‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 53 sur 226 · AGOBARD — AGREDA · texte numérisé non relu

AGOBARD — AGREDA

pulverem mnt eradendae^ cum non illas fieri Deits jmserit^ sed hvmanus gefisus excogùûverit. » Elles ne sont qu'une cause d'idolâtrie, un retour au paganisme [Liber contra eorum super stitionem, quipicturis et imaginibus sanctoimm adorationis obsegumm deferendum putnnt). Il a écrit contre le préjugé populaire qui attribuait à certaines gens le pouvoir de soulever des tempêtes, contre l'opinion qu'on pouvait éloigner des épidémies en faisant des dons aux églises, contre le duel judiciaire, sanctionné par les lois germaniques, contre les épreuves par l'eau et par le feu. H s'est plaint de certains abus que commettaient les juifs, de l'état d'abjection auquel était réduit le clergé, des grands qui pillaient les biens de TEglise et usurpaient ses droits. Il existe aussi de lui quelques ouvrages liturgiques, notamment un traité De correctione antiphonarii ; il veut éliminer du chant tout ce qui n'est pas pris de la Bible. — Agobardi opéra ^ éd. Pap. Masson, Paris, 1605, in-i®; édition plus complète par Baluze, Paris, 1666, 2 vol. in-S^, reproduits dans la Bibl. Patrum Ataximaj t. XIV; voy. Htst, littéraire de la France^ t. IV, p. 567 ss. ; Ampère, Bist, litt, de la France avant le douzième siècle, Paris, 1840, t. III, p. 175 ss. ; Hundeshagen, De Agobardi vita et scriptis, Giessen,

AGONISANTS, congrégation fondée à Rome, en 1586, par Camille de Lellis et confirmée par le pape Sixte V, dans le but d'assister les mourants dans leurs maladies, même en c^s de peste, et de prier ou faire prier pour les condamnés à mort. Répandue à la fin du seizième siècle dans toutes les parties de l'Italie et même en Espagne, cette congrégation a vu peu à peu diminuer le nombre de ses maisons de novices et de professes, ainsi que ses hospices; elle a son siège principal à Rome, près de l'église Sainte-Madeleine, où réside son général.

AGREDA (Marie de Jésus) joue un certain rôle dans l'histoire du dogme de l'immaculée conception. On lui attribue, en effet, un livre intitulé : Misdca Ciudad de Dios (Madrid, 1670) dans lequel il n'est question que des grâces et des prérogatives que cette situation toute spéciale aurait values à la Vierge Marie. On y raconte que Marie, si elle l'avait voulu, aurait pu parler dès le jour même de sa naissance; on la représente comme la souveraine du monde et on la met sur le même rang que Dieu lui-même. Marie d'Agreda appartenait à l'ordre des franciscains; elle fut, depuis 1627, supérieure du couvent de l'Immaculée Conception d'Agreda en Espagne. Les franciscains présentèrent son livre comme le produit d'une révélation divine; ce ne fut pas ainsi pourtant qu'il fut d'abord considéré. Non-seulement on. mit en doute que Marie d'Agreda en fût l'auteur, mais encore la Sorbonne déclara que la Mistica Ciudad de Dios était un ouvrage scandaleux, et Tinquisition en interdit la lecture à Rome, en Espagne et en Portugal. En 1730, les franciscains portèrent la chose devant le pape Alexandre VIII, qui demanda avant tout une preuve irrécusable de 1 authenticité du livre. Malgré ces jugements défavorables et ces hésitations papales, les idées contenues dans cet ouvrage ont fait leur chemin dans l'Eglise catholique, et les légendes qui y sont racontées sont devenues des articles de foi.

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