‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 76 sur 226 · ALLÉGORIE · texte numérisé non relu

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la parabole plus simple, plus naturelle, est plus ancienne; que lallégorie, œmTe plus artificielle et plus délicate, suppose plus de réflexion ou un état philosophique plus avancé. L'histoire de la brebis du pauvre que Nathan raconte à David coupable est une belle parabole ; le psaume LXXX contient une parfaite allégorie. La différence signalée ici est si juste que la parabole, à son tour, peut être interprétée comme une allégorie. L'histoire du bon Samaritain ne devait d'abord mettre en lumière qu'une idée morale : « Celui-là est notre prochain qui a besoin de nous. » Au moyen âge, elle devint l'histoire mystique de la deslinée humaine. Le pauvre blessé, c'est l'homme; les voleurs sont les espnts du mal. La route de Jérusalem à Jéricho représente celle de la vie. Le lévite et le sacrificateur sont la loi et les prophètes; le bon Samaritain, c'est Jésus; l'auberge, c'est l'Eglise, etc. — L'allégorie, comme la parabole, fut un mode d'enseignement cher aux Orientaux. Elle se rencontre dans la prédication des prophètes k^ côtiî d'actes symboliques qui ne sont que des allégories en action, dans les apocalypses où ce style à double entente a sa place toute naturelle. Dans le Nouveau Testament elle est plus rare. Jésus ne l'a pas employée. L'auleur du quatrième évangile, par un eff'et de sa méditation intense, semble bien par moments élever la parabole jusqu'à l'allégorie et le miracle jusqu'au symbole (Jean X, XV). Mais la parabole primitive se laisse encore reconnaître. L'allégorie n'apparaît guère dans le Nouveau Testament que comme moyen d'interpréter l'Ancien (Gai. IV, 24 ss. ; Rom. Vil, 1-5; 1 Cor.V, 7; Hébr. îll, 6; IX, 8, etc.). Ce procédé d'interprétation a joué un rôle capital dans l'histoire des doctrines religieuses. Les Orientaux ne l'ont point inventé ; l'interprétation allégorique est un fruit de la subtilité de l'esprit grec. Déjà du temps de Socrate et de Platon, les philosophes, scandalisés de la conduite des dieux et des déesses de l'Olympe, expliquaient allégoriquement les poèmes d'Hésiode et d'Homère. Les stoïciens d'abord, les néoplatoniciens et les gnostiques plus tard se distinguèrent par leur habileté à trouver dans les mythes anciens les vérités cachées de la philosophie de la nature. Quand les Juifs d'Egypte entrèrent en contact avec la sagesse grecque, leur premier souci fut de concilier cette philosophie avec leurs révélations mosaïques. Ils prétendirent que les Grecs avaient jadis connu le Pentateuque et en avaient tiré leurs doctrines. Aristobule d'abord (160 av. J.-C.),Philon ensuite (40 av. J.-C.), les retrouvaient toutes dans l'Ancien Testament par l'interprétation allégorique. Les quatre fleuves du Paradis devenaient les quatre vertus cardinales de Platon ; Abraham parmi les Chaldéens, c'était l'âme enfermée dans le monde des sens. La vraie patrie de Jacob était la parole de Dieu à laquelle l'homme doit toujours revenir ; Esaii représentait l'appétit grossier de la chair, etc. Toute l'histoire d'Israël devenait ainsi une allégorie métaphysique ou morale. De l'Egj^pte ces habitudes d'interprétation passèrent de très-bonne heure en Palestine, chez les esséniens, qui auraient bien pu y arriver tout seuls par leur tendance mystique, et chez les rabbins qui ne se privent pas non plus de ces commodes ressources. Il ne faut pas douter que Paul n'y fût devenu très-habile à Fécole de Gamaliel. De là viennent

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le traces que nous en trouvons encore dans ses épîtres. 11 devait en faire un bien plus grand usage dans sa prédication. Les Pères de FEglise trouvaient l'Evangile dans T Ancien Testament de la même manière que Philon y trouvait h^ platonisme. A cet égard l'école chrétienne d'Alexandrie est la fille directe de Técole juive qui l'avait précédée. La méthode allégorique reste attachée au nom d'Origène, parce que ce grand esprit a essayé de la fixer et de la définir eu en donnant les principes et les règles. A ses yeux TEcrilure était un organisme semblable à lorganisme humain. Comme dans Thomme nous décou>Tons trois principes : le corps matériel, TAme vitale, l'esprit divin; de même l'Ecriture a trois sens liés enseml)le mais distincts et correspondant à ces trois degrés : le sens littéral, le sens moral ou psychique, et le sens métaphysique ou divin. Ce (lernier ne peut être atteint et dégagé que par Tinlerprétation allégorique (voy. Fart. Berméîieutique). Cette méthode tout à fait arbitraire a disparu de Texégése scientifique. On ne la rencontre plus guère que dans les homélies des prédicateurs. A. Sabatier.

