‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 43 sur 226 · ADRIEN VI — ADULTÈRE · texte numérisé non relu

ADRIEN VI — ADULTÈRE

miré les vices brillants de ses prédécesseurs. Son épitaphe, qui rappelle une parole qu'il avait prononcée dans une heure de découragement, résume bien l'impression qu'on éprouve en lisant sa biographie : Proh dolori quantum refet't in quœ tenipora vel optim cujusque virtus incidat, Adrien n'a nommé qu'un seul cardinal, son conseiller Enkefort. — Voyez : Jovius, De vita Leonis X,,, Hàdriani VI y Flor., 1548, in-fo; Burmann, Analecla historica de Hadr, VI, Traj. ad Rhenum, 1727, in-i»; Gregorovius, Geschichte de?* Sladl Rom, t. VIII; A. de Reumont^ Geschichte der Stadt Rom, t. III; H. Bauer, Hadrian IV, Heidelb. , 1876; Hœtler, Wahl und Thronbesteigung Adr. VI, Wien, 1872; Lanzk^ Correspondenz des Kaisers Karl V, Leipz., 1844; Gachard, Corresp. de Charles V et d'Ad, VI, Brux., 1859; Ranke, Deutsche Geschichte, etc., t. IL Pour les plans de réforme : Sarpi, Conc. Trident,, I, cap. XXII; Raynaldus, Annal, ecclesiast, , XI, 363 (instruction donnée à Ghieregati) ; et Hœfler, Analecten zur Geschichte Deutschlands und Italiens (mémoii'e sur l'état de l'Eglise et sur les réformes remis à Adrien par iEgidius de Viterbe, général des Augustins). G. Lbsbr.

ADULLAHfAdoullam, 'OBcXXajjL, 'A8cuXXa[jLr^], ancienne ville située dans la plaine de Juda (Josué XV, 35). Après avoir été cananéenne (Gen. XXXVin, Josué XII, 15), elle fut fortifiée par Roboam (2 Ghron. XI, 7) et devint un des boulevards de la royauté (Michée I, 15). Elle existait encore après Texil (Néh. XI, 30). Cett€ longue résistance s'explique par les cavernes dont le pays était couvert et qui étaient déjà une des retraites habituelles de Da\id (1 Sam. XXII, 1; 2 Sam. XXIII, 13). Eusèbe et Jérôme l'ont confondue avec Eglon ; depuis on n'a pas réussi à en fixer l'emplacement avec certitude (voy. Robinson, II, p. 399).

ADULTÈRE. L'adultère est défendu dans le 6« commandement du décalogue. N'était considéré comme tel, en vertu de la polygamie qui régnait chez les Hébreux, que le commerce illicite d'un homme mané avec une femme mariée ou fiancée. L'adultère était puni de mort. La peine ordinaire était la lapidation (Deut. XXII, 20 ss.; Ezéch. XVI, 38 ; XXIIL 43 ss.) ou bien encore le bûcher (Gen. XXXVIII, 24; Lév. XX, 10 ss.). La femme adultère y échappait, lorsque le mari consentait à lui accorder une lettre de divorce. Lorsque le crime était commis dans les champs, l'homme seul était condamné, car la loi supposait que la femme n'avait pu appeler au secours ; lorsqu'un époux soupçonnait d'adultère son épouse, il la conduisait devant le prêtre qui la jugeait (Nomb. III, 12 ss.). Un homme qui avait ravi l'honneur à une jeune fille était tenu de l'épouser ou de payer une rançon au père (Exode XXII, 18; Deut. XXII, 25). Celui qui avait commis adultère avec une esclavepouvait s acquitter au moyen d'un sacrifice, l'esclave elle-même subissait un châtiment corporel (Lév. XIX, 20 ss.).Les prophètes s'élèvent avec énergie contre l'adultère (Jér. VII, 9; XXIII, iO; Osée IV, 2; Mal. III, 5, etc.); ils le classent parmi les vices les plus abominables (Ezéch. XXXIII, 26), qui rabaissent l'homme au rang de la bête (Jér. V, 8) et le rendent semblable à l'idolâtre, qui est parjure, réprouvé de Dieu et livré à une

