AFFRE — AFGHANISTAN
Albert. Celui-ci, en costume d*ouvrier, tenait, au lieu du drapeau blanc des parlementaires^ une branche de verdure. 11 demanda qu'on laissât parler Tarchevêque. La fusillade s'arrêta; Affre commençait son discours, quand un coup de feu, parti on ne sait d'où, le blessa au côté. Un effroyable tumulte d'accusations réciproques retentit; mais la vue de la victime défaillante unit les combattants dans un même sentiment d'horreur, et la guerre civile était conjurée. Affre fut d'abord transporté aux Quinze- Vingts ; autour de lui on promettait de le venger : « Non, dit-il, mon sang doit être le dernier qui ait coulé dans cette lutte. » Le 27 Juin, il expirait à l'archevêché. Un décret de l'assemblée prescrivit des funérailles solennelles. — Voy. Vie de Mgr Affre, par Mgr Cruice, évéque de Marseille. A. Matter.
ATOHAIflSTAN (Statistique religieuse). Population, On a longtemps attribué à l'Afghanistan une population de 8 à i 4,000,000 d'habitants. On ne l'évalue plus aujourd'hui qu'à environ 4,000,000 d'âmes. Les Afghans, peuple nomade d'origine indo-gennanique, en forment la grande majorité. Il leur est arrivé la même chose qu'à bien d'autres nations sur la surface du globe. Des savants bien intentionnés plutôt que Judicieux ont voulu, en se fondant sur quelques ressemblances de mots et d'usages, voir en eux des descendants des dix tribus d'Israël. Cette opinion est aujourd'hui abandonnée, aussi bien que celle qui les faisait sortir de l'Arménie. On trouve encore dans le pays, principalement dans les villes, des Tadjiks, des Parsis, des Hindous, des Arabes, des Tatars et quelques Juifs. On ne pourrait sans témérité évaluer la force numérique de ces divers éléments; le pays est encore trop peu connu pour cela. Longtemps soumis à la domination persane, l'Afghanistan profita pour se rendre indépendant des troubles qui désolèrent la Perse au milieu du siècle dernier. — Religion. Les Afghans appartiennent à la religion musulmane; ils se rattachent à la grande secte des Sunnites qui reconnaît la légitimité des trois premiers khalifes, successeurs de Mahomet. Chose rare parmi les musulmans, ils sont, dit-on, très-tolérants pour les autres religions et ne molestent nullement à cause de leurs croyances les Juifs et les Parsis qui habitent au milieu d'eux. Leurs prêtres que Ton appelle mollahs ne jouissent pas d'une grande inOuence. L'instruction publique est assez estimée; chaque village possède une école dont le maître est payé par une concession de terres. Quelques collèges dans les villes préparent les mollahs à leur vocation ; mais ceux qui veulent pousser leurs études plus loin vont chercher à Boukhara une science supérieure à celle de leur pays. Cest que l'enseignement des écoles afghanes est fort peu de chose et qu'il n'empêche pas le peuple d'être plongé dans une profonde ignorance et dans toute sorte de superstitions. Les revenants, les rêves, les devins, l'astrologie, les talismans jouent un grand rôle dans les croyances populaires. Le Coran est la règle du droit civil, mais il s'en faut Ken qu'il soit toujours respecté, et quant à la justice pénale, la vengeance de Toffense en tient lieu le plus souvent. Aussi le pays est-il encore en pleine barbarie, et il serait temps d'y faire briller enfin la hunière de l'Evangile. Il n'y a rien de particulier à dire des Juifs et des