ALLE6RI (Grégoire), compositeur de musique sacrée de la famille du Corrége (Antonio Allegri). Né à Rome vers 1560, élève de Jean-Marie Nanini, il fut d'abord attaché comme chantre compositeur à la cathédrale de Fermo. En 10:29, le pape Urbain VIII le nomma chapelainchantre de la chapelle pontificale, dont il resta membre jusqu'à sa mort, en 1652. Il était, selon Andié Adami, d'un caractère excellent et d'une charité exemplaire, visitant chaque jour les prisonniers pom* leur distribuer tout ce qu il avait. Allegri est Fauteur d'une foule de concerts et de motets à deux, trois et quatre voix, mais il doit principalement sa réputation à\i Miserere h deux chœurs (l'un à quatre voix, l'autre à cinq) qu'il composa sur la demande du pape et qui se chante encore aujourd'hui à la chapelle Sixtine pendant la semaine sainte. Ce morceau d'une grande simplicité est à peu près incompréhensible à la lecture. Il ne produit son effet que s'il est chanté selon la tradition du maître, et ce n'est guère qu'à Rome qu'on en possède le secret. Alors il émeut puissamment par la profondeur de sa mélancohe et sa tristesse religieuse d'une suavité particulière. La réputation de ce chant célèbre le fit considérer en quelque sorte comme sacré. Il étiiit défendu sous peine d'excommunication d'en prendre ou d'en donner copie. Cepeiidant Mozart l'écrivit de mémoire après l'avoir entendu deux fois. Plus tard, le docteur Bumey se le procura et le publia à Londres en 1771. Le Miserere d'Allegri est resté le morceau classique du genre. Il est le seul avec celui de Thomas Bd et de l'abbé Baini que Fon exécute pendant les trois matinées dites des ténèbres à la chapelle Sixtine. Si Allegri n'atteint pas au sublime de Palestrina, il se distingue par un art accompli dans l'ordonnance des voix et un rhythme heureux qui fait ressortir les paroles. 11 a su introduire dans la musique religieuse quelque chose de la morbidesse, de la grâce et de Fémotion, que son parent plus illustre le Corrége a su mettre dans la peinture à fresque. E. Schuré.

ALLÉLUIA [hallelou-iah, àXXiQXoufa], deux mots hébreux qui signifient : Louez le Seigneur. Cette formule liturgique se trouve un grand

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nombre de fois dans les psaumes. D'après le rituel fixé par le Talmud, on chantait dix-huif fois par an, dans le culte public et en particulier pendant le repas pascal, le grand haltel, c'est-à-dire une coniposilion musicale qui comprend les psauniPsCXlIl àCXVIlI, commençant ou finissant tous par le mot alléluia, et qui déjà dans la version alexandrine porte Finscriplion : àXXrjXsuîa ; on entonnait plus fréquemment encore le pelit hallel{?s. CXV, 1-12; CXVl, l-i |). — Dans la liturgie de TEglise catholique, on donne le nom d'alléluia à un ou plusieurs versets des psaumes chantés pendant l'office de la messe entre l'épllre et l'évangile, c'està-dire au graduel (voy. cet article). Le mol alléluia qui les termine marque le degré culminant de l'adoration : les dernières syllabes résonnent en longues modulations, comme une jubilation qui ne peut finir. L'Eglise grecque mêla l'alléluia à toutes ses cérémonies; il fut introduit dans TEglise latine par saint Jérôme ; mais, encore du temps de saint Augustin IJ^p-, 119), il ne figurai! que dans la liturgie du jour de Pâques. C'est Grégoire I^^qui ordonna qu'on le chanterait toute Tannée, et cette coutume s'est conservée jusqu'à ce jour. Le chant de Talléluia n'est supprimé que dans l'office et dans la messe des moris. ainsi que pendant le carême; par contre, la liturgie de la messe du samedi après Pâques jusqu'au dimanche de la Pentecôte renferme jusqu'à quatre alléluias consécutifs. Sidoine Apollinaii^e rapporte que les rameurs entonnaient à haute voix l'alléluia pour s^exciter à la manœuvre.

