ALBERT DE BRANDEBOURG — ALBRET
Jonas, Brenz, Spalatin, Osiandor oi antres) ci avoc les savanls les plus célèbres de son temps. Luther l'appelle principmi Evangelio studiostêsimum^ herœm inclytum^ cui donafum est eodem apiritu ut cogitet qum principe dignà mnt. En \bAA, il fonda Tuniversité de Kœnigsberg; jamais il ne voulut consentir à introduire rintérini dans ses Etats. La vieillesse d'Albert fut attristée par des intrigues politiques et des disputes religieuses (sur le baptême contre Gnapheus; sur la justification par la foi contre Osiander). Fatigué, brisé, voyant son fils infirme de corps et d'esprit et incapable de régner, mené par un favori escroc et faussaire, Paul Scalich, il se vit enlever toute autorité par une commission polonaise que soutenait la noblesse; son confesseur, Jean Punk, fut décapité et plusieurs de ses conseillei*s condamnés. Albert mourut le 20 mars 1568, Agé de soixante-dix-huit ans, après avoir régné cinquante-sept ans, dont quarante-trois comme duc de Prusse (Bock, Leben des Margrafen Albrecht ; Voigt, Geschichte Preussens),
Ch. Pfrnder.
ALBI (Tarn) [Cii^itas Albigensium, Albiga, Albin], jadis évêché suflPragant de Tarchevéché de Bourges, connu depuis le cinquième siècle depuis 1678 archevêché, ayant pour suffragants, avant 1790, les évéchés de Gahors, Ciistres, Mende, Rodez et Vabre, et depuis 1822 ceux de Cahors, Mende, Perpignan et Rodez. En 1790, Albi redevint simple évêché, lequel fut supprimé de 1802 à 1822. Un synode, réuni a Albi en 1^4, renouvela les prescriptions de celui de Toulouse (1229), en organisant Tinquisition dans toutes les paroisses (Mansi, XXIll, 829 ss. : Hefele, VI, p. 40 ss., trad. fr., VIII, p. 401 ss.). L'é^çlise cathédrale de Sainte-Cécile, en briques, est un remarquable modèle d'église fortifiée. Elle a été construite de 1282 à 1512. L'église collégiale de Saint-Salvi (treizième siècle) conserve le nom d'un saint évéque, mort en 584 {Gallia cAr., l; dWuriac, Hist. de la cathédr. et des évèques d'Albi, 1858).
ALBIGEOIS. Voyez Cathares,
ALBIZZI (Barthélémy), moine franciscain, plus connu sous le nom \2Aiti ÙB Bartholomxus Albicius Pisanus, est Tauteur du Libei* confornà" tatum sancti Francisai cum CArw/o, ouvrage dont la première édition parut, vers la fin du quinzième siècle, à Venise, sans date et sans nom d*imprimeur, et qui a été réimprimé depuis en divers lieux avec des changements et sous diftérents titres. L'auteur y a recueilli sans discernement et reproduit, avec une exagération que son enthousiasme pour la mémoire du fondateur de son ordre ne suffit pas à excuser, toutes les légendes, même les plus bizarres, relatives à saint François d'Assise. Outre quelques recueils de sermons^ on attribue encore à Albizzi un Liber conformi tatum Virgifiis Marita mm Christo, Med., 1496, in-4", plein des mêmes exubérances d'une piété mystique unie à une imagination désordonnée.
ALBiŒT (Maison d';. Cette maison. Tune des plus illustres du midi dp la France, tirait son nom de la petite ville d'Albret, aujourd'hui Labrit, et eut pour chef Amanieu, sire d'Albret, mort en 1060. La sirif d'Albret comprenait une partie du territoire dont on a formé les dé-
parlements du Gers et des Landes. Jean II d*Albret, ayant épousé en 1484 Catherine de Foix, héritière du trône de Navarre, ce royaume fut acquis à la maison d*Albret, qui régna dès lors sur la Haute- Navarre (Pampelune, Estella, Tudela, Olite, San Guesa), la Basse- Navarre (SaintnJean-Pied-de-Port), le Béarn (Pau, Orthez, Oleron, Lescar, Navarreins), le comté de Foix (Foix, Pamiers, Tarascon, Mazères) et la sirie d'AJbret (Nérac, Mont-de-Marsan, Tartas). Le mariage de Henri II d'Albret avec Marguerite de Valois, sœur de François I*' et veuve du duc d'Alençon, et celui de sa fille Jeanne d'Albret avec Antoine de Bourbon apportèrent de plus à la couronne de Navarre les duchés de Vendôme, d'Alençon et de Berry, les comtés de Marie, du Perche, d'Armagnac^ de Rodez, de Comminges, etc., et quelques autres seigneuries, mais ce ne fut qu'une faible compensation de la perte de la Haute-Navarre ou Navarre espagnole, dont s'était emparé Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon, avec Tappui du pape Jules U, qui avait excommunié Jean IL — Les membres les plus connus de la maison d'Albret sont les suivants : Arnaud^ vicomte de Tarbes, grand chambellan de Charles V; Charles^ son fils, connétable en 1402, du parti d'Armagnac et