ADULTÈRE — iEPINUS 91

passion que rien ne peut assouvir (Jér. 111, 9 ; XIII, 27; Ezéch. XXIU, 47). La débauche et la prostitution étaient d'ailleurs favorisées par le voir sinage des cultes voluptueux et lascifs de la Phénicie et de la Syrie. L*image de l'adultère est fréquemment employée par les prophètes pour désigner l'infidélité du peuple d'Israël à Talliance jurée avec Jéhova. — Le Nouveau Testament se montre plus sévère encore que TAncien. Seul, l'adultère est admis par Jésus-Christ comme un motif de divorce (Matth. V, 32); il l'étend au simple désir impur (Matth. V, 28). De même les apôtres, qui représentent le corps comme le temple de Dieu (1 Cor. VI, 15), condamnent toute parole déshonnête (Ephés. IV, 29 ; V, 3, 4) et appellent le jugement de Dieu sur le fornicateur (Hébr. XIII, 4; Gai. V, 19-21). L'Evangile, appliqué à extirper la racine de l'adultère au fond des cœurs, ne s'occupe pas de la question de pénalité. Jésus-Christ, qui ne veut pas la mort du pécheur mais son salut, ne ratifie pas contre la femme adultère la sentence prononcée contre elle, et ses adversaires, venus pour le tenter en le mettant en contradiction soit avec la loi de Moïse soit avec la loi romaine, plus douce, n'osent pas exécuter la première, puisqu'ils se sentent repris eux-mêmes dans leur conscience. Le précieux fragment qui rapporte ce trait (Jean VïII, 1-11), bien qu'il ne fit point partie primitivement de l'Evangile selon saint Jean (absence de Hen avec le contexte ; ton, expressions et structure de phrases propres aux synoptiques plutôt qu'au quatrième évangile; omission dans les plus anciens mss., bien que plus de cent cod. le contiennent; nombre extraordinaire de variantes dans le texte; silence d'Origène, de Chrysostôme, de Tertullien, de Cyprien, etc.), remonte certainement à Tâge apostolique, et nous pouvons dire avec Calvin : 7Vi*Ai7 apostolico spiritu indignum continei (voy. Meyer : Ki^it, exeg. Bandb. ueb. dos Ev, desJoh., Gœlt., 1862, p. 273 ss.). — Le Talmud confirme, dans la procédure contre les adultères, les dispositions de la loi mosaïque : « Filia Is7*aeiùœ, si adultéra, cum nupta, strangulanda, cum desponsata, lapidanda » [Sanh,^ f. LI, 2). Les législateurs modernes n'ont point admis ces rigueurs ; le droit canonique est moins sévère que le droit romain qui défend d'une manière absolue le mariage entre adultérés, môme après la mort de la victime. Le concile d'Ancyre ordonne le refus de la communion, même à l'article de la mort, au prêtre qui a commis ce crime, et le 6« concile d'Orléans décrète que tout clerc convaincu d'adultère serait déposé et enfermé, sa vie durant, dans un monastère.

iENESIDàHE, philosophe crétois, renouvela, vers la fin du .premier siècle avant Jésus-Christ, à Alexandrie la doctrine de Pyrrhon (voy. Scepticisme),

aPINUS (Jean), un des réformateurs allemands de second ordre. Son nom allemand était Hœck ou Hoch ; il naquit en 1499 dans la marche de Brandebourg, fit ses études à Wittemberg, essaya de prêcher les principes évangéliques dans sa patrie, fut mis en prison, partit, après sa délivrance, pour TAnglelerre, se rendit de là à Stralsund, et devint en 1529 pasteur à Hambourg, où il mourut en 1553. Dans cette ville, il consolida l'œuvre de la Réforme par ses prédications et en 1551 par un

92 iEPlNUS — AÉTIUS

remarquable règlement ecclésiastique et liturgique (Kirchen-Ordriung), En io44 il fut engagé dans une controverse pour avoir dit, dans un traité sur le seizième psaume, que pour Jésus-Christ la descente aux enfers signifiait le degré le plus profond de son abaissement, le Seigneur étant descendu pour souffrir et expier aussi les peines infernales. Cette opinion fut attaquée par quelques-uns des collègues d'iËpinus; selon la coutume du temps, la querelle devint si violente que le magistrat dut intervenir; il demanda Tavis de Mélanchthon; celui-ci conseilla d'imposer silence aux deux parties, de pareilles disputes ne pouvant que troubler les fidèles. Ce n'était en effet que du scolasticisme. La querelle continuant, les plus impétueux des adversaires d'iEpinus furent bannis. Lors de l'Intérim, ^Epinus, d'accord avec les pasteurs et les communautés de Hambourg, de Lùbeck et de Lùnebourg, s'éleva contre les concessions que Ton exigeait des protestants ; il publia à cette occasion plusieurs écrits très-fermes, quoique d'un ton fort modéré. Il se déclara de même contre la doctrine d'Osiander sur la justification.

AERIENS. Aérius, presbytre à Sébaste dans la province du Pont (355), s'éleva contre son évoque Eustathe qu'il accusait de détourner les fonds destinés aux pauvres comme aussi de favoriser des tendances hiérarchiques et des idées superstitieuses condamnées par TEcriture. Rejeté de l'Eglise, il forma une secte que la persécution obligea de célébrer le culte au milieu des champs et des bois. Aérius enseignait, en se fondant sur la tradition apostolique^ l'égalité des charges d'évêque et de presbytre ; il interdisait, comme inutiles et dangereuses au point de vue de la morale, les prières pour les morts ; bien que livré luimême aux pratiques de l'ascétisme, il combattait l'institution obligatoire du jeûne qu'en tant que sacrifice volontaire il préférait reporter du mercredi et du vendredi au dimanche ; il condamnait aussi la coutume juive de confondre la sainte Cène avec la Pâque, flétrissant du nom d'antiquaires les fidèles attachés aux cérémonies prescrites par l'Eglise. Cette secte était trop en opposition avec le courant des idées régnantes pour pouvoir subsister longtemps. Epiphane (Hœres., LXXV) dénonce Aérius comme un hérétique dangereux; Mosheim, par contre, (Kirchmgesch.yW, c. III, § 21) s'en est constitué l'apologiste : il voit en lui, comme Neander (Kirchengesch., II, p. 492), un précurseur du protestantisme.

