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accompagné du jeune bachelier Gerson ; d'Ailly défendit la doctrine critiquée par les frères, et soutint le principe, aujourd'hui condamné, que dans ces questions le souverain pontife n'avait pas seul le droit de la décision, qu'il appartenait aussi aux docteurs de la théologie € cvrca ea qux sunt fidei doctrinaliter definire, n Clément confirma la sentence et les droits de l'université. En 1389^ d'Ailly fut élu chancelier de ce corps; bientôt après, Charles VI le prit pour confesseur et aumônier ; il devint en outre archidiacre de l'église de Cambray et trésorier de la Sainte -Chapelle de Paris. — Le nouveau pape d'Avignon, Benoit XIU, ne négligea rien pour gagner un homme aussi considérable que le chancelier de la grande université. D'Ailly, espérant qu'un pape soutenu par la France finirait par remporter sur son rival et qu'ainsi le scandale du schisme prendrait fin, réussit à faire reconnaître Benoit par l'université et par la cour. Pour se l'attacher encore d'avantage, le pape lui confia successivement les évéchés du Puy et de Cambray (1397- 1398). L'acceptation de ces faveurs semblait accuser un abandon de ses principes et le rendre moins décidé quand il s'agirait de prendre des mesures énergiques contre les papes ; aussi trouva-t-il désormais des adversaires dans l'université. 11 se démit de ses fonctions de chancelier, qui furent données à Gerson. Cependant il usa de son influence à Avignon, pour obtenir une résolution propre à relever en France l'enseignement théologique ; Benoit XIII décida que dans chaque église cathédrale il y aurait un chanoine théologal^ chargé de faire des cours : cette institution, pour laquelle d'Ailly fut publiquement remercié par la Sorbonne, n'eut pas encore de résultat. Voulant rester étranger aux entreprises contre Benoit, d'Ailly se retira dans son évêché de Cambray ; quand il rentra dans la lutte, il rejicontra d'abord des difficultés, qui le découragèrent au point qu'un moment il eut l'intention de ne plus se mêler des affaires générales. Il fallut les lettres les plus pressantes de Gerson et de Clémanges pour le décider à rester leur coopérateur. Un concile universel était alors le vœu général de l'Eglise ; d'Ailly à son tour ne voyait plus d'autre remède. En 1409, se réunit le concile de Pise; d'Ailly prit part à ses délibérations, mais exerça peu d'influence, il était encore trop hésitant sur la question de la suprématie du concile. De retour à Cambray, il s'occupa de travaux astronomiques et cosmographiques. Jean XXIII le nomma «ordinal; en 1414, il remplit pour le pape la mission de légat en Allemagne. Le 5 novembre de cette année s'ouvrit le concile de Constance ; d'Ailly y ariiva le 17. Son influence fut plus décisive qu'à Pise. Ce fut sur sa proposition que, contrairement au parti ultramontain, on résolut de voter par nation au lieu de voter par tétc. D'Ailly renouvella la demande d'une abdica* tion (cession) volontaire des trois papes, comme moyen le plus légal et le plus pacifique de terminer le schisme ; voyant qu'on ne l'ob* tiendrait pas, il passa outre et proclama enfin la maxime que le concile universel est supérieur aux papes et qu'il peut les destituer. Le i^^ novembre 1416, il produisit des canonei reformandi eccksiom ; quelque temps après il donna lecture d'un tractatus de eccleti»^ coHciiu generatisy romani pontificis et cardmalium autoritate; il y expo-
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sait ce qu*il appelait la vérité catholique sur la matière : le pape est jure naturalt^ divino et canonico^ soumis au concile universel, auquel on peut en appeler de lui, et qui peut le juger et le condamner ; s'il ne cède pas, le concile doit procéder comme si le saint-siége était vacant. L'assemblée, adoptant ces principes, défendus aussi par d'autres membres, déposa Benoit XIII. D'Ailly, au lieu de se joindre à ceux qui demandaient qu'avant d'élire un nouveau pape, on fit des décrets de réforme, se joignit au parti qui obtint la priorité pour Télection pontificale. Il ne reconnaissait au concile que le droit de juger le pape ; un pape régulièrement élu devait rentrer dans la plénitude de son pouvoir. Il était moins avancé dans sa théorie ecclésiastique que souvent on le suppose ; la nécessité d'une situation, qui semblait désespérée, avait seule pu le faire pencher vers la suprématie du concile ; mais cette suprématie ne devait s'exercer qu'en cas de schisme ou d'indignité notoire d'un pape ; en tout le reste, le souverain pontife gardait ses droits. D'Ailly est un de ceux qui ont empêché le concile de Ck)nstance de dé* créter une réforme sérieuse des abus. 11 faut ajouter qu'ayant été un des commissaires chargés de Texamen des doctrines de Jean Huss, il vota pour la condamnation. Mécontent de Tissuedu concile, bien qu'il y eût contribué lui-même, il s'en retourna à Cambray. Martin V l'envoya comme légat à Avignon, d'où il dirigea toute TEglise française dans rintérêt du siège apostolique. Il mourut en 1420. — Ses ouvrages sont assez nombreux ; il n'en existe pas encore d'édition complète ; ceux qui traitent de philosophie, de théologie, d'astronomie, de cosmographie, ont été publiés séparément ; un recueil intitulé Tractatm et sermoneê, Strasb.y 1490, in-f'^, ne contient qu'un petit nombre de pièces. Ses écrits relatifs au schisme sont disséminés dans l'édition des œuvres de Gerson, par Dupin, et dans la Bistoria concilii Constantiensis de von der Hardt. — Voy. sur d'Ailly les notices de Launoi (Historia gymnasii Navarr.f dans les Opéra iMunoU, t. IV, P. i, p. 508 ss.), de Dupin (fier«ontana^ L I, p. XXXVII ss., des œuvres de Gerson), de Bayle dans son Dictionnaire ; Paul Tschakert, Petrus Alliacenus de eccksia quid docuerù et auid pro ea prxstiterit, Breslau, 1875; id., Der Cardinal Peter van Ailljf und die beiden ihm zugcsckriebenen Schriften a de difficultaie refor» mationis in concilio universali, » und « Monita de necessitate reformanii eccksiam in eapite et in membris^ » dans les Jahrb, f,deutsche Tkeol,, T. 20, livr. II. Cet écrivain démontre, par une discussion trè»-judicieuse, que ces deux traités, attribués a d'Ailly par von der Hardt, ne peuvent pas être de lui. Ch. Schmidt.
