‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 80 sur 226 · G ALLIANCE ÉV ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

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divers pays, particulièrement avec ceux qui peuvent se trouver dans des difficultés ou des persécutions pour la cause de l'Evangile, afin de leur offrir les encouragements de la sympathie et de réveiller l'intérêt public en leur faveur. Comme moyens subordonnés d'atteindre le même grand objet, l'alliance devait . s'efforcer d'exercer une iniluence salutaire sur les progrés du- protestantisme évangélique, sur la lutte contre l'incrédulité, le romanisme et telles autres formes de superstition, d'erreur et de mondanité, en particulier contre la profanation du jour du Seigneur. La question d'organisation, la plus simple de toutes, semblait-il, faillit briser l'alliance qui venait d'être conclue. On était alors fortement préoccupé en Angleterre et aux Etats-Unis de la suppression de l'esclavage, et quand il s'agit de déterminer les conditions requises pour faire partie de l'alliance, un ministre baptiste de Londres, le Rev. Hinton, demanda que les propriétaires d'esclaves en fussent exclus. Les délégués américains déclarèrent à la conférence qu'ils ne pouvaient assumer vis-à-vis de leur pays la redoutable responsabilité de cet amendom(»nt, et l'on allait se séparer, lorsque, après d'ardentes prières, on résolut de laisser à chaque branche le soin et la liberté de son organisation intérieure, sans engager par là la responsabilité des autres branches. Le royaume -uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, — les Etats-Unis d'Amérique, — la France, la Belgique et la Suisse française, — le nord de TAllemagne, — le midi de l'Allemagne et la Suisse allemande, — l'Amérique anglaise, — les Indes occidentales, furent désignés comme devant former sept grandes branches qui entretiendraient entre elles une correspondance officielle, dans la vue de coopérer et de s'encourager mutuellement dans leur commun objet, et l'on renvoya jusqu'à une autre conférence générale les détails de l'organisation définitive de l'alliance évangélique qui venait d'être fondée. L'assemblée de Londres ne se sépara pas avant d'avoir voté une série de résolutions générales ou conseils destinés à exhorter les membres de l'alliance au support, à la bienveillance et à l'esprit de pardon. Elle invita en particulier « tous les ministres de l'Evangile, tous les rédacteurs de publications religieuses, et tous ceux qui exercent quelque iniluence sur les diverses dénominations chrétiennes, à veiller davantage sur ces péchés du cœur, de la langue ou de la plume envers les chrétiens appartenant à d'autres Eglises, et à répandre avec plus de zèle autour d'eux un esprit de paix, d'union et d'amour. » Ainsi fut fondée l'alliance évangélique. — Les années qui suivirent la conférence de Londres furent des années de semailles. En Grande-Bretagne et sur le continefit, quelques associations se formèrent, mais TAmérique n'accueillit pas l'alliance à cause de la question de l'esclavage, et l'Allemagne s'y montra ou hostile ou indifférente. En France et en Suisse, elle fit peu de progrès. La base dogmatique arrêtée à Londres y parut aux uns trop étendue, à d'autres, pas assez affirmative. Deux ou trois de ses articles touchaient à des points controversés entre chrétiens, et laissaient en dehors des membres vivants du corps du Christ ; aussi, après de longues discussions dans les divers comités de la branche française, celle-ci abandonna, en 1854, la base première et lui sub-

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slitua les principes fondamentaux suivants qui, dès lors, leur ont servi de drapeau : « La branche française de l'alliance évangélique admet au nombre de ses membres tous les chrétiens qui, voulant vivre dans l'amour fraternel, expriment l'intention de confesser avec elle, conformément aux Ecritures inspirées de Dieu, leur foi commune au Dieu Sauveur : au Père, qui les a aimés et qui les justitie par grâce, par la foi en son Fils; au Fils, qui les a rachetés par son sacrilîcc^ expiatoire, et au Saint-Esprit, l'auteur de leur régértéralion et de leur sanclitication, un seul Dieu béni éternellement, à la gloire duquel ils désirent consacrer leur vie. » On en était à ce temps des petits et difficiles commencements, lorsque l'Angleterre se prépara à réunir dans sa capilale la première exposition universelle de lindustrie. La pensée de protiler de cette assemblée des peuples, pour convoquer on mémo lem[)s à Londres une sorte de congrès fraternel, sans caractère oluciel, fut formulée, en mai 1850, par le pasteur R.-lï. Herschell, et tiouva aussitôt un écho sympathique, même au delà des mei^s. Le plan se mûrit, des invitations nombreuses furent envoyées au près et au loin, et sur la proposition du docteur Baird, de New-York, il fut résolu qu'on demanderait à des hommes bien qualifiés des mémoires sur l'état religieux de leurs pays respectifs. L'assemblée considérable qui se trouva réunie le 20 août 1851 , dans la grande salle de Freemason's-Tavern, où, cinq ans auparavant, Talliance avait été fondée, prouva que l'arbuste pour être frêle encore était destiné à devenir un grand arbre qui couvrirait la terre de ses branches. La France, la Suisse, TAllemagne, la Belgique, la Hollande, la Suède, la Pologne, l'Italie, les Etats-Unis, le Cap, les Indes, Tunis, Alger, la Chine, la Syrie, comptaient à cette assemblée cent quatre-vingt-six représentants. Les sessions de la conférence durèrent du 20 août au 3 septembre. Un puissant esprit de fraternité anima toutes ses délibérations; un vivant hitérét pour le règne de Dieu fut excité par cette vaste revue de toutes les Eglises; la cause des conférences œcuméniques de Talhance fut gagnée par ce premier essai, et Ton se sépara avec l'espérance d'un prochain revoir. Dès lors, Paris en 1855, Berlhi en 1857, Genève en 18G1, Amsterdam en 1867 et New- York en 1873, ont eu leur congrès de l'amour chrétien. Chacune de ces grandes assises de ralliance a été une victoire en faveur de son principe. Partout elles se sont légitimées par les bienfaits qu'elles ont laissés à leur suite. Ces diverses conférences, dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer, ne se sont pas bornées à entendre des travaux de statistique religieuse ; les questions les plus actuelles et les plus importantes pour l'Eglise et pour la société y ont été abordées et discutées : à Paris, la liberté religieuse; à BerUn, le sacerdoce universel des chrétiens et le droit de manifester sa foi; à Genève, l'observation du jour du repos, la condition des classes laborieuses, le scepticisme moderne, l'union de la doctrine et de la vie; à Amsterdam, l'école et la Bible, le principe de la société moderne et le principe chrétien, la morale indépendante, la philanthropie chrétienne, les missions et la civihsation; à New-York, l'union des chrétiens, la prédication dans les temps actuels, le christianisme et ses adversaires, la vie chrétienne, le christ ia-

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