ALLIANCE ÉVANGÉLIQUE
Liverpool, James, de Birininfl;ham , et Licfchild, de Lr)ndres; aux Etals-Unis, les docteurs Schinueker et Palton, ou publiaient des écrits sur ce sujet ou inntaient leurs frères à des réunions de prières destinées à la fois à proclamer et à piovoquer Tunion qui existe entre tous les chrétiens. En février 1843, une immense assemblée se réunit à Londres, dans la grande salle du Centenary-Hall, et décida pour le mois de juin suivant un meeting d'alliance dans Exeter-Hall. Les hommes les plus éminents de leurs communions respectives prirent part à cette convocation qui fut un pas décisif dans la voie du rapprochement. L'Ecosse ne demeura pas étrangère à ce généreux mouvement. Déjà, en 1812, TEglise presbytérienne d'Ecosse avait nommé un comité chargé de nouer des communications fraternelles avec les autres Eglises chrétiennes. La disruption de 1843 ne fit qu'accentuer ce besoin d'union, et, en juillet de la même année, naquit dans une grande solennité destinée à commémorer l'anniversaire bi-centenaii*e de Westminster, le projet d'une vaste conférence qui réunirait, des contrées les plus lointaines, les chrétiens décidés à se tendre une main d'association. Cette pensée germa dans les cœm^s. Aussi, lorsqu'elle fut foi^ mulée par le doctem* Patton, d'Amérique, en une proposition positive de convoquer cette assemblée dans la métropole de l'Angleterre, elle produisit à peine quelque étonnement. Un comité écossais proposa, dans un appel du 5 août 1845, qu'une réunion préliminaire se tînt à Liverpool pour discuter les bases d'une grande conférence œcuménique. Deux cent seize personnes, appartenant à vingt dénominations différentes, répondirent à cette invitation et siégèrent ensemble à Liverpool du l*'** au 3 octobre. Une série de résolutions furent arrêtées, et un comité provisoire fut chargé de préparer pour l'année suivante, à Londi*es, une assemblée universelle des chrétiens évangéliques. — Le 19 août 1846, la grande salle de Freemason'sr-Taveni s'ouvrit aux délégués de cinquante dénominations ou EgUses différentes. Presbytériens et congrégationalistes réformés, épiscopaux, luthériens, baptistes, wesleyens, calvinistes, méthodistes, moraves, etc., étaient représentés par neuf cent vingt pasteurs ou laïques venant de toutes les contrées de la Grande-Bretagne, de presque tous les Etats de l'Union américaine, (le la France, de la Suisse, de l'Allemagne, de la Belgique, du cap de Bonne-Espérance, de l'Inde même. Des hommes jouissant dans leurs EgUses d'une grande autorité siégeaient dans ce congrès chrétien. Du <;ontinent on y voyait les pasteurs et professeurs Tholuck, Ad. Monod, de Liiharpe, Fisch, L. Bonnet, Barth de Galw, Marriot, Treviranus, Kuntze, etc.; d'Angleterre et d'Ecosse^ les Rev. Baptiste Noël, Bickerstheth, Cummigham, Candlish, Angell James, King, Liefchild^ John Henderson, sir Culling Ëardly Smith ; d'Amérique, les docteurs Gox, Patton^ Baird^ Schmucker, etc. La conférence de Londres, qui revendiquait le caractère d'une assemblée constituante, discuta et vota •dans dix-neuf séances^ du 19 août au 2 septembre, une série de résolutions, que l'on peut grouper autour des quatre chefs principaux : i» formation de l'alliance ; 2<» base de l'alliance ; 3<> objet de l'alliance ; Â^ organisation de ralliance. Les discussions auxquelles ces divers
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points donnèrent lieu furent toutes empreintes de franchise et de cordialité. U fut bien établi quïl ne s'agissait ni de fonder une confédération d'Eglises, une Eglise nouvelle, ni d'opérer une fusion des Eglises, mais de proclamer l'unité essentielle de l'Eglise de Dieu dans la diversité de ses manifestations extérieures. C'est du reste ce qu'expriment nettement les résolutions votées le second jour (voyez : Evangelical alliance^ 1846, Report of the proceedings, p. 44, 54, 64). Sans vouloir arrêter une base doctrinale absolue, il importait cependant que l'assemblée signalai les grandes vérités de la foi qu'elle considéiait comme le fondement de l'union de ses membres. Le but de l'alliance, comme on Fa dit (L. Bonnet, Z' Unité par le lien de la paix et de l'esprit^ p. 47), était de confesser la vérité aussi bien que de cultiver la charité, et pour cela elle devait confesser sa foi (Repwt, p. 77 ss.). Il fut en outre distinctement entendu : 1" que ce court résumé, comprenant les principales doctrines évanp;éliques, ne doit nullement être regardé comme une confession de foi, dans le sens ecclésiastique, et que son adoption ne doit point être considérée comme présumant le droit de lixer les limites de la fraternité chrétienne, mais qu'il est destiné simplement à indiquer la classe de personnes qu'il est désirable, généralement parlant, de voir entrer dans Talliance; 2** qu'il ne faudi^ait pas conclure du choix qu'a fait la conférence de certains points de doctrine à l'exclusion de certains autres, ni que les premiers constituent le corps entier des vérités importantes, ni que les autres soient indifférents (Report^ p. 470). U restait à la conférence à défmii* l'objet et l'organisation de l'alliance qu'elle venait de fonder. Elle le fit en termes émus : « Comme la proposition de travailler à l'union, disent les minutes de la conférence (Sessions XI, XII, XIII), émane principalement d'un sentiment universel panni les chrétiens, celui de leur coupable négligence pratique du « nouveau commandement » de notre Seigneur à ses disciples : Aimezvous les uns les autres; comme les membres de l'alliance désirent confesser avec douleur la part qu'ils ont prise à ce péché, le premier objet de Talliance doit être de rendre plus profonde dans le cœur de ses propres membres, et, par leur influence, de répandre parmi tous les disciples de Jésus-Christ cette conviction de péché que l'Esprit de Dieu semble maintenant réveiller en tout lieu dans l'Eglise ; afin que, s'humUiant de plus en plus devant le Seigneur, tous se sentent pressés, en toute occasion convenable, de confesser leur culpabilité à cet égard, et d'implorer par les mérites et l'intercession de leur Sauveur le pardon des offenses passées, aussi bien que la grâce divine, qui peut seule les conduire à mieux cultiver cet amour des frères, enjoint à tous ceux qui, aimant le Seigneur Jésus, sont liés par là même à s'aimer les uns les autres, pour l'honneur de la vérité qu'ils professent. Le grand objet de l'alliance évangélique doit être de contribuer à manifester autant que possible l'unité qui existe parmi les vrais disciples du Christ. » Dans le but d'avancer cet objet, on décida que l'alliance recevrait, sur les progrès de la vraie religion dans toutes les parties du monde, les informations que des frères chrétiens seront disposés à leur communiquer ; à cet effet une correspondance serait établie avec ces frères chrétiens de