ALLEMAGNE. (Stiilislique ecclésiastique). L Les plus importants des Etats de l'Allemagne auront leurs articles spéciaux dans le cours de l'ouvrage. Pour eux, nous nous bornerons ici à des chiffres et à un renvoi. Pour les Etats moins considérables, nous entrerons dans quelques détails de plus, et nous terminerons par quelques indications générales.— 1. Royaume de Prusse et duché de Lauetibourg (v. l'art. Prusse), 24,691,058 habitants (1871) : lG,Oil ,215 protestants; 3,268,309 catholiques romains ; 1 ,565 catholiques grecs ; 52,338 membres de sectes chrétiennes; 325,565 israélit es ; 85 ressortissants d'autres cultes; 4,410 individus dont le culte n'a pu être constaté. — 2. Royaume de Bavière (v./?at;2ère),4,813,450habitants(i871): 1,342,592 protestants;3,46i.3U catholiques romains ; 246 catholiques grecs; 5,207 membres de sectes chrétiennes;. 50,66-2 Israélites; 15 ressortissants d'autres cultes; 364 individus dont le culte n'a pu être constaté. — 3. Royaume de Saxe (v. Saxe), 2,551,244 habitants (1871) : 2,493,556 protestants ; 53,642 catholiques romains ; 554 catholiques grecs ; 4,339 membres de sectes chrétiennes; 3,357 Israélites; 19 ressortissants d'autres cultes; 777 individus dont le culte n'a pu être constaté. — 4. Royaume de Wurtemberg (v. Wurtemberg), 1,818,539 habitants (1871) : 1^,248,860 protestants: 573,542 catholiques romains; 3,857 membres de sectes chrétiennes: 25,373 israéliles ; 3 ressortissants d'autres cultes; 166 individus dont le culte n'a pu êtie constaté. — 5. Grand-duché de Bade (v. Bade), 1,461,562 habitants (1871) : 491,008 protestants; 942,560 catholiques romains; 182 cathijliques grecs; 2,083 ressortissants de sectes chrétiennes ; 15,703 Israélites ; 2 ressortissants d'autres cultes ; 24 individus

dont le cullo n'a pu Atre constaté. — 6. Grand-duché de H esse y 852,8fti habitants : 585,399 protestants ; 238,080 catholiques romains ; 18 catholiques grecs; 3,855 membres de socles chrétiennes; 25,373 Israélites; 3 ressortissants d'autres cultes; 166 individus dont le culte n'a pu être constaté. Les protestants hessois étaient pour la plupart (410,000) luthériens; les 175,000 autres réformés. Les deux confessions ont été unies en 1822 dans la province de la Hesse-Rhénane, peu après dans les deux autres. L'union y a produit ses effets ordinaires et jamais TEglise ne s'est relevée du rationalisme où elle croupit depuis longtemps. L'acte d'union reconnaissait comme base de l'Eglise la sainte Ecriture et les confessions de foi des deux Eglises sur les points où elles étaient d'accoitl, laissant pleine liberté pour les doctrines où il y avait désaccord et nommément pour la sainte Cène. Après plusieurs essais malheureux de constitution, on s'est arrêté vers 1835 à l'organisation suivante : l'autorité suprême de l'Eglise est le ministère de Fintérieur et de la justice. Le consistoire central de Darmstadt est placé sous les ordres du ministre. 11 se compose d'un président laïque, de 5 conseillers (3 ecclésiastiques et 2 laïques) et d'un nombre indéterminé d'assesseurs et de membres extraordinaires. Depuis quelques années, un synode élu est placé à côté du consistoire. Le pays est partagé en trois diocèses avec autant de surintendants, l'un d'eux avec le titre de prélat fait partie de la chambre haute du grand-duché. Audessous des surintendants sont 30 doyens nommés pour cinq ans par le consistoù^e. Les uns et les autres font dans les paroisses des visitations périodiques. Dans chaque paroisse le pasteur est assisté d'un conseil où siègent avec lui le bourgmestre, deux membres élus et un nombre variable d'assesseurs. La faculté de théologie de Giessen et le séminaire de prédicateurs de Friedberg préparent les pasteurs à leurs fonctions. Les catholiques romains dépendent du siège de Maycnce. Il comprend enHesse 16 doyennés et 152 paroisses avec environ 250 prêtres. Chaque Eglise a son conseil d'Eglise organisé de la même façon que dans l'Eglise protestante. Les vieux-catholiques ont réussi à se constituer dans quelques villes. Parmi les sectes chrétiennes, la plus importante est celle des mennonites qui compte un millier d'adhérents. Les Juifs, assez nombreux, ont à Mayence et à Worms d'importantes synagogues. — 7. Le grand-duché de Mecklembourg-Schwêrtn peuplé de 557,734 habitants (1871), contient 553,492 protestants, 1 ,336 catholiques romains, 2 catholiques grecs, 96 adhérents de sectes chrétiennes, 2,9^ Israélites, 1 membre d'une autre religion et 25 individus dont le culte n'a pu être constaté. L'immense majorité dè.la population est luthérienne. Le grand-duc est le chef suprême de l'Eglise et a sous lui un consistoire, qui exerce en son nom l'autorité ecclésiastique; 5 surintendances, 36 préposùures forment les autorités intermédiaires ; leurs attributions sont presque entièrement réduites à l'examen des questions administratives ; 296 paroisses avec 327 pasteurs et 470 Eglises forment le ressort du consistoire. La ville de Rostock et ses environs forment un petit consistoire particulier. Les deux Eglises de la cour à Schwcrin et Ludwigslust sont sous la direction immédiate du souve-