AÉTIUS, chef intrépide et remuant de la secte des Anomiens (v. cet article); surnommé l'athée (àOeo;) par l'ancienne Eglise, vécut vers le milieu du quatrième siècle. Il mena une vie errante et agitée qui le conduisit d'Antioche à Alexandrie et des déserts de la Thébaïde aux bords du Bosphore, tour à tour étudiant et professant l'art de graver, la médecine, la grammaire, la rhétorique, la philosophie. Défenseur éloquent et convaincu de Tarianisme, proscrit, en péril de vie sous les fils de Constantin, honoré de l'amitié de Julien l'Apostat qui lui fit don d'une propriété dans l'Ile de Lesbos, diacre et évéque, mais sans diocèse, ardent à disputer dans les synodes et les cohciles, Aétius doit avoir composé plus de 300 traités théologiques dont un seul, sur la

AÉTIU6 — AFFRANCHIS 1)3

non-conception du Verbe, nous a été conservé par Epiphane [Hast^es.^ LXXVI, iO) qui le réfute. Il parait avoir été surtout un dialecticien habile et vigoureux.

AFFLICTIONS. Tandis que les adversités sont accueillies par l'incrédule avec une irritation peu déguisée ou avec une morne résignation et deviennent pour lui un sujet de blasphème ox)ntre la Providence, le pieux Israélite déjà les considérait comme faisant partie du plan de Dieu pour le bien des hommes. A ses yeux, elles sont pour le méchant le châtiment de ses fautes et un signe visible de la réprobation divine. Pourtant le just« aussi souffre beaucoup ici-bas, dans son corps, dans ses facultés, dans ses biens, dans ses enfants, dans son honneur: il est exposé aux embûches et aux violences de ses ennemis, surtout lorsqu'il défend la cause de TEternel ; mais Dieu lui vient en aide le soutient, le console, le dédommage, ici-bas déjà, et si sa raison bornée ne parvient pas à comprendre les desseins impénétrables de la Providence, il trouve, dans sa foi, des motifs suffisants pour se soumettre et bénir la main qui le frappe. Tel est, en résumé, la thèse développée dans le livre de Job (V, d9; IX, % 38; XIII, 15; XIV, 6; XVII, 16; XXXVI, 15, etc.) et dans beaucoup de Psaumes (XVI, 2; XXXIV, 20; LXXVn, 11; LXXXVIU, 16, etc. Cf. 2 Sam. FV, 9; Esaïe XXV, 4; XXX, 20; Hab. IV, 2). — Jésus-Christ affu*me la même vérité : il proclame heureux les affligés, en particulier ceux qui souffrent pour la justice (Matth. V, 4, 10). Ses apôtres rappellent aux chrétiens que si les souffrances peuvent être envisagées comme un châtiment pour les péchés qu'ils ont commis et un avertissement en vue de ceux qu'ils seraient disposés à commettre encore, elles sont le moyen que dans son amour Dieu emploie de préférence pour garder les siens de toute tentation et de toute rechute, pour purifier leur «œur, pour éprouver leur foi et leur patience, pour les exercer à la miséricorde. Elles sont, par excellence, Tinstrument de la pédagogie divine. L'exemple des prophètes, et surtout celui de Jésus-Christ, doit fortifier les affligés. Tous les grands ouvriers de Dieu ont beaucoup souffert ici-bas. L'entrée dans le royaume des cieux et l'héritage de la gloire à venir sont à ce prix. Aussi les apôtres exhortent-ils les chrétiens à considérer les sifQictions comme le sujet d'une joie excellente (Actes IX, 6; XIV, 22; Rom. V, 3; VIII, 18; 2 Cor. 1,5, 7; IV, 17; VII, 4; CoL I, 24; 2 Tim. III, 11; Hébr. XII, 5, 6; Jacq. V, 10; 1 Pierre III, 14; V, 1, etc.).

AFFRANCHIS. Dans le passage Actes VI, 9, il est question d'une synagogue des affranchis (At6epTtvot) qui se serait trouvée à Jérusalem. Une faut voir dans cette désignation assez obscure ni d'anciens esclaves italiens qui se seraient convertis au judaïsme ( Vitringa, Grotius) ; ni des affranchis juifs au service de maîtres juifs de la Palestine {Lightfoot) ; ni une corruption du mot de Ai6uŒTtvot {Libystini) que ne porte aucun manuscrit ; mais peut-être des Juifs originaires de Libertum, un district inconnu de l'Afrique proconsulaire (le catalogue du synode de Carthage, ai 411, fait mention d'un episcopus ecclesùe liber linensis), voisin de celui dcCyrène et d'Alexandrie, nommés dans le contexte (Gerdes, Desynag.

Page 1