‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 60 sur 226 · ALBERT DE MA YENGE — ALBERT DE BRANDEBOURG · texte numérisé non relu

ALBERT DE MA YENGE — ALBERT DE BRANDEBOURG

conçut un niomenl Tospoir de gagner lo prélat à la Réforme; il avait ouvert la cathédrale de Mayence à la prédication évangélique de Capiton et donné Thospitalité à Ulric de Huttcn ; Luther, qui pourtant ne partagea jamais cette illusion, l'engagea (1525) à se nifirier et à séculariser son électoral ; mais le cardinal n'avait pas le caractère assez fortement trempé pour une aussi gi'ande entreprise. Il aimait et protégeait les lettres et les sciences et ne manquait pas d'une certaine culture. Libéral et fastueux, doux et bienveillant, il a été un Léon X allemand, protégeant les arts religieux, ornant les églises, collectionnant des reliques et se plaisant à dire : Dilexi décorent doinus Dei, 11 eût volontiers consenti n une réforme disciplinaire et scientifique, dans le sens de son ami Erasme; mais, comme» Léon X, il était frivole et con'ompu, privé de tout sens moral et manquant absolument de convictions religieuses. C'est lui qui appela le premier les jésuites en Allemagne. Il mourut à Mayence, le 2^1 septembre i5i5. Ch. Pfender.

ALBERT DE BRANDEBODRO, premier duc de Prusse, était le troisième des dix fils du margrave Frédéric. Né le 47 mai H90, il entra le 13 février 1511 dans l'ordre teutonique dont il devint grand maître le jour suivant. A l'exemple de son prédéc(»ss(îur, il refusa d(» prêter serment à son oncle Sigismond, roi de Pologne; la guerre éckta en 15i9. Après des alternatives de succès et de revers, Albert, qui n était p.is un grand capitaine^ dut se résigner (1521) à une trêve de quatre ans, et ci^der à la Pologne onze villes avec leurs territoires. Pour obtenir Fappui de l'Allemagne, il se rendit (1522) à la diète de Nuremberg, et c'est dans cette ville qu'il fut amené à la connaissance de l'Evangile par les prédications dWndré Osiander, « son père sf)irituel. » En 1524, il vit Luther à Wittemberg, et le réformateur lui conseilla « de répudier la règle absurde et confuse de son ordre, de se marier et d'ériger la Prusse en duché. » Le prince» sourit et ne répondit rien ; mais ce conseil lui plut. Hesté en rapport avec Luther, devenant chaque jour plus ferme dans sa foi, voyant d'ailleurs qu'il n'avait aucun secours à espérer de TAUemagne et sur de ra|)probation de son peuple, Albert prêta serment à Sigismond, le 10 avril 1525, et sécularisa les biens de l'ordre. Déjà la Réforme avait pénétré dans la Prusse, sous les auspices de revêtue de Samland, George de Polenz (depuis 1523), assisté de Jean Brismann et de Paul Speratus. Dès 152tî, elle fut établie dans tout le duché, sauf TErmland. Sur le «conseil de Luther, Albert se m<u*ia, le 24 juin 152(i, avec Dorolliée, fille du roi Frédéric V^ de Danemark, laquelle, « si elle n'avait été (]u'une pauvre servante, n'aurait pu être plus humble, plus fidèle et d'un amour plus inaltérable. » Quelques chevaliers de l'ordre, qui avaient n;lus«î d'accepter la secularisiition. se joignirent à ceux de l'Allemagne et élurent grand maître Walte; de Cromberg. Albert fut cité devant Tempereur, sous l'accusation d'apostasie et de spoliation. iMalgré les efforts du roi de F^ologne, il fut mis au ban de l'empire (1531 ). En 1531, il entra dans la ligue de Smalcalde. Il travailla constannnent à améliorer l'étal des églises et des écoles; il eut une correspondance suivie avec les hommes principaux de la Reforme (tels que Luther, Mélanchthon,Camerarius, Bugenhagen,

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