ÈM [Ayin], « l'œil, » nom des soui*ces, en hébreu, par opposition aux puits (Bèér). Un grand nombre de noms de lieux commençaient ainsi. Le plus souvent ce sont des villages (En-Dor, Ën-Guedi, Ën-Rimmon) ou de simples sources (Ën-Roguel, près de Jérusalem, Josué XY, 7 ; XVIII, 16). Quelquefois le mot Aïu est employé seul, avec ou sans article ; il est fort difficile de dire dans ce cas si c'est un nom propre ou une simple indication locale (voy. i Sam. XXIX, I « Ain près de Jizréel, i> et Nomb. XXXI V^ ii). Quel était cet Ain à l'ouest de Ribla, qui devait marquer U frontière d'Israël au nord ? Suivant Hobinson et
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Knobel, ce serait la source de l'Oronte ; la plupai't des anciens commentateurs hésitent à faire monter aussi haut la frontière, même théorique, de la Palestine, et se rabattent sur l'une des sources du Jourdain. Voyez Robinson, Lai.bibl, res.y p. 542-546; Rosenmuller, Scholia in Vet. Test. IL; Knobel, Kiirzgef, Exeg. Handb.y Numeri U.
AIRE (Landes) [ Viens Julii ou Civitas Aturensium^ Adura, Ayre], évêché connu depuis o()6, suffragant de Farchevêché d'Eauze, puis rattaché à Auch après la destruction d'Eauze et celle de Vicus Julii, par les Normands, au neuvième siècle. Supprimé en 1790 et réuni à celui de Rayonne, Tévêche d'Aire fut rétabli en 1823 {Gallia ehr,, 1).
AIX en Provence (Rouches-du-Rhône) [Aqux Sexlix]^ métropole dr la Seconde Narbonnaise, archevêché connu depuis 417, ayant pour suffragants, avant 1790, les évêchés d'Apt, Riez, Fréjus, Gap, Sisteron, et aujourd'hui ceux de Marseille, Fréjus, Digne, Gap, Ajaccio, Alger et Nice. L'université d'Aix fut fondée en 1413 ; une faculté de théologie catholique y a été établie en 1802 ; elle a été supprimée, faute d'élèves, en 1876. Un synode provincial, réuni à Aix en 1585, interdit de rebaptiser « sous condition » les cahinistes nouveaux convertis (Hardouin, X). L'église cathédrale de Saint-Sauveur, relevée vers 1060, fut consacrée en 1103 ; le chœur date de 1285, la nef principale du quatorzième siècle. Le baptistère est romain {Gallia chr,, 1).
AIX-LA-CHAPELLE [Aaeheriy Aquis, Aquisgranum (754), Ais]. Char-
lemagne éleva à Aix, sur le modèle de Saint-Vital de Ravenne, l'église
octogone de Notre-Dame, qui fut terminée en 796, d'après le moine de
Saint-Gall (Pertz, Scr.y II, 744). Sur sa demande, le pape Adrien I» lui
avait envoyé, en 787, pour cette église, huit colonnes de marbre tirées
du palais de Théodoric à Ravenne. Le chœur date du quatorzième
siècle. On croit qu'Anségise fut employé à sa construction. Gharlema-
gne réunit à Aix de nombreux synodes. Celui de 789 (le capitulaire
est dans Pertz, Leg,, [, 53) décida la réforme des mœurs du clergé. Au
grand synode de 799, Alcuin obtint la rétractation de Félix d'Urgel,
promoteur de l'adoptianisme. Les deux « synodes pour l'examen des
évêques et des clercs » (nov. 801 et oct. 802) décrétèrent une réforme
dans les mœurs des prêtres (Pertz, //., 87 ss. 105 ss); celui de 811 et
surtout le synode tenu en sept. 813 s'occupèrent des trois ordres, clergé,
moines, laïcs (Pertz, Leg, II, 552). Un grand synode réuni à Aix en 809
se prononça en faveur de la procession du Saint-Esprit et du Filioque.
Sous Louis le Débonnaire, deux célèbres synodes furent assemblés après
les grands placites d'Aix, en 816 et 817. Les décrets de celui de 817 sur la
réforme des clercs et des nonnes, en grande partie rédigés par Amalaire
de Metz et par Renoît d'Aniane, sont une application à tout« l'Eglise
franque de la règle que Ghrodegang avait formulée pour son clergé
(Pertz, Leg,^ I, 200 ss,). Ce décret fut complété par un statut pour les
moines et par un autre relatif aux évêques. Les nombreux synodes,
toujours associés aux placites d'Aix, s'occupèrent encore plus souvent
des divisions de l'empire que de la réforme du clergé. Aix fut évêché,
sufiragant de Malines, sous la domination française, de 1802 à 1814. —
(Voyez Rettberg, AT. Gesch. Deuischl.^pa^s.y et l'article du même auteur