‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 81 sur 226 · ALLIANCE ÉV ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

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nisme et les gouvernements civils. Tous ces travaux, fruits de recherches ou de méditations approfondies, ont été publiés dans le compte rendu des diverses conférences, et répandus par la voie des journaux sur toute la face de la terre. — Ces congrès de l'alliance, en attirant sur elle Tattention des peuples et des gouvernements, lui ont permis de poursuivre, d'une manière efficace, Tun des buts importants qu'elle s'était proposés dès sa formation : celui de la protection des minorités religieuses et des individus chrétiens. Dès 1847, le comité de Paris demandait au pape et obtenait la libération du docteur Aohilli, enfermé dans le château Saint- Ange, pour avoir distribué la Bible ; il intercédait sans succès, il est vrai, auprès du roi de Suède en faveur du pasteur Niisson, persécuté dans son pays pour avoir, par motif de conscience, abandonné TEglise nationale. En 1852, une députation soleni^lle se rendait auprès du duc de Toscane et préparait l'élargissement des 'époux Madiai condamnés à la peine des travaux forcés, pour avoir embrassé « la religion évangélique ou du pur Evangile. » En 1863, des démarches plus retentissantes encore auprès de la reine d'Espagne firent commuer, en la peine de l'exil, la condamnation aux galères prononcée contre Matamoros et ses compagnons de foi. Indépendamment de ces faits, l'alliance a fait entendre sa 'voix, à Constantinople, pour obtenir la liberté de religion aux chrétiens soumis au joug ottoman ; en Perse, en faveur des nestoriens ; à Berlin, en Suède et en Suisse, en faveur des baptistes persécutés ; à Saint-Péterebourg, pour conserver aux chrétiens de l'Esthonie et de la Livonie leur confession religieuse ; en Afrique et dans la Nouvelle-Calédonie, en faveur des missionnaires français et anglais entravés dans leur œuvre, etc., etc. Fidèle gardienne des droits de la conscience, l'alliance évangélique, toujours prêle à les sauvegarder, est devenue dans le monde une institution respectée. Elle exerce auprès des gouvernements une influence à laquelle aucune Eglise isolée ne saurait prétendre. — Si des faits extérieurs nous passons à la vie intérieure des diverses dénominations religieuses, nous voyons que l'action de l'alliance s'y est aussi fait sentir. Les réunions de prières convoquées par elle depuis 1857, pour la deuxième semaine de janvier, ont beaucoup contribué au rapprochement des chrétiens. Des œmTes nombreuses d'évangélisation, de mission, d'éducation ou de relèvement se sont constituées dans son esprit et ont mis en contact dés hommes qui jusque-là s'ignoraient et se combattaient. Sans ébranler la notion d'Eglise, elle a rappelé qu'au-dessus des Eglises particulières règne la grande Eglise des rachetés de Jésus-Christ. La controverse a pris un caractère plus modéré. Bien des pierres de scandale ont été écartées ; l'alliance tend à devenir de plus en plus, ce que Vinet disait du christianisme, « une école de respect mutuel. » Aujourd'hui, grâce à ces bienfaits, par lesquels elle s* est légitimée, l'alliance compte des associations qui représentent son principe dans presque tous les pajrs où le christianisme s'est établi. Les branches de langue anglaise ont pris un développement considérable des deux côtés de l'Atlantique; la branche française qui ne comprend plus que la France et la Belgique (la Suisse formant, depuis le 28 octobre 4875, une branche séparée),

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compte aussi des conquêtes. L'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, l'Orient voient se multiplier les organisations de district. La Chine et le Japon sont aussi ouverts à Talliance. Il peut paraître désirable que l'alliance évangélique sWfirme un jour par quelque grande œuvre commune. Pour l'heure, elle poursuit celle que saint Paul qualifie d'œuvre par excellence, celle de « Famour. » L. Rufpet.

