‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 41 sur 226 · ADRIEN- 1« — ADRIEN II · texte numérisé non relu

ADRIEN- 1« — ADRIEN II

Rome. Ghai'les tardait à remettre à Adrien les domaines reconquis sur les Lombards. En réalité il ne témoigna guère en aucune occasion de son zèle pour le pouvoir temporel du pape. Tandis que dès 774 Tarcher vêque de Ravenne, Léon, poussé par une ancienne rivalité, s'emparait de TEmilie et de la plus grande partie de Texarchat, Charlemagne fermait l'oreille aux plaintes du pape, et la mort même de Léon (776) ne lui fournit pas une occasion de rendre justice au siège de Saint-Pierre. En vain le pape, dans une lettre appartenant à Tan 777 ou du moins antérieure à 781 {Cod. Car. ep, 49) lui rappelle sa promesse et redemande ses Etats au roi des Francs, a afin que les peuples puissent s'écrier : Quia ecce novtis christianissimus Dei Constantinus imperator his temporibus surrexit, » Adrien croyait avoir trouvé dans le patrice de Rome un protecteur; mais Charles prétendait avoir reçu, avec les devoirs de cette charge, les droits du représentant de l'empire en Italie. Longtemps appelé en vain par le pape, Charles se retrouve enfin à Rome en 781, et le jour de Pâques de cette année le pape baptise son fils Carloman, qu'il tient sur les fonts baptismaux en lui donnant le nom de Pépin, et sacre les deux fils de Charlemagne, Louis et Pépin, l'un roi d'Aquitaine, l'autre roi d'Italie. Depuis ce jour, Adrien appela le roi des Francs « son compère » [spiritalis conipater). Dans l'autonme de 786, Charles revint en Italie, en 787 il était à Rome. Arégise, gendre de Didier, exerçait à Bénévent une sorte de pouvoir royal. Charles, malgré le désir du pape, traite avec le prince de Bénévent, reçoit son hommage, et exige de lui qu'il rende au pape Capoue et quelques domaines. Cette promesse, comme tant d'autres, fut toujours sans recevoir son exécution, et Adrien ne put pas davantage se faire livrer les quelques villes de la Toscane dont Charles lui avait garanti la possession. Lorsqu'en 787 le deuxième concile de Nicéc fut assemblé du consentement d'Adrien pour traitor du culte des images, le pape s'empara avec bonheur des décisions du concile, et pria Charlemagne d'en faire reconnaître l'autorité. Le roi, au contraire (voy. Charlemagne)^ fort de l'appui de l'Eglise anglo-saxonne, réfuta les décisions de Nicée dans son Opus Varolinum, et réunit en 794 le concile de Francfort, qui condamna le culte des images. Un synode assemblé à Paris en 835 ne craignit pas de blâmer ouvertement le pape Adrien et de rejeter sa doctrine. La Vita Hadriam\ attribuée à tort à Anastase, se trouve, entre autres lieux, dans Muratori, Scr. r. //a/., ÏIl, 1. 179, et Vignoli, R. 1724, in-4°. Les Lettres d'Adrien à Charlemagne, recueillies par ordre de Charles en 1791, dans le Codex Carolinus^ sont imprimées dans Muratori, /. /. III, 2, 194 ss. ; Bouquet, V, 544, ss.; Caj. Cenni, Monum. dominationis pontificix, R., 1760, 2 vol. in-4**, et Jaffé, BibL r&r, Germ., III, Berl., 1867, in-8o. Voy. S. Abel : Papst Hadr. I {Forsch. s. deutsch. Gesch., 1862) ; le même : Jahrb. d. fraenk. Reiches u, Karl, rf. gr,, Berl., 1866, in-8«. S. Berobr.

