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la cita à comparaître devant le tribunal de Finquisition (28 sept. 1563). Mais Charles IX, instruit des faits et conseillé par le chancelier de L*Hospital, fit des représentations au pape, qui consentit à révoquer sa bulle. La troisième guerre de religion ayant éclaté (-25 août 1568), Jeanne ne put plus compter sur la protection du roi de France et se vit obligée de chercher un asile à la Rochelle avec son fils Henri de Navarre qui, à dater de cette époque, ne quitta plus les armées protestantes. Elle-même prit une vive part à la lut le, engageant toutes ses pierreries poiir la soutenir , relevant le courage des chefs lorsqu'ils étaient trahis par la victoire, visitant les hôpitaux, pansant les blessés, déployant une activité surhumaine pour refaire des armées et trouvant au milieu de ses occupations viriles le temps de composer des écrits en faveur de la cause, d'encourager les lettres et de broder d'admi-» râbles tapisseries, qui sont restées célèbres. Ses sujets avaient été soulevés par Tordre de Gl^arles IX, mais son lieutenant Montgomméry, qu'elle envoya en Béam, fut assez heureux pour remettre^ toutes choses en leur ancien état. La paix ayant été signée en août io70, Charles IX mit tout en œuvre pour attirer Jeanne et son fils à la cour. Douée d'une rare perspicacité et d'une connaissance profonde des hommes et des choses, la reine de Navju're était remplie de sombi-es pressentiments, mais obsédée par le roi, qui lui otfrit sa sa»ur Marguerite pour femme de son fils et Téventualité d'une déclaration de guerre à l'Espagne, qui lui permettrait de ressaisir ses domaines de delà les monts, elle finit par céder et, après être retournée dans ses Etats, elle arriva à Paris en mai l.">72. Elle n'y était que depuis quelques semaines quand elle mourut d'une manière presque subite à l'Age de quamnte-quatre ans (9 juin 1572). Davila, l'Etoile, d'Aubigné, les Mémoires de Charles IX, Olhagaray et d'autres graves historiens assurent qu'elle fut empoisonnée. Elle montra à ses derniers moments la plus entière soumission à la volonté de Dieu. Dans son testament, qu'elle dicta d'un esprit ferme et lucide, elle supplie son fils de persévérer dans la religion évangélique et « d'y conformer ses mœurs, » lui re(;onimaride de servir de père à sa sœur Catherine, d'aimer le prince de Conde comnnî son frère, et le fait son héritier universel. Elle prie en même temps le roi et la reine mère de prendre ses enfants sous sa garde et de leur permettre le libre exercice de leur religion. Enfin elle termine en instituant le cardinal de Bourbon, son beau-frère, et Tamiral Coligny ses exécuteui^s testamentaires. « Ainsi mourut cette reine, dit d'Aubigné, n'ayant de femme que le sexe, Tâme entière aux choses viriles, l'esprit puissant aux grandes aiTaires, le cœur invincible aux adversités. » — Voyez Haag, La France protestante; Théod. Muret., Uisl, de Jeanne d'Albret^ etc., 1862.
E. Arnaud.
ALGAHTARA (Ordre d'). La fondation de cet ordre est attribuée à quelques chevaliers de Salamanque qui, l'an 1156, se mirent à guerroyer contre les Maures aux environs de Ci udad- Rodrigo sur la frontière de Portugal, ayant à leur tête un nommé Don Suero. Pour renforcer les liens de leur compagnonnage ils se décidèrent à fonder une association militaire et religieuse à l'imitation de l'ordre du Temple el de
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THôpital. Ils obtinrent à cet effet Fapprobation de leur évêque diocésain D. Ordono qui leur donna une règle tirée de la règle de Ctteaux. Le nouvel ordre s'intitula d'abord San-Julian del Perero du nom d'un ermitage situé sur les bords de la Coa, à huit lieues de Giudad-Rodrigo, auprès duquel les frères avaient construit un fort. En 4217, le roi Alphonse IX ayant conquis la ville d'Alcantara sur les Maures en fit donation à D. Martin Fernandez, maître de Calatrava, qui, dans Timpossibililé de tirer parti de cette donation, la céda aux chevaliers de San- Julian del Perero qui dès lors prirent le titre de chevalier^ d'Alcantara. Le but de Tordre, tel qu'il fut défini par les bulles d'Alexandre III et de Célestin lll, était la défense de la foi chrétienne contre les infidèles, en particulier contre les musulmans d'Espagne. Les chevaliers faisaient les trois vœux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté. Plus tard ils furent autorisés à se marier, mais ils eurent en revanche à défendre le dogme de l'immaculée conception de la Vierge. En 1494, les rois catholiques, Ferdinand et Isabelle, par un accord passé avec le grand maître Juan de Zuniga, attribuèrent à la couronne la maîtrise de l'ordre d'Alcantara, comme ils l'avaient fait deux ans auparavant pour les deux autres ordres militaires de Calatrava et de Santiago. Dès lors les affaires de l'ordre furent administrées par le pouvoir royal, aidé du conseil spécial des ordres militaires. Après l'occupation française du commencement de ce siècle, l'ordre d'Alcantara perdit le peu d'importance que lui avaient assuré jusqu'alors ses propriétés territoriales. Ce n'est plus maintenant qu'une décoration militaire. — Bibliographie : Difini" ciones y establecimientos de la orden y cavalleria d'Akantara^ Madrid, 1609, in-fo (il y a une édit. antérieure de 1569 et une édition augmentée de 1662) ; Privilégia selectiora militix sancti Iuliani de Peretro (hodie de Alcantara) cisterciensis ordinis, etc, opéra IK*» Fr. loannis Calderon de Robles, Matriti, 1662, in-f»; Coronica de la orden de Alcantara que en su principio se llamo de San Julian del Peretro y de Truxillo, por el lie**® D. Fr. Alonzo de Torres ; 2 t. in-f», s. 1. n. d. Cet ouvrage ne mène l'histoire de l'ordi'e que jusqu'en 1516.
ALCHIMIE. Voyez Sciences occultes.
ALGUIN, ou, comme il aimait à s'appeler, Albinus, naquit vers 735 à York ; il suivit l'école attachée à la cathédrale de cette ville et dirigée par le prêtre Aelbert, qui était renommé pour son savoir. Quand Aelbert, qu'il accompagna lors d'un voyage à Rome pour y chercher des manuscrits, fut devenu archevêque d'York, il lui succéda dans la direction de l'école. En 780, à la mort d'Aelbert, le nouveau prélat Eanbaldy désirant avoir le pallium, chargea Alcuin d'aller le demander au pape. En revenant de Rome, en 781, le savant anglo-saxon se rencontra à Parme avec Charlemagne, qu'il avait déjà vu dans une occasion précédente. Le roi, qui aimait à attirer en France des hommes instruits pour lui aider à relever le clergé et la nation de leur ignorance» l'invita à s'établir auprès de lui. Il y consentit ; dès 782 il vint à la cour avec quelques-uns de ses disciples. Il devint, selon l'heureuse expression de M. Guizot^ le ministre intellectuel de Charlemagne, qui pour le retenir lui donna Tabbaye de Ferrières, et celle de Saint-Loup à