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rain. La faculté de théologie de Roslock préparc les pasteurs à leur ministère. — 8. Le grand-duché de Saxe-Weimar avec 286,183 habitants (1871) renferme 275,492 protestants, 9,i04 catholiques romains, 53 catholiques ^aecs, 108 membres de sectes chrétiennes, 1,120 israéliles et G ressortissan l s. d autres cultes. Les luthériens, au nombre de 205,000, dépendent d'un conseil central ecclésiastique présidé par le ministre de la maison grand-ducale ; 2 surintendants généraux à Weimar et à Eisenach et 293 pasteurs pourvoient aux besoins religieux du pays. Depuis bien longti^mps le rationalisme y règne en maître souverain. Les réformés, au nombre de 10,000, ont quelques pasteurs. Les catholiques, avec 10 prêtres, dépendent de Tévéché de Paderborn (Weslphalie). L'université d'ïéna a une faculté de théologie protestante. — 9. Le grand-duché de Mecklembourg-Strélitz est peuplé de 00,982 habitants, dont 96,329 protestants, 167 catholiques romains,

I membre d'une secte chrétienne et 485 Israélites. Les habitants luthériens ressortissent au consistoire deNeu-Strélitz, composé d'un directeur laïque, d'un conseiller ecclésiastique qui est en même temps surintendant et d'un assesseur ecclésiastique. Un synode consultatif \^ a été joint en 1839. Sept districts ont à leur tète autant de pasteurs préposés. Environ 60 paroisses desservent le pays. La principauté de Ratzebourç a sa commission consistoriale particulière avec 8 pasteurs sous sa direction. — 10. Le grand-duché (ÏOldenbourg avait, en 1871, 31-4,591 habitants, dont 240,962 protestants, 71,027 catholiques romains, 941 membres de sectes chrétiennes, 1,475 israélites, 1 ressortissant d'autres cultes et 53 individus dont le culte n'a pu être constaté. Les protestants sont en grande majorité luthériens ; à leur tête est un consistoire et un surintendant général ; chaque district a son surintendant. Les réformés, au nombre de 2,300, ont leur surintendant particulier. Les catholiques ont un doyen général, vicaire de Tévéque de Munster; ceux de la petiote principauté de Bickerfeld dépendent de Tévéché de Trêves. — 11. Le duché de B?*unswick avec 312,170 habitants (1871) comptait 302,989 protestants, 7,030 catholiques, 574 membres de sectes chrétiennes et 1,171 israélites. Les protestants sont presque tous luthériens. Le duc est chef de l'Eglise; l'administrât ion est dirigée sous ses oitires par le consistoire de Wolfenbûttel, au-dessus duquel se trouvent 6 surintendants généraux, 30 surintendants et 253 pastem's. L'Eglise de Brunswick a conservé plus peut-être qu aucune autre les anciennes fêtes et les anciennes coutumes. Mais la aussi le rationalisme a passé et fait des ravages, moins profonds peut-être qu'ailleurs, mais sensibles néanmoins. Le séminaire de Wolfenbiittel forme au ministère les candidats sortant de Gœttingue. Les réformés, peu nombreux, ont une Eglise à Brunswick.

II y a une centaine de mennonites dispersés dans le duché. Les catholiques ont trois paroisses : à Brunswick, Wolfenbûttel et Helmstœdt. L'évêque de Hildesheim (Hanovre) en est le diocésain. — 12. Le duché de Saxe- Meimngen, 187,957 habitants (1871), dont 181 ,964 protestants, 1 ,566 catholiques romains, 1 catholique grec, 175 membres de sectes chrétiennes, 1,625 israéhtes, 18 ressortissants d'autres cultes et 2,610 individus dont on a négligé de constater le culte. L'Eglise luthérienne, qui