IL La guerre de 1870-71 entre la France et TAllemagne amena un dissentiment sérieux entre les chrétiens des deux pays, au point de rompre le lien de l'alliance évangélique qui les unissîiit les uns aux autres. Au mois d'octobre 1871, une grande conférence de protestants d'Allemagne eut lieu à Berlin, dans le but d'examiner le profit spirituel que l'on pouvait tirer des faits glorieux accomplis avec l'aide de Dieu pendant la guerre. A cette conférence assistaient trois délégués du comité de Neuchâtel qui crurent devoir profiter de celte occasion pour faire une tentative de rapprochement entre ceux que les événements politiques venaient de diviser. Ils se chargèrent d'une lettre des chrétiens d'Allemagne à leurs frères de France, dans laquelle les premiers, déplorant profondément les maux et les souffrances que la guerre avait inévitablement amenés, exprimaient Pespoir qu'une réconciliation pourrait avoir lieu dans un avenir prochain. Le comité de l'alliance évangélique de Paris répondit à cette démarche par une lettre en date du 10 mai 1872 dont nous reproduisons la fin. Après avoir constaté que la principale cause de la rupture se trouvait dans le fait de Fannexion à l'empire allemand de l'Alsace-Lorraine au mépris de la volonté expresse de ses habitants, fait approuvé et glorifié par toute la presse évangélique allemande ; qu'il n'était pas possible de se réunir de nouveau autour d'une formule dogmatique, alors qu'on différait profondément sur une question de morale et de la morale la plus élémentaire; que l'on ne pourrait d'ailleurs songer à défendre ensemble le droit des consciences en Suède, en Italie, en Espagne, en Russie, pendant que des milliers de consciences en Alsace et en Lorraine étaient impitoyablement torturées, la lettre concluait ainsi : « Lorsque l'Eglise chrétienne, laissant tomber de ses mains le flambeau de la justice, met contre elle la conscience humaine, non-seulement elle déshonore, autant qu'il est en elle, le nom de son chef, mais encore elle se condamne elle-môme, au sein du monde, à une impuissance justement méritée. Malheur, en particulier, à notre glorieuse Réforme, si entre ses fils il ne s'en levait point aujourd'hui pour déclarer que l'acte de violence accomph en Alsace et en Lorraine par une nation en majorité protestante est pour eux et pour leur cause un opprobre bien lourd à porter!... Quoi qji'il en soit, le droit est le droit, la justice est la justice, l'Evangile est l'Evangile, et sans vouloir porter un jugement sur la foi de frères, à nos yeux déplorablement égarés, nous avons le devoir de dire à ces frères lorsqu'ils reviennent à nous : Vous avez déchiré devant Dieu et devant les hommes la charte qui nous unissait, car la première des alliances évangéliques, c'est celle de l'Evangile et de la justice! » Un nouvel essai de réconciliation, tenté au congrès de New-York en 1873, n'aboutit pas davantage ; les délégués français, et

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pariiii eux le seul délégué que TAlsace évangélique eut envoyé au delà de rOcéan, protestèrent énergiquenient contre l'interprétation que l(»s journaux américains avaient donnée à la poignée de main que le docteur Christliel), de Bonn, dans un moment d'eiïusion, avait arrachée à M. h* pasteur Fisch. Le 13 juin 18TG enfin, le comité de l'alliance évangélique de Paris repoussa à Tunanimilé, comme inof)portune, la proposition qui lui était faite par le comité de Londres de convocjuer une conférence œcuménique à Paris, à l'occasion de l'exposition universel^* de 1878, ne pouvant consentir à fraterinser, par-dessus lAlsace en deuil, avec ceux qui n'avaient rien fait pour modifier la situation exposée dans la lettre du 10 mai 1872.

Ouvrages à consulter : L. Bonnet, L' Unité de VEsjmt pa?' le if en de la paix, Paris, 1847; Conf, on Christian Union. Narrolive ofthe prijceed. of the meetings hold iii Liverpool, oct. 1845 ; Evangelical alliance, lie port of the proceed, of the Conf. held at London, 1840; Jean Monod, Conf. de VAll. évangêl, à Londres, 1851 ; G. Monod, Conf. de chrétiens évang. de toute nation à Paris, 1855; J. Monod, Conf. de chrétiens évang. de toute nation à Berlin^ 1857 ; D. Tissot, Les Conférences de Genève, 1801, 2 vol. : Colien-Siuart, Evangelische Allianiie, Amsterdam, 18(37, 3 vol.; Ph. Schaaf et irenteus Prime, Ilistortj, lissa t/s, etc. of the sij.th gen. Conf. of the Lvang. AU. held in Ncw-York^ 1873 ; H(;rzog, Jleal Lnct/klopiedie, art. Evang elisehe Allianz; Decoppet, Paris protestant, art. Alliance évang. ^ etc., etc.

ALLIX (Pierre), un des écrivains les plus érudits et les plus féconds de l'ancienne Eglise réformée de France.. Il était natif d'Alençon, fit ses études à Saunmr et à Sedan, et fut nommé en 1070 pasteur de Charenton, où ses sermons attiraient de nombreux auditeurs. Après la révocation de redit de Nantes, il passa en Angleterre, où Jacques II lui permit d'ouvrir une église pour les réfugiés, à condition que le culîe fût célébi-c d'après le rite anglican. La réputation qu'il acquit par sa science lui procura en 1090 un canonicat à Salisbury, et de la part des universités de Cambridge et d'Oxford des diplômes de docteur en théologie. On le chargea même de la rédaction d'une histoire générale des conciles, qui devait former 7 volumes in-f^, mais f[ui ne parut point, si tant est qu'AUix l'ait réellement entreprise et achevée. Il mourut Londres en 1717, Agé de soixante-seize ans. Ses nombreux ouvrages, en franç<iis, en anglais et en latin, témoignent d'une vaste érudition théologique. De même que beaucoup d'autres de ses compatriotes réformés, dont les malheurs du temps avaient exalté Pimagination, il cioyail à un prochain retour do Jésus-Christ ; dans un de ses traités il en fixa même la date pour 17:20, au ])lus tard pour 1730. Dans deux autres ouvrages, il essaya de prouver contre Bossuet que les albigeois uonl pas été dualistes, mais identiques avec les vaudois; il a beaucoup contribue à perpétuer cette erreur dans l'Eglise réformée de France. V. Haag, France protestante^ t. \, p. (i 4 ss.

ALLUT (Jean), courag<»ux camisard qui, après s'être héroïquement battu dans les C-Acnnes, lit sa soumif.sion définitive en 170C et se retira d'aboni à Genève, puis en Allemagne et en Angleterre, avec quelques

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