AMAURY — AMBOISE
Ibiâ.^ 1847, IL^ p. 274 ; Uauvéaii^ De lœpkU, scoloBt., I^p. 391;: et meut Hist, dupanthéUme popul^ eic^ p. 30. A. Junot.
AMBOliSS (Goi^uratiion d'). Les proiesiâfits &*ançaifi avaienl^ sous tea règnes de François I^', de Henri U, et durant la première partie de celui d» François U, traversé la phase du martyre : oniquem^aA piréoccupés du soin d'affirmer leur foi et d'en démonlfer la sainteté, duis les cachots et au milieu-des bûchers et des tortures, ils avaient héroiqiujement affronté la. mort, sans qu'une seule fiois Tidée leur .fui venue de s'abriter sous Tégide d'un principe de droit public supérieur aux lois, aux juges et au» bourreaux qui les fra{^)aient impitoyablement. Le jour vint où un homme de foi et de haute intelligence,. Coligoy, voulut inaugurer pour eux une phase nouvelle, celle de la revendication pacifique, mais ferme, du principe de la liberté de conscience et de cuite, consacré par les enseignements de Jésus- Christ. Dans une mémorable conférence tenue à La Ferté-sous- Jouarre, où la question religieuse dominait la question politique, il soutint énergiquement la nécessité de ne recourir qu a la seule force morale et qu'aux voies de la légalité, tant pour affranchir d'un pouvoh* tyrannique la France et une royauté débile, que pour fonder le régime de la liberté religieuse. Des esprits impatients et aventureux, substituant au di'oit strict la force^ Temportèreut sur 1 opinion énûse par Goligny. L'anm*al se retira, en déclinant d avance toute responsabilité quant aux mesures agressives qui seraient adoptées, et inébranlablement résolu à poursuivre pacifiquement la consécration légale et Tapplication de la plus précieuse des libedés publiques à conquérir. L'opinion qui avait prévalu dans la conférence de La Ferté conduisit au tumuUe d'Amboise, S'il n'est pas possible de retracer ici les nombreux détails qui se rattachent à la conception et à Texécution de ce complot, il est opportun du moins de lui restituer son véritable caractère, que la partialité de certains naiTateurs a sciemment altéré. Ce fut, ainsi qu'un pieux écrivain (M. Lutteroth, liist, de la Réfonn, en Fr., p. 1^) l'a judicieusement qualifié, un complot d' honnêtes gens. En effet, il fui l'œuvre, non de vulgaires conjurés, animés de viles passions, mais d'hommes, généralement recommandables , qu'exaspéraient, d'une part, la longue série de supplices infligés à d'innocentes victimes, et, de l'autre, l'asservissement de la royauté pai* les Guises. Ces honouues aspiraient, comme protestants, à l'anéantissement d'un régime de compression religieuse, comme Français et royalistes, au renversement des tyrans de la nation et des dominateurs de la royauté. Munis de l'avis, combattu d'ailleurs par Calvin, de plusieurs théologiens et jurisconsultes, ils se décidèrent à une prise d'armes, légitimée, à leurs yeux de môme qu'à ceux de leurs conseils, par la dii'ection que leur imprimerait un prince du sang. Deux chefs leur étaient nécessaires, l'un apparent, l'autre secret, jusqu'au moment où les circonstances exigeraient la révélation de sa personnalité prépondérante. Le premier fut un gentilliomme d'ancienne maison,' Godefroy de Barry, seigneur de La Renaudie ; le second, le prince de Condé. Tandis que celui-ci demeurait intentionnellement dans l'ombre et à l'état de chef muet, La Banaudiû»