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comprend la presque totalité de la population, a le duc pour chef légal. Un consistoire exerce sous lui lautorité en matière ecclésiastique. Le rationalisme est entièrement le maître. Les réformés, au nombre de 350, ne sont pas groupés en pai'oisses. — 13. Le duché de Saxe-Altenbourg^ 112,1^2 habitants (1871), dont Ul,90l protestants, 193 catholiques romains^ 2 catholiques grecs, 16 membres de sectes chrétiennes et îO Israélites. C'est TEtatde l'Allemagne où les protestants sont proportionnellement le plus nombreux, tous luthériens de confession , mais malheureusement fort rationalistes. Un consistoire et un surintendant j^'énéral dirigent sous Tautorité du duc les 130 pasteurs du pays. Les quelques catholiques du pays dépendent, comme ceux des autres duchés (le Saxe, de Tévéché de Wui-zbourg. — 11. Le duché de Saxe-Cobuurg- Got/M, 74,339 habitants (1871), dont 172,786 protestants, 1,263 catholiques* romains, 76 membres de sectes chrétiennes, 210 israélites, 1 ressortissant d'autres cultes et 3 individus dont le culte n'a pu être cx)nstalé. Les luthériens, rationalistes pour la plupart, ont un consistoire et un svnode. Les réformés sont au nombre dVnviron 3,000. — 15. Le duché "à' Anhalt, 203,4^37 habitants (1871), dont 198,107 protestants, 3,378 catholiques romains, 50 membres de sectes chrétiennes, 1,896 isi-aélites. L'union y a été introduite de 1820 à 1827. Depuis 1863, où les troi^ duchés ont été réunis en un, il n'y a plus qu'un seul consistoire, avec 144 pasteurs et A surintendants. L'Eglise catholique a 2 prêtres à Dessau et 1 à Gœthen, dépendant de l'évéque de Bautzen. — 16. La principauté àcSchivarzbourf/'Iludolsladl, 75,523 habitants (1871), dont 75,294 protestants, 104 catholiques romains, 2 catholiques grecs, 4 membres de sectes chrétiennes et 119 israélites, — et 17. la principauté AQSchwarzbourg'Sondcrshausen, r»7,19i habitants (1871) dont 66,824 protestants, 170 catholiques romains, 5 membres de sectes chrétiennes et î8G juifs, ont une constitution consistoriale et sont peuplées de luthériens. La vie religieuse est beaucoup plus avancée dans la seconde que dans la première. — 18. La principauté de Waldeck, 56,224 habitants ! 1871), dont 54,055 protestants, 1,305 catholiques romains, 30 membres de sectes chrétiennes, 834 israélites. La grande majorité appartient à l'Eglise luthérienne ; le consistoh e d'Ai'olsen la dirige sous l'autorité du prince. Les réformés sont peu nombreux. — 19 et 20. Les deux principautés de Reuss, ayant ensemble 134,126 habitants (1871) dont 133,680 protestants, 337 catholiques romains, 4 catholiques grecs, 37 membres de sectes chrétiennes, 339 israélites et 9 individus dont le culte n'a pu être constaté. Les protestants sont presque tous luthériens. Il y a aussi dans le pays quelques mennonites. — 21 . La principauté de Schaumbourg-Lippe, 32,059 habitants (1 87 1 ) dont 31 ,21 1 protestants, 386 catholiquesy 23 membres de sectes chrétiennes, 351 israélites et 83 individus dont le culte n'a pu être constaté. Les luthériens qui forment la majorité sont régis par le consistoire de Bûckebourg. Les réformés, au nombre de 4,000 environ, ont une pai-oisse à Bûckebourg ; elle fonne avec la paroisse réformée de Brunswick et 4 paroisses hanovriennes le ressort d'un synode. — 22. La principauté de Lippe-Detmold avec 111,135 habitants (1871 )^ dont 107,462 protestants, 2,638 catholiques et 1,035 is-

raéliles. La majorité de la population est réformée de confession et dépend du consistoire de Detmold. Les luthériens sont au nombre d'environ 8,000. — 23. La ville libre de Lûbeck est peuplée de 52,1SB habitants (1871), dont 51,085 protestants, 400 catholiques romains, 8 catholiques grecs, 96 membres de sectes chrétiennes, 565 Israélites et 4 individus dont le culte n'a pu être constaté. La grande majorité appartient à TEglise luthérienne. Un consistoire en partage avec le sénat l'administration. Les réformés, au nombre de 300 environ, ont une communauté dans la ville. — 24. La ville libre de Brème a 122,402 habitants (1871), dont 118,103 protestantes, 3,550 catholiques, 284 membres de sectes chrétiennes et 465 israélites. La population protestante compte environ cinq huitièmes de luthériens et trois huitièmes de réformés ; mais ces derniers, les anciens habitants de la ville, ont longtemps opprimé les premiers, venus du dehors.* Aujourd'hui le rationalisme s'est emparé des uns et des autres, à peu d'exceptions près. 11 y a à Brème une Société de Missions. — 25. La ville libre deBambourg compte 338,974 habitants (1871) dont 306,553 protestants, 7,748 catholiques romains, 23 cathohques grecs, 3,1 43 membres de sectes chrétiennes, 13,796 israélites, 22 ressortissants d'autre^cultes, at 7,689 .dont le culte n'a pu être constaté. Les luthériens sont au nombre d'environ 300,000. Les paroisses de la ville ont chacmie un pasteur et 3 diacres (pasteurs), de plus 12 diacres et 24 sous-diacres laïques. Les diacres et sous-diacres des cinq paroisses forment le conseil des cent quatre-vingts, les diacres seuls, le conseil des soixante qui a la part principale à l'administration et au gouvernement de l'Eglise, et les trois plus anciens diacres de chaque pai'oisse, le conseil des anciens. La banlieue compte 19 pasteurs. Les réformés, au nombre de 5,000, ont trois paroisses, allemande, française et anglaise. Les mennonites sont environ au nombre de 1,000. La paroisse catholique relève directement du pape, qui en délègue l'administration à l'évéque de Munster. La majorité de la population de Hambourg est malheuseusement tombée dans le rationalisme. — 26. h' Alsace-Lorraine (v. Alsace)^ 1 ,549,738 habitants (1871), 270,699 protestants, 1,235,097 catholiques, 2,132 membres de sectes chrétiennes, 40,928 israélites, 731 individus dont le culte n'a pu être constaté. — La population totale de l'empire était en 1871 de 41,058,792 habitants, dont 25,581,623 protestants, 14,867,600 catholiques romains, 2,660 catholiques grecs, 79,496 membres de sectes clu«tiennes, 51 2,160 israélites, 176 ressçrtissants d'autres cultes et 16,980 individus dont le culte n'a pu être constaté.

