AIX-LA-CHAPELLE — AKIBA
dans Y Encyclopédie de M . Herzog. Les synodes d' Aix sont tous relatés dans Mansi, XIII et XIY, et Hardouin, lY, et en parliculier dans Hartzheim, Cwic. Germ., I et II, Col., 1759; les capitulaires sont dans Baluze, Capitul.^ et surtout dans Pertz, Monum. Germ., IH, Leges, I; voy. Binterini, Deutsche Concilient et Hefele, III, FV, trad. fr., V, passiin,
ÀJÈlLOS [Ayâlôn, pays des cerfs, aujourd'hui lâlo], un peu au nord de la route de Jérusalem à Jaifa, à 25 kilomètres environ de la première, est célèbre par un vieux chant qui racontait la victoire de Josué sur les Amorrhéens (Josué X, 12) :
Soleil, arrêtertoi sur Gabaon,
Et toi, lune, sur le val d' Ajalon ; Et le soleil s'arrêta, et la lune se tint en place, Jusqu'à ce qu'Israël eût puni ses ennemis.
Ajalon était située sur les contre-forts des monts d'Ephraïm, à l'entrée d'une des vallées qui descendent vers la plaine de Saaron. Malgré la victoire de Josué, Israël ne réussit pas à s'en emparer (Juges I, 35 ; comp. Josué XIX, 42). C'est par là que, plus tard, Jonathan poursuivit les Philistins, après avoir surpris leur camp à Mikmach, le jour qu'il trempa son bâton dans un rayon de miel (1 Sam. XIV, 31). Pendant les guerres des maisons d'Israël et de Juda, Ajalon formait frontière et semble avoir appartenu tantôt aux uns, tantôt aux autres (cf. 1 Chron. Vni, 13). Roboam la fortifia (2 Chron. XI, 10), mais les Philistin^ profitèrent des premières attaques de TAssyrie contre Juda pour s'en emparer de nouveau sous Achaz (2 Chron. XXVllI, 18). Ajalon est citée parmi les villes qui furent données aux Lévites (Josué XXI, 24; 1 Chron. VI, 69). 11 ne faut pas la confondre avec un autre Ajalon, lieu de sépulture du juge Elon, dans le territoire de Zabulon (Juges XII, 12). —Voyez Robinson, III, p. 279; Stanley, S. et P., p. 210.
AKIBA Ben Joseph (R.), un des principaux docteurs juifs de la fin du
premier siècle de notre ère et du commencement du second. On a peu
de renseignements certains sur sa jeunesse. Ce qui est raconté de son
origine païenne et de sa première condition presque serWle, Thistoire
de son amour pour la fille de son maître, qui n'aurait consenti à Tépou-
ser que si lui, simple berger, parvenait à se faire admettre parmi les
docteurs, le récit de la profonde misère où il serait tombé après son
mariage, tout cela doit être rangé sans doute parmi les légendes des
temps postérieurs. Quoi qu'il en soit, Akiba enseignait la loi avant la
fin du premier siècle et groupait autour de lui un nombre considérable
de disciples. Jamais aucun docteur n'avait obtenu de succès pareils, et
la tradition, en le nommant le restaurateur de la loi, comme Ësdras,
et en le comparant à Moïse, va jusqu'à lui donner douze mille et même
vingt-quatre mille élèves. Akiba est un des quatre tanaites qui furent
ensemble le voyage de Rome (voy. Derenbourg, Hist. de la Palestine^
1, 3%). Il fit également d'autres voyages parmi les Juifs de la dispersion,
et prépara, dans la mesure de ses forces, la terrible insurrection à la
tète de laquelle se mit Bar-kochba (fils de Tétoile). Ce fut Akiba qui
donna au chef des insurgés (appelé Ben-Koziba) le nom sous lequel il
130 AKIBA — ALAGOQUE
est généralement connu , en lui appliquant le verset Nomb. XXTV, 17 : « une étoile (kùkftb) s'élance de Jacob. » On ajoute même qu'il s'écria en le voyant : « Voici le Messie. » Emprisonné par les Romains, dès le début de la révolta (*32), comme un des plus dangereux agitateurs, Akiba trouva moyen de rester en relation avec ses disciples et de répondre aux questions qu'ils lui posaient. Mais quand les Romains, vainqueurs de Bar-kochba, étouft*èrent les derniers restes de l'insurrec* tion dans des flots de sang, il fut une des premières victimes. Livré aux bourreaux qui devaient le faiie mourir au milieu d'atroces tortures, Akiba expira en répétant la profession de foi israélite : « Dieu est unique. » Il n'avait jamais rempli de fonctions officielles. On ne peut guère exagérer l'effet produit sur les contemporains par l'enseignement d'Akiba, et son école exerça une influence (considérable sur Tinteirprétation du Pentateuqueet les études rabbiniques dans les siècles suivants. Ses procédés exégétiques lui permettaient « d'abriter sous la parole du Pentateuque toutes les kalachot^ toutes les décisions rabbiniques. » Selon l'expression du Talmud, « il tirait de chaque coin ou angle des lettres des boisseaux entiers de décisions. » « Son système d'interprétation, dit M. J. Derenbourg, ne connaît pas les limites que l'usage de la langue établit... Tout mot qui n'est pas absolument indispensable pour rendre l'intention du législateur, ou pour établir le rapport logique entre les diverees parties de la même proposition ou entre les différentes propositions qui composent une loi, est destiné à élargir ou à restreindre le cercle de cette loi, à y faire entrer ce que la tradition ajoute, à en retrancher ce que la tradition exclut. » Akiba n'est point le premier qui ait compris de la sorte les textes sacrés, et il eut de nombreux successeurs, aussi bien chez les chrétiens que chez les juifs. — Voyez Derenbourg, Histoire de la Palestine, I, 38 1 ss.; Hamburger, Real- Encyclopaidie fur Bihel und Talmud j s. v. Akiba. A. Carrièie.