tué à la bataille d'Azincourt (1415); Jean 11^ déjà nommé, prince d'un esprit médiocre, d'un caractère insouciant et crédule. C'est sous lui que s'opéra le démembrement de la Navarre (1512). Catherine de Foix, sa femme, ne lui ressemblait en aucune manière. Elle était pleine de courage et de résolution. Jean, qui vivait dans la mollesse, n'avait rien fait pour défendre la Haute-Navarre et il s'enfuit de Pampelune à l'approche de Tarmée du roi d'Aragon. Indignée, Catherine refusa de le suivre, en s' écriant : « Allez, vous avez été Jean d'Albret et vous redeviendrez Jean sans royaume. » Plus tard elle lui disait souvent : « Don Jean, si nous fussions nés, vous Catherine et moi Don Jean, nous n'eussions pas perdu la Navarre. » Henri 11^ fils et héritier de Jean, n'avait que quatorze ans quand il perdit sa mère (1517), qui l'avait fait élever avec le plus grand soin. U parut tout d'abord fort supérieur à son père. Brave, magnifique, il s'exprimait avec grâce et facilité. Aidé de Lautrec, général de François I«r, il reconquit la Navarre espagnole, mais il ne put la conserver et cette province fut perdue à jamais pour sa couronne. 11 n'en demeura pas moins fort reconnaissant envers le roi de France du concours qu'il lui avait prêté, combattit courageusement à ses côtés à Pavie (1525) et partagea son triste sort. Ses sujets réunirent 31,000 écus d'or pour sa rançon, mais Charles-Quint, n'ayant pas trouvé la somme suffisante, Jean de Gassion, qui l'avait apportée du Béarn, s'en servit pom* corrompre les geôliers de son maître et réussit à le faire évader. Pour prix du dévouement et de la valem* de Henri II, François l«r lui accorda la main de sa sœur Marguerite (24 janv. 1527). L'âge des deux époux était assez disproportionné. La nouvelle reine avait trente-cinq ans et son mari xingtquatre seulement. Marguerite fut accueillie avec joie piu» les Navarrais, car elle apportait une grande alliance, un domaine considérable et, ce qui frappe plus encore les multitudes, beaucoup d'affabilité et de grâce. Secondant puissamment son mari dans le gouvernement de ses Etats,
ils s'appliquèrent ensemble à organiser une bonne police et à protéger Fagriculture et Findustrie. Ils construisirent également le magnifique château de Pau. Marguerite, qui'penchait vers les idées luthériennes, les favorisa de tout son pouvoir à sa cour. Ce fut auprès d'elle que se réfugia Clément Marot, compromis dans Taffaire des placards, Calvin (1534), le savant et infortuné Etienne Dolet, le pieux professeur Lefèvre d'Etaples qu'elle pourvut de labbaye de Clairac, et Gérard Roussel, qu'elle fit nommer évêque d'Oleron. Egalement passionnée pour les lettres, elle accueillit avec empressement plusieurs écrivains et littérateurs, tels que Des Perriers, Claude Gruget, Antoine Du Moulin, Jean de la Haye (Silvius) et d'autres encore. Le roi de Navarre, homme naturellement rude, ne comprenait pas cette communion morale et intellectuelle que Marguerite entretenait avec ces hommes d'élite et lui en témoigna un jour un tel mécontentement qu'il la souffleta en lui disant : « Madame, vous voulez trop savoir. » Marguerite néanmoins parvint à le ramener à des sentiments plus chrétiens et plus doux, et on le vit chanter comme la reine les psaumes de Marot, écouter le prêche et assister à la célébration de la Cène. François W étant mort sur ces entrefaites, Marguerite en eut un tel chagrin qu'elle ne lui survécut que deux ans. Elle mourut en 1549, vivement regrettée de ses sujets et également de son mari, qui avait apprécié à la longue ses rares qualités d'esprit et de cxBur. Quant à ce dernier, il nourrissait toujours l'espoir de recouvrer la Haute-Navarre. Par sa sage administration, il s'était ménagé d'importantes ressources sans pressurer son peuple, et allait tirer l'épée quand il mourut en Gascogne, âgé seulement de cinquante-deux ans. Ses sujets le pleurèrent, car sous la rudesse de son caractère « il portait, dit Th. Muret, le cœur d'un souverain, la « conscience de ses devoirs royaux, le vrai sentiment populaire, la rigide « droiture d'un bon justicier qu aucune considération n'arrêtait. » Il eut de Marguerite quatre enfants, trois filles et un fils, dont un seul survécut, Jeanne. Née le 7 janvier 1528, Jeanne d'Albret n'était âgée que de deux ans et quelques mois quand François !