II. Après avoir été longtemps,' au point de vue extérieur de^ choses religieuses, un pays de tranquillité et presque d'immobilité, l'Allemagne est devenue tout à coup la terre du changement et du désordre. Depuis longtemps la nation avait, dans son ensemble, perdu le sens et l'amour des réalités supérieures. Portée par les événements à la tète des affaires, siu-excitéeparles canons du concile du Vatican, affolée par les victoires de 1866 à 1871, la bourgeoisie nationale-libérale transporta dans les rapports de TEtat et de l'Eglise le froid utilitarisme dont elle était animée, tandis que le gouvernement obéissait à cette tendance à tout

absorber et à tout dominer, qui a toujours été un des traits distinctifs de la monarchie prussienne. Nous n'avons pas à entrer dans le détail de la lutte que le nouvel empire a entreprise contre Rome et qui, jusqu'à ce jour, a causé peut-être plus de dommage à TEglise protestante qu'à TEglise catholique ; notre rôle de statisticien se borne à donner des dates et des faits. Immédiatement après la proclamation du dogme de Tinfaillibiliti^, les protestations commencèrent en Allemagne. Dès le 22 juillet 1870, la plupart des professeurs de l'université de Munich se déclarent contre Tinfaillibilité ; le 27, le professeur Michaëlis de l'Académie de Braunsberg lance un pamphlet contre le pape qu'il accusait d'hérésie; le 9 août, le gouvernement bavarois interdit la publication des décisions du concile, avant qu'ait été diccordé le placetum regium; le 18, l'archevêque de Munich publie les décisions sans sç préoccuper, du placet et; le 31 , les évéques allemands réunis à Fulda prennent la détermination de se soumettre au décret de l'infaillibilité que la plupart d'entre eux avaient i*epoussé dans le concile. Le 12 octobre a lieu à Fulda une assemblée catholique qui proteste contre la spoliation du pape pai' Tltalie. — 4 novembre. Pétition des évêques et chanoines de Posen et de Gulm demandant à la Prusse d'intervenir en faveur du pouvoir temporel du pape. Cette pétition est remise au roi à Versailles par le comte Ledochowski, archevêque de Posen. — 22 novembre. Le prince évêque de Breslau suspend trois professeurs de théologie, BiM. Baltzer, Reinkens et Weber qui refusent de reconnaître Tinfaillibilité. — 24 novembre. L'archevêque de Cologne suspend le curé Tangermann, pour le même motif. — A décembre. Le gouvernement saxon défend la lecture de la lettre pastorale de l'évêque Forweck qui défend les intérêts pontificaux. — 28 et 30 décembre. Le ministre des cultes prend parti pour Tuniversité de Berlin contre l'archevêque de Cologne et déclare que ce dernier a dépassé la mesure de son autorité et qu'un changement dans le règlement concernant les fonctions de professeur à la foculté de théologie catholique ne peut avoir lieu sans le consentement de l'Etat. Tous ces événements se passent encore pendant la guerre et les ultramontains y sont évidemment les agresseurs. Mais bientôt la situation change. Le 13 juillet 1871, les vieux-catholiques de Bavière réunis à Munich s'adressent au gouvernement pour demander que l'Etat reconnaisse aux prêtres excommuniés le droit d'exercer des fonctions ecclésiastiques. — 5 juillet. L'évêque d'Ermeland excommunie le curé Wollmann. — 14 juillet. Le prince-évêque de Breslau excommunie le curé Kaminski. — 21 juillet. Le gouvernement maintient en fonctions le curé Wollmann. — 22 juillet. Une lettre pastorale de Févêque d'Ermeland proteste contre cet abus de pouvoir. — 23 juillet. le gouvernement accorde une église au ciu-é Kaminski pour y célébrer le culte vieux-catholique. — 29 juillet. Le I> Dœllinger, chef des vieuxeatholiques bavarois, est élu recteur de l'université de Munich.— 27 août. II.deLutz, ministre des cultes de Bavière, expose en réponse à l'arche- Téque de Munich que TEglise doit être soumise en tout aux lois de TEtat. — 22-24 septembre. Congrès de vieux-catholiques à Munich. — 18 octobre. Le roi répond aux évéques prussi^s que les lois de l'Etat régleront

