AGNEAU DE DIEU - AGNÈS
talions. L'image de Tagneau, dit-il, était bonne pour Jean-Baptiste qui n*avait saisi que l'ombre des biens dont nous nous sommes approprié la réalité ; il convient aujourd'hui de représenter le Christ dans la plénitude de la stature humaine que le Verbe divin a voulu honorer en 8*abaissant jusqu'à la revêtir, et qu'à son exemple nous devons honorer dans nos corps. La cour de Rome, après quelques hésitations, sanctionna cette décision, sans s'y conformer dans la pratique, comme le prouve l'exemple du pape Serge ill, qui fit confectionner un magnifique agneau en or et en pierres précieuses.
AGNÈS (Sainte), nerge et martyre romaine (f vers 304). Saint Ambroise en a fait l'éloge dans un admirable morceau [De virginibus lib. I, c. 2 ; cf. de lapsu virg, c. 3 ; Enarr, in Ps, CIV; /li. I offîciorum , c. 4) ; saint Augustin [sermo 273 et 354) , saint Jérôme {ep, 130 od Demetriadem) se sont inspirés de son martyre ; le pape Damase [carmen^] Ta chantée; Prudence [Peristephanon hymnus 14, édit. Arevalo), lui consacre un hymne très -élégant. Les Actes de cette martyre [AA, SS. 21 jan. II), qui prétendent être l'œuvre de saint Ambroise, racontent comment, âgée de treize ans (saint Ambroise, De virg., dit : de douze ans) et revenant de l'école, elle fut aimée par le fils du préfet de la ville, Symphronius. Celui-ci, pour triompher de sa résistance, l'enferme dans un mauvais lieu. Mais ses cheveux croissent par miracle et la vêtissent, un ange de Dieu l'environne de lumière. Le jeune homme est frappé de mort à sa %Tie, mais il est ressuscité par sa prière. Agnès est jetée dans le feu qui se divise et consume le peuple, et Aspasius, vicaire du préfet, qui s*esl retiré confondu, lui fait trancher la tôte. Elle est enterrée sur la Via Numentana, dans le champ de ses parents; sa sœur Emérentienne est a baptisée de son sang » auprès du tombeau de sainte Agnès, et Constance, fille de Constantin, reine et \ierge, est guérie au même lieu. L'église de S, Agnese, à Rome, sur la place Navone, est bâtie sur l'emplacement du cirque où elle mourut ; et celle de S. Agnese fuori k Mura^ sur son tombeau. C'est dans cette basilique, élevée, d'après la tradition, par Constantin, rebâtie par Honorius I*', et plusieurs fois restaurée, que tous les ans, le 21 janvier, on bénit les agneaux dont la laine sert à faire les palliums que le pape ofi're aux archevêques. L'agneau devint en effet de bonne heure le symbole de sainte Agnès. Le nom (ÏAgne, Agnes, Agnen (Sy^)» seule forme qui soit ancienne, est un nom grec, mais le nom d'Bagne était connu de l'antiquité romaine. Saint Augustin en tire une gracieuse allégorie en disant : « Agnet latine agnam significat ; grœce castam. Erat quodvocabatur, mérita caronabùtur {sermo 273). Il n'est pas besoin des Actes, en vain défendus par D. Bartolini {Attidelmart. di 5. Agnese, R., 1858, in-P», trad. par Tabbé Materne, P., 1864, in-8»), pour établir le caractère antique et populaire de sa légende. S. Berger.
AGNÈS (la Mère) [1593-1671], fille de l'avocat et sœur du théologien Antoine Arnauld, coadjutrice de sa sœur, la mère Angélique, abbesse de Port-Royal, a été persécutée pour son attachement au jansénisme» et a laissé deux écrits : Y Image de la religieuse parfaite, I66S, et le$