AMBON — AMBROISE
Les ambons, mnbones, étaient ordinairement au nombre de deux, disposés l'un on face de Tautre : celui de di'oite (au sud) avait la forme d'un pupitre ou lutrin de forme carrée, auquel on montait par un seul escalier et d'où les diacres lisaient Tépître et les livres des prophètes; celui de g:auche (au nord), plus élevé, était une sorte de tribune ou chaire, de forme polygonale, accessible par un double escalier, et servait à la lecture de Tévangile et aux prédications. Près de lui, sur Tun des piédestaux de la balustrade, se dressait un petit pilier ou une colonnetle torse, supportant le cierge pascal. Les ambons étaient habituellement en marbre avec incrustations et décorés de mosaïques. On en voit de beaux exemples à Rome, dans les basiliques Saint-Clément, Sainte-Marie in Gosmedin et Saint-Laurent-hors-les- Murs. A partir du quatorzième siècle ils sont remplacés par la chaire et le jubé (voyez ces deux mots).
AMBROISE (Saint) fut le représentant le plus éminent de Tesprit et des tendances hiérarchiques de TKglise d'Occident du quatrième siècle, