‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 50 sur 226 · AGIER — AGNEAU DE DIEU · texte numérisé non relu

AGIER — AGNEAU DE DIEU

mariage civil. Devenu juge à la cour d'appel de Paris, puis président de ce tribunal, il se livra, sous la Restauration, à des travaux théologiques, dont antérieurement déjà il s'était occupé. A l'ûge de quarante ans il avait appris Thébreu, pour pouvoir étudier TAncien Testament dans le texte original: en 1809 il avait fait paraître une traduction des Psaumes, 2 vol.; de 1820 à 1823 il donna les prophètes « avec des explications et des notes critiques, » 11 vol. De même que d^autres jansénistes, il était préoccupé de Tavénement du Seigneur ; ses études sur les prophètes n'avaient dû lui servir qu'à mieux comprendre l'Apocalypse ; des Commentaires sur ce livi'e, 1823 ; des Vues sur le secoiid avènement de JésuS'Christ, 1818; un ouvrage intitulé Prophéties concernant Jesus-Christ et l'Eglise éparses dans les livres saints, font preuve d'une piété sincère et un peu mystique ; sous le rapport scientifique, leur importance est médiocre. Agier mourut à Paris en 1823.

AGNEAU DE DIEU (b àfxvbç toD Osoj). Cette expression, appliquée à Jésus-Christ par Jean-Baptiste (Jean 1, 29), lui fut suggérée soit par l'image dont le prophète Esaïe(LUI, 7 ; cf. Matth. VIII, 17 ; Actes VIII, 32 ; 1 Pierre II, 22 ss.) se servit pour désigner le serviteur de Dieu qui souffre innocemment pour son peuple, soit par l'agneau pascal que les Israélites immolaient en souvenir de la délivrance d'Egypte. Le terme 'o aipcav T^v à[uipxi<r* tou %6a\Lo\j doit se traduire de préférence par « enlever » et non point par <( porter » (les Septante emploient toujours !c verbe çlpsiv pour exprimer ce dernier sens) ; mais l'un de ces actes implique l'autre : on ne peut enlever le péché qu'en le portant. C'est bien l'idée d'une victime qui se trouve exprimée par cette image : autre chose est de savoir si c'est une victime expiatoire, cette idée étant étrangère à la conception d'Esaïe, comme aussi à l'institution de l'agneau pascal. Il faut rappeler, en effet, que, dans le cérémonial lévitique, les agneaux étaient réservés aux sacrifices non d'expiation, mais de purification (Lév. V, i-6 ; XIV, 12 ; Nomb. VI, 12). L'Apocalypse appelle Jésus-Christ, dpvCov, qui est la forme diminulive de à\kv6q, sans doute pour marquer son extrême douceur et sa faiblesse apparente, en opposition avec son adversaire le lion ; l'auteur le représente (V, 6), dans un cercle formé par les vieillards et les anges autour du trône de Dieu ; il porte sept cornes et sept yeux, symboles de la toute-puissance et de la toute-science du Fils de Dieu, bien que les traces de son immolation soient demeurées visibles. — Dès l'origine, l'Eglise chrétienne se servit, de préférence, du symbole de Tagneau pour représ(,nter Jésus-Christ; d'ordinaire une croix orne sa tête, tandis que, dans le pied droit de devant ou contre l'épaule, est placée une houlette recourbée, au bout de laquelle flotte une bannière, signe de la victoire. Ailleurs, le Père céleste lui tend la couronne du sein d'un nuage de feu ou bien encore l'agneau apparaît entouré d'une guirlande de laurier. On le retrouve sur les sarcophages et les mosaïques des églises, entouré de douze ou de six agneaux qui représentent les apôtres, ou encore debout sur une colline des tlancs de laquelle s'échappent quatre fleuves où s'abreuvent des brebis. Le concile de Constantinople, Quinùextian (692), défendit ces sortes de représen-

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