meurtrier Paul Afiarta, est écarté de Rome par ruse, et mis à mort. Cependant Adrien invoquait le secours de Charlemagne. Au lieu de s'empresser au secours du pontife, Charles négociait avec Didier. Le pape s'enferme dans la ville, abandonne les basiliques do Saint-Pierre et de Saint^Paul ; en même temps il lance l'anathème contre Didier, et lui adresse de telles menaces, que le roi, rencontré à Vitcrbe par les envoyés du pape, donne aussitôt Tordre de la retraite. En septembre 773, Charlemagne pénètre en Italie par Genève et le mont Cenis. Jusqu'au pied des Alpes, il a offert au roi des Lombards les jconditions les plus douces ; mais s'étant rendu maître du défilé des Cluses par un mouvement habile, il poursuit Didier épouvanté, et le roi s'enferme dans Pavie. La veille de PAques de l'an 774, Charles entre à Rome, il est acclamé comme patrice de la ville, il monte les degrés de Saint-Pierre en en baisant toutes les marches. Le 6 avril, à la basilique de Saint- Pîerre, le pape engage Charles à renouveler la donation faite au saintsi^e, à Kiersy, par son père. Le biographe d'Adrien raconte que le roi fit recopier la charte de Pépin par son notaire, il la signa avec les grands de son royaume, et ce document fut déposé dans le tombeau de saint Pierre. Cette « promesse de donation » mentionne la Corse, Luna, Parme, Reggio, Mantoue, l'exarchat de Ravenne, Venise, Tlstrie, et les duchés de Spolète et de Bénévent. De nombreux auteurs ont contesté, ioît le caractère historique de la donation de Charlemagne, soit son identité avec la charte de Kiersy, et presque tous reconnaissent que Charlemagne a dû se réserver la suzeraineté sur les territoires mêmes qu'il promettait de rendre au pape, soit comme héritage de l'empire romain, soit comme patrimoine de l'Eglise (voy. l'article Donations). Pavie rendue, Didier alla mourir au couvent de Corbie ; Charlemagne se fit désormais appeler roi des Francs et des Lombards, patrice de