AFFRANCHIS — AFFRE
lÀbert., Gron., 1736); et plus vraisemblablement des Juifs conduits sous Pompée comme prisonniers de guerre à Rome où ils auraient été affranchis et d'où ils seraient revenus, peut-être sous le coup de Tarrêt d'expulsion promulgué par Tibère, et auraient formé Tune des 480 synagogues qui existaient à Jérusalem (Tacite, Annales, II, 85, 3. C'était déjà l'opinion de Chrysostôme qui les appelle : Ot P(i)[xa{a)v diwsXeuOepct. Floderus : Disserl. de synag. Libert.j Ups., 1767. De même : Winer, Meyer, etc.).
AFFRE (Denis-Auguste)', archevêque de Paris, était né en 1793 à Saintr Rome (Aveyron). Neveu d'un professeur du séminaire de Saint-Sulpice à Paris, il entra fort jeune dans cet établissement, qui était alors dirigé parle vénérable Emery. En 1816, il fut chargé de l'enseignement de la philosophie au séminabe de Nantes. Deux ans plus tard, la chaire de dogme à Saint-Sulpice lui était confiée; mais Tardeur qu'il mettait à sa tâche l'obligea bientx^t de prendre du repos. Il accepta l'humble poste d'aumônier à l'hospice des Enfants trouvés, qui lui laissait assez de loisirs pour fonder avec M. Laurentie un journal politique et religieux, La France chrétienne. M. de Soyez, évêque du diocèse nouvellement reconstitué de Luçon, l'appela en 1821 auprès de lui comme vicaire général, et il put déployer ses talents administratifs et son infatigable autorité. Mais à la suite d'un dissentiment avec son évêque, il fut investi des mêmes fonctions à l'évêché d'Amiens. Il y publia son Traité de V administration temporelle des paroisses, 1827 (3«'' éd. 1835), ainsi que YEssai historique et critique sur la suprématie temporelle des papes et de r Eglise, ouvrage destiné à combattre le système de Lamennais. M. Affre n'était pas ultramontain, mais il voulait l'alliance du trône et de l'autel. Après la révolution de 1830, le clergé craignit que le nouveau gouvernement ne fût hostile à la religion catholique, et le vicaire général, appelé à complimenterLouis-Philippe qui visitait Amiens (1831), se contenta de le saluer comme prince, au lieu de se servir du terme usité de Sire. En 1834, quelques désagréments le portèrent à demander un canonicat. L'archevêché de Paris étant devenu vacant (1840), par la mort de M. de Quclen, légitimiste fort attaché à l'ancien ordre de choses, le gouvernement désira que ces importantes fonctions fussent confiées à un homme qui apporterait un esprit nouveau dans les rapports du clergé et de Taulorité civile. Après quelques hésitations, il nomma M. Affre. Celui-ci se consacra avec une grande fidélité à l'administration de son diocèse ; mais les relations avec les pouvoirs laïques restèrent tendues. Lorsque l'épiscopat réclama, au nom des catholiques, la liberté de l'enseignement secondaire, l'archevêque de Paris prit une grande part au débat, et, dans un mémoire sur l'enseignement philosophique, il critiqua vivement les variations du chef de la philosophie française, Cousin. La révolution de 1848 devait couronner sa carrière par un acte héroïque. L'insurrection de juin se prolongeait; M. Affre offrit au général Cavaignac d'adresser aux rebelles des paroles de paix. Le chef du pouvoir exécutif lui représentant les dangers de cette entreprise, il répondit : « Ma vie est peu de chose, je la donne volontiers. » 11 se rendit aux barricades, accompagné du représentant du peapte