ALBER — ALBERT LE GRAND
essaya d*amener Alber à sa manière de concevoir le sacrement, mais Alber se déclara pour celle de Luther et y resta fidèle. Quand, lors de rintérim, il dut quitter Reutlingen, le duc de Wurtemberg Tappela comme prédicateur à Stuttgard. Il resta dans cette position jusqu'à sa mort en 1570. Il a laissé peu de li\Tes; le principal de ses écrits est un catéchisme pour la jeunesse de Reutlingen.
ALBERT, dit LE GRAND {Alber tus Magnus)^ un des docteurs qui, au treizième siècle, ont illustré Tordre des dominicains. Fils d'un comte de BoUstsedt, il naquit vers 1193 à Lauingen, en Souabe. A Paris il étudia la philosophie^ à Padoue les mathématiques et la médecine. Dans cette dernière ville le général des frères prêcheurs, Jordan, le décida à entrer dans Tordre et à se vouer à la théologie. Plus tard, il enseigna avec un grand éclat dans divers couvents, entre autres dans ceux de Strasbourg et de Cologne, et depuis 1245 à Paris; en 1254 il fut élu provincial d'Allemagne, occupa pendant quelque temps la charge de prédicateur de la cour pontificale, magister sacripalatii, dut accepter en 1260, sur les instances du pape^ Tévêché de Ratisbonne, mais n'y resta que trois ans ; il résigna sa dignité et rentra dans son couvent de Cologne, où il mourut en 1280, âgé de quatre-vingt-sept ans. Aucun des docteurs du moyen âge n a possédé autant de connaissances qu'Albert, aucun n'a écrit autant de li\Tes que lui; ses œuvres, publiées à Lyon en 1651, remplissent 21 vol. in-f*; la seule énumération des titres occupe douze pages dans les Scriptores ordtnis prxdicat,, de Quétîf et Echard, t. I, p. 171 ss. Ses contemporains lui ont décerné, à meilleur droit qu'à Alain de Lille, le titre de Docteur universel; sachant tout ce qu'on pouvait savoir alors, il représente en quelque sorte l'encyclopédie du treizième siècle. La prodigieuse étendue de sa science lui procura même le privilège de passer pour sorcier ; quand il fut mort, la légende s'empara de son histoire; on raconte une foule d'anecdotes sur le pouvoir magique qu'il aurait exercé. Ses livres sont consacrés à la logique, à la métaphysique, à la psychologie, à la morale, à la physique ou histoire naturelle, à l'astronomie, à la médecine, à la théologie. Dans tout ce qu'il a écrit, on retrouve Aristote; c'était Aristote qu'il expliquait dans ses cours ; c'est à lui qu'il se rattache, au point qu'on a pu par dérision le qualifier de Simia A7'istotelis. 11 a même pris comme étant de ce philosophe ce qui n'appartenait qu'à ses commentateurs arabes, qu'on venait d'introduire dans le monde latin ; de là ce mélange de notions platoniciennes et néoplatoniciennes avec celles du péripatétisme, dont on est frappé dans beaucoup de ses livres, mais qui a été tout à fait inconscient chez lui. Dans sa théologie on ne peut signaler que fort peu d'idées originales; il a eu de la patience et de Térudition, mais il a manqué de génie. S'il a un mérite c'est d'avoir osé, comme Tavait déjà fait Alexandie de Halès, revenir à Aristote, dont au commencement du siècle l'Eglise avait défendu l'étude; ce mérite est très-relatif, car en appliquant la méthode et les idées d'Aristofe à la théologie, Albert a rendu à cette dernière un service qui lui a peu profité. On rencontre chez lui quelques-uns des éléments du mysticisme, et les mystiques du quatorzième siècle le citeront souvent dans leurs écrits; mais ces élé-