ADRIEN n, pape (867-872), fut élu peu de jours après la mort de Nicolas I«r, et sacré le 14 décembre 867. 11 était de la même famille d'où étaient issus les papes Elienne IV et Serge II. U avait été marié et avait une fille. Homme aimé de toutes les classes, il avait déjà deux fois refusé

ADRIEN II — ADRIEN IV s;

le pouvoir papal, il Taccepla à Tàge de soixante-seize ans. Au moment de son avènement, TOrient était agité par les querelles entre Photius, patriarche de Constantinople, et la papauté. L'empereur Basile (voy. Photius) avait rétabli Ignace en la place de Photius. Le pape, d'accord avec lui, réunit en 869 un synode à Saint -Pierre pour la condamnation de Photius. Dans Tune des allocutions qui furent lues à ce synode (MansiyXYI, 128 ss.), Adrien relève la hardiesse de son ennemi qui a tenté de le déposer : « Homanum pontificem de omnium ecclesiarum prœsulibus judicasse legimus, de eo vero quemquam judicasse non legimus. » Le huitième concile œcuménique, qui fut tenu à Constantinople en l'an 869, subit Tinfluence du pape et rejeta Photius (Mansi, XVI, p. 8 ss.). Dans son troisième canon (/. /. p. 157), ce concile se pronon(.'a cooune il suit au sujet des images : « La sainte image de Notre Seigneur Jésus-Christ doit être vénérée à l'égal des saints évangiles; et de même les images de la sainte Vierge, des anges, des apôtres, des martyrs et de tous les saints. » Dès le jour de son intronisation, Adrien avait fait sa paix avec Lothaire II en admettant ses adhérents dans la communion de TEglise. Lorsqu'en 869 Charles le Chauve prit possession de la Lorraine, le pape envoya deux ambassadeurs protester contre lui et il interdit aux évéques de le soutenir. Les évoques et le roi ne tinrent aucun compte de cette menace. Ce conflit se compliqua de la querelle des deux Hincmar (voy. Hincmar), Hincmai* de Reims, malgré la protection dont le pape couvrait son neveu Hincmar de Laon, le fait condamner au concile de Qouzy (août 871). Par trois lettres adressées à Charles-le-Chauve, aux grands et aux évoques de France (Mansi, XV, 8oOss.), Adrien avait jeté l'invective au roi Charles. Celui-ci, par une lettre due à Hincmar [H, opp., éd. Sirmond, II, p. 701), ferma la bouche au pape. Adrien mourut en décembre 87S, mais le conflit entre la cour de Rome et Charles le Chauve ne cessa que lorsqu'en 876, Jean VUI son successeur accepta la condamnation du jeune Hincmar. La vie d'Adrien TI, par Pandulphe Pisan, est imprimée dans Muratori m, 1, p. 261 ss. et ailleurs; ses lettres, dans Bouquet, VIII, 439 ss. s. Beroer.

ADRIEN m, pape (884-885). On lui attribue, sans doute à tort, un « Décret prescrivant l'ordination du pape hors de la présence des ambassadeurs impériaux; » ce décret n'était pas connu avant le chroniqueur Martinus Polonus. Sa vie, par Pandulphe Pisan, est dans Muratori, /. /,, c. 310.

ADRIEN IV, pape (1154-1159). Le 4 décembre 1154, Adrien IV succéda à Anastase IV. Il s'appelait Nicolas Breakspear, était fils d'un clerc anglais, et, abandonné par son père, il avait mendié son pain. Recueilli par les moines de Saint-Uuf près Avignon, il fut en 1 137 élu abbé de vv couvent ; le pape Eugène III le fit cardinal-évéquc d'Albano, et l'envoya comme légat en Danemark et en Norwége. « Le siège pontifical, dit-il aussitôt élu, est semé d'épines, le manteau papal est percé de toutes parts, et si lourd qu'il accablerait l'homme le plus fort. » A peine monté sur le trône, Adrien rencontre l'opposition des Romains qui, conduits par Arnaud de Brescia, le somment de renoncer à Tadmiiiis-

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