d'une manière satisfaisante les droits et les devoirs de chacun dans l'Etat. — 30 octobre. Les évêques affirment leur s}iiipathie pour l'ordro menacé des jésuites. — io novembre. Le Ueichstajj;- adopte la proposition Lasker qui étend la compétence de Tempire dans toutes les questions de droit civil. — 23 novembre. Première délibération au parlemeni sur la proposition du gouvernement bavarois relative à la répression des abus commis en chaire. Discours du ministre de Lutz sur Tantagonisnie de l'Eglise catholique et de TEIat moderne. — 28 novembre. Adoption de cette proposition. — 17 janvier 1872. Démission de M. de Miihler, ministre des cultes de Prusse. 11 est remplacé par le D^* Falk. — 8-10 février. Délibéralion du Landiag prussien sur la loi de surveillance des écoles. Discours de MM. Falk et de Bismarck qui dénoncent les agitations cléricales. — li mai. Discours de M. de Bismarck sur le refus du pape d'agréer le cardinal de Hohenlohe comme plénipotentiaire allemand auprès du saint-siége. — 1-4-19 juin. Discussion au parlement de la loi relative aux jésuites. 181 voix contre 93 les livrent à Tarbitraire du gouvernement. — A juillet. Un arrêté du ministre des cultes interdit les associations religieuses dans les établissements supérieurs d'enseignement. — 5 juillet. Promulgation de la loi qui exclut du territoire de l'empire la Société de Jésus et les congréj^^ations qui lui sont affiliées. — 8 juillet. Manifeste de la Société des catholiques allemands de Mayence contre la loi sur lesjésuite^sel contre la nouvelle politique de Tempire. — 28 août. Arrêté du ministre des cuUes étendant Tusage de la langue allemande aux écoles polonaises. Dans le courant du mois, on a conmiencé à exécuter la loi contre les jésuites. La dissolution des établissements existants donne lieu à Mayence, à Essen et dans d'autres endroits à des protestations, à un*» grande agitation et même à quelques désordres. La surexcitation de la j)opulation catholique augmente de jour en jour. — 12 septembre. L'évêque d'Ermeland refuse de participer à la fête du centenaire de la réunion de la Prusse occidentale à la monarchie. — 22-20 septembre. Conférence des évêques allemands à Fulda. Ils publient un mémoire dans lequel ils prennent parti pour le pape contre l'empire. — 2-2-20 septembre. Congrès d(»s vieux-catholiques à Cologne, présidé jwr le professeur de Schulte, de Prague. — 25 septembre. L'évêcjue (rErmeland est privé de son traitement. Le gouvernement fait savoir à l'évêque que cette mesure a été prise à cause de la divergence de ses opinions sur ses devoirs envers l'Etat et les principes J'f^ndamentaux de la monarchie. Protestation de l'évêque. — 30 déombre. En ré[)onse à l'allocution du pape contre l'empire allemand, le chargé d'affaires d'Allemagne auprès du saint-siége r<^(;(»iî Tordre de prendre un congé. — 7 février 1873. Le président de la chambre des députés de Prusse, M. de Forkenbeck, fait savoir qu(^ tous les évêques prussiens ont adressé à la chambre une lettre collective pour la prier de rejeter les projets de loi concernant l'instruction, la nomination et le pouvoir disciplinaire des ecclésiastiques. — 24-23 février. Lors de la discussion du budget des cultes, les députés de Saucken, Millier et Yirchow, se prononcent contre le maintien du conseil supé-

rieur ecclésiaslique comme contraire à la constitution. — 2G février. M. Falk relève les assertions de M. de Gottberg qui considère les nouvelles lois scolaires comme une violation de la constitution. — l^r mars. M. Falk parle énergiquement contre les attaques des ultramontains. Les articles 15 et iH de la constitution sont modifiés conformément aux désirs du gouvernement. — 17 mars. La chambre des députés de Prusse vote en dernière lecture, et selon les désirs du gouvernement, la loi concernant les limites dans lesquelles doivent s'appliquer les moyens de discipline ecclésiastique. — 23 avril. Première discussion du projet de loi concernant le mariage civil. — 11 août. Le docteur Reinkens élu évêque des vieux-catholiques est consacré en Hollande par révêque de Deventer. — 3 septembre. Réponse négative de Tempereur à une lettre du pape du 7 août qui demande une modification de la politique ecclésiastique allemande. — 19 septembre. L'Etat reconnaît Févêque Reinkens en qualité d' évêque des vieux-catholiques.

— 20 décembre. La chambre des députés prussienne vote par 208 voix contre 110 la loi concernant l'introduction du mariage civil obligatoire.