ALAGOQUE (Marie), que l'Eghse catholique appelle aujourd'hui la bienheureuse Marguerite-Marie, est surtout célèbre pour avoir fondé la dévotion au Siu^ré-Cœur de Jésus. Elle naquit le 22 juillet t647 dans le Wllage de Lauthecourt, diocèse d'Autun, fut baptisée le 25 juillet et eut pour marraine Madame de Saint-Amour, qui lui donna son prénom de Marguerite. D'après ses biographes, dès l'Age de quatre ans, elle aurait fait vœu de perpétuelle chasteté. A huit ans, elle perdit son père et fut mise en pension par sa mère chez les religieuses urbanistes de Charolles. Sa piété était si grande qu'elle put faire sa première communion à neuf ans. A la suite d'une cruelle maladie, elle se consacra à la Vierge et prit dès lors le prénom de )forie. Le 25 mai 1071, Marguerite Alacoque entra au couvent de la Visitation de Paray-le-Monial ; elle y prononça les vœux solennels le G novembre 1672. A partir de ce moment, les hallucinations auxquelles elle était en proie devinrent de plus en plus fréquentes; elle avait des entreliens presque continuels avec Jésus; elle le voyait, le touchait, portait sa croix et sa couronne d'épines, éprouvait les souffrances de sa passion. Ce fui en 1673 qu'elle s'imagina entendre le Seigneur lui demandant que le premier vendredi après l'octave du Saint-Sacrement fût consacré à une fête particulière
ALACOQUE - ALAIS 13i
en rhonneur de son cœur. La première fAle du Sacré-Cœur eut lieu dix ans après, en 1685, au couvent de Paray. Les austérités exagérées et les macérations avaient usé la santé de Marie Alacoque; elle mourut le 17 otlobre 1690. Le 24 juin 1864, Pie IX fit publier le décret qui permettaH de procéder à sa béatification. Marie Alacoque a laissé quelques petits écrits dont le plus connu est intitulé : /// dévotion au cœur dp Jésus (Voir J. Joseph Languef , La vie de /a vénérable rkère Mutyuerile^ Màrie^ Paris, 1729; Tabbé l)aras, Vie de la bienheureuse Marguerite- Marie^ Paris, 1875).
ALAIN. 11 existe un certain nombre d'ouvrages philosophiques et théologiques, les uns en prose, les autres en vers, qui passent pour être écrits par un docteur du moyen Age nommé Alain ; on mentionne ^.n outre plusieurs personnages qui ont port^ ce nom, principalement Alain de Lille, De insulis, Alain, év^^que d'Auxerre, Alain, du Puy, /h ftodios Tous les trois sont peu connus; il est arrivé qu'on les a confondus en^ semble, et qu'on a fait des biographies de Tun en y mêlant des détails emprudtés à celle des autres et en partie légendaires. Tout cela est encore fort obscur. Ce qui semble être le plus probable, c>sl qu'Alain, de Lille en Flandre, a vécu au douzième siècle, (ju'il a enseigné à Paris, qu'il s'est fait moine cistercien et qu'il a passé une partie do sa vie en Angleterre. On lui a donné, sans trop de raison, la qualification de docleur universel. Ses ouvrages les plus importants sont : un traité dogmatique en cinq livres, De arte cntholicœ fidei, où il procède suivant la méthode mathématique, en commençant par des définitions et en posant ensuite des théorèmes qu'il démontre et dont il tire des corollaires ; un poème allégorique et moral, Anti-Clnudianus sivede officio vi ri boni et perfecti; un autre poème, mêlé de prose, Plonctus naiurx, plaintes sur la corruption des contemporains. 11 convient peut-être de lui attribuer aussi sept livres iVExplatiafiones in prophetiam Merlini Britanni, Une Summa quadripartitn contra hœreticos (les Albigeois), Watdenses, judxoset paganos, dédiée au comte Guillaume de Montpellier et se trahissant comme écrite dans*^ la Fiance méridionale, est plutôt Tœuvre d^ Alain du Puy, dont on a retrouvé aussi, parmi les manuscrits de la bibliothèque d'Avranches, un traité moral. La Sumin » est une source {védeuse pour la connaissance des doctrines albigeoises et vaudoises. — Alani opéra omnia qux reperiri potueninf, cd, C. de Visch, Anvers, 1654, in-f«. Le traité />e nrte fidei, qui ne se trouve pas dans ce recueil, a été publié dans les Anecdota de Pez, t. 1, p. Il, p. 470 ss.; liist, litt, de la France, t. XVI, p. 396 ss., où il ne faut se méfier que des combinaisons biographiques ; Dupuy, Notice sur fa vie, les écrits et les doctrines cT Alain de Lille, 1850 (extrait des Mémoires de la Société des sdpnces de Lille)^ et du même, Alain de Lille, Eludes de philosophie seolastique^ Lille, 18o9. M. Dupuy croit pouvoir attribuer à Alain de Lille tous les ouvrages qui portent le nom d'Alain. Ch. Scumidt.
ALAI8 (Gard) [Alestum, AlestJ. I. L'église collégiale de Saint-Jean- Biptistc à Alais fut, en 1094, érigée en évéché sutl'ragant de Narbonne, k cause du grand nombre de « nouveaux catholiques, » dont il y avail^ ainsi qu'exposèrent, en i693, devant Tarchevéque de Narbonne les