«■, qui avait sacrifié à l'Espagne par le traité de Cambray les intérêts de la maison de Navarre et craignait que Henri II ne se rapprochât de son ancienne ennemie, exigea que la future héritière du trône de Navarre fût élevée sous ses yeux au château de Plessis-les-Tours. Cette contrainte toutefois ne nuisit en rien à l'éducation de la jeune princesse dont tous les maîtres furent choisis par sa mère. Douée de beaucoup d'intelligence, d'une heureuse mémoire et d'une raison supérieure, la jeune Wle fit de rapides progrès dans ses études et apprit non-seulement le français, le béarnais et l'espagnol, mais encore le latin et le grec. Quand elle eut douz(î ans, François V^, poussé encore par des vues politiques^ la maria contre son gré et celui de ses parents avec le duc Guillaume de Clèves et de Gueldre, ennemi de Charles-Quint (15 juillet 1540). Ce mariage de pure forme et tout politique fut annulé par le pape trois ans après, à la suite des revers et de la défection du duc de Clèves. François l^ reprit alors un projet qu'il avait conçu précédemment, celui de marier Jeanne avec Antoine de Bourbon, duc de
Vendôme, pour qui du reste elle avait un secret pen(*Jmnt et dont elle éluii aiuiée. Henri H souleva d'abord quelques objeclions tirées de la prodigalité bien connue d'Antoine, niiûs il finit par céder [^) oct. 1548) sur la promesse que lui lit François b'^ de s'employer de tout son pouvoir à le rétablir dans ses Etats de delà les monts. Jeanne perdit Bucxessivement deux fils, mais elle eut le bonheur d'en conserver un troisième qui naquit à Pau le 13 déc. iri53 et devint le voi Henri IV. Le jeune prince fut élevé comme un enfant béarnais. On le plaça en nourrice à la campagne et, comme il était d'une constitution robuste, il acquit une grande vigueur, en même temps que se développèrent chez lui le courage et cette vivacité qui ne l'abandonnèrent jamais. Son grand'père se plaisait à dire qu'il serait un Ifo» généreux. Jeanne eut encore deux filles, mais une seule survécut, Catherine, née le 7 fév. 4659. Dès après la mort de Henri II d'Albret, dont elle était l'unique héritière, le roi de France Henri II, qui voulait la dépouiller de ses domaines, lui ofirit, en échange de leur cession, des terres écjuivalentes situées dans rintérieur de la France, mais elle sut pan»r habilement le coup et abrita son refus derrière la répugnance insurmontable des états gêné-raux de son royaume, quelle convoqua à cet etiet et qu'elle avait eu le soin de gagner d'avance à sa cause. Connue Marguerite sa mère, Jeanne favorisa la Réforme. Son mari fit de même et allait plus loin encore, car il ne voyageait jamais sans son aumônier. Cette», cxmduite rendit Jeanne sus|>ecte à la cour i\v France, mais, douée d'une énergie supérieure à son sexe, elle demeura ferme dans sa foi et repoussa toutes les tentatives que fit le cardinal Georges d'Armagnac pour introduire l'inquisition dans ses Etats. Après l'entreprise d'Aml>oise^ son mari fut arrêté et une armée espagnole se mit en marche pour envahir ses domaines, mais la mort, de François II changea subitement la face des choses. Antoine de lk)urbon fut nommé lieutenant général du royaume et fit venir à Paris sa fennne et ses enfants. Ce bonheur fut de couile durée. Habilement circonvenu et fiatté dans les plus viles lussions, Antoine renia sa foi, se mit à la tête du parti catholique et « tout ce que les larmes de sa femme purent obtenir de lui, dit Varillas, fut d'aller dans sa principauté de liéarn vivre à la calviniste » (juil. 1?)()2). Jeanne n'eut garde de s'y soustiah^e. Elle fit venir une vingtaine de ministres, qui |)arlaient le basque et le béarnais^ yiour annoncer l'Evangile à ses peuples dans les deux langues, transforma les églises en temples et les monastères en écoles, employa les revenus ecclésiastiques au soulagement des pauvres et à l'entretien des pasteui*s, et transféra Tacadémie de Lescar à Oilhez et y appela des professeurs distingués. Mais où elle déï)assa les limites et ne comprit point les conditions de la liberté, c'est loi'squ'elle défendit l'exercice public de la religion romaine dans ses Etats. La mort d'Antoine de Bourbon (17 nov. 1562), qui ne fut sincèrement pleui'é que par elle, ne changea rien à ses desseins, et elle sut préserver ses Etats des atteintes des deux premières guerres de religion. Mais ses eimemisne sommeillaient point. Le cardinal d'Armagnac, poussé par le pape Pie IV, lui écrivit de revenir à la religion de ses pèi'es. Sur son refus, le souverain pontife