— 29 janvier 1874. La chambre des députés accorde à Tévêque vieuxcatholique un traitement de 10,000 thalers. — 6 mars. Le D»* Eberhard, évêque de Trêves, est arrêté et conduit en prison par suite de son opposition aux lois ecclésiastiques. — 1 i avril. Le tribunal des affaires ceclésiastiques prononce la destitution du comte Ledochowski, archevêque de Posen. — A mai. Promulgation de la loi concernant la défense de remplir illégalement des fonctions ecclésiastiques. — 6 mai. Clôture delà discussion concernant l'administration des évêchés catholiques vacants. La loi est adoptée, le 9, par 257 voix contre 95. — 10 juillet. L'évêque Martin de Paderborn déclare qu'il ne se soumettra pas au jugement du tribunal pour Icsaifaires ecclésiastiques. — 21 juillet. A la suite de Tattentat de Kullmann contre le prince de Bismarck, le directeur de police do Berlin ordonne la clôture provisoire de toutes les associations catholiques a Berlin ; en même temps le ministre ordonne aux autorités de surveiller sévèrement les associations analogues en province. — 22 aoAt. L' évêque Ketteler de Mayence invite ses diocésains à ne pas célébrer la fête de Sedan, parce que cette victoire a été également une victoire remportée sur TEglise catholique. — 6-8 septembre. Congrès des vieux- catholiques à Fribourg en Brisgau. — 7 septembre. L'évêque Martin de Paderborn est invité par le président suprême de Wesphalie à se démettre de ses fonctions ; il s'y refuse et publie une lettre pastorale qui le fait condamner, le 21, à quatre mois de détention dans une enceinte fortifiée. — 12 décembre. Arrestation du député et journaliste catholique Majunke. — 19 décembre. Le Journal officiel de l'empire publie une dépêche de M. de Bismarck du U mai 1872 concernant l'élection du prochain pape. — 5 janvier 1875. Le tribunal des affaires ecclésiastiques prononce la destitution de révêque Martin de Paderborn. L'évêque est interné, le 19, à la forteresse de Wesel. — 25 janvier. Le Reichstag adopte par 207 voix contre 72 la loi sur le mariage civil obligatoire dans tout l'empire. — 28 janvier. Les évêques bavarois adressent une protestation contre l'in-

troduction de celte loi. — i février. Saisie et interdiction des mande ments des évêques de Metz et de Strasbourg. — 5 février. Une encyclique du pape encourage les évêques allemands dans leur résistance. — 16 février. Discussion sur la loi sur l'adminislration des biens des paroisses catholiques. — 24 février. Saisie des journaux ayant reproduit l'encyclique du 5 février. — 2 mars. Le pape adresse aux évoques allemands une lettre collective dans laquelle il les remercie de leur déclaration contre la dépêche du prince de Bismarck sur 1 élection du prochain pape. — 4. mars. Le gouvernement dépose sur le bureau de la chambre un projet de loi portant suppression des allocations fournies par TEtat aux ecclésiastiques catholiques. — 14 mars. Le ministre des aft'aires étrangères invite l'ambassadeur d'Allemagne à Rome à appeler l'attention du gouvernement italien sur les dangers qui résultent pour les autres Etats des privilèges garantis au pape. — 46 mai*s. Première lecture de la loi supprimant les allocations au clergé catholique. Discours passionné de M. de Bismarck. — 2a\Til. Conférence des évêques à Fulda. Ils protestent contre la loi supprimant les allocations. Cette loi est votée définitivement le 6 avril. — 15 avril. Note remise à la Belgique concernant l'immixtion de sujets belges dans la politique religieuse allemande. — 27 mai. Le gouvernement bavarois défend les processions à l'occasion du jubilé du pape, — 29 mai. Le président supérieur de Westphalie invite Tévêque de Munster à résigner ses fonctions. — 4 juin. Le gouvernement badois interdit aux processions de sortir des églises. — 40 juin. Le prince-évêque de Breslau est condamné à 2,000 marcs d'amende pour avoir excommunié le curé Kick... — Bibliographie. Tous les renseignements contenus dans cet article sont empruntés aux actes et documents officiels. E. Vaucber.

ALLEN (Guillaume), surnommé le cardinal anglais, Tun des plus grands adversaires de la réformation anglaise au temps d'Elisabeth, naquit à Rossai, comté de Lancastre, en 4532, et fit ses études au collège d'Orick, à Oxford, 4547. Il fut un des plus violents ennemis du réformateur Cranmer, et son zèle lui assura un avancement rapide sous le règne de Marie la Sanglante, qui le nomma chanoine d'York, en 4558. Sacrifiant sa patrie à'son zèle pour l'Eglise de Rome et pour les jésuites, il se réfugia à Louvain, en 4560, et commença la publication de ses pamphlets et traités, dont l'un renferme la défense du dogme du purgatoire. Rentré secrètement en Angleterre en 4565, son audace le fit découvrir et il n'échappa qu'avec peine aux soldats envoyés contre lui. Après un coml séjour à Malines, il fonda en 4568, à Douai, un collège de jésuites, qui compta bientôt cent dnquante élèves et douze professeurs, pépinière des agents secrets envoyés chaque année en Angleterre pour affermir la foi des catholiques et provoquer des prises d'armes contre le gouvernement d'Elisabeth. Chassé de Douai par les menaces de la diplomatie anglaise, Allen transporta son école à Reims, sous la protection de l'archevôque Charles de Guise, cardinal de Lorraine, et releva pendant quelques années l'antique prestige universitaire de cette métropole (voy. Flodoard, j?û^. de Reims). Le pape Grégoire XIII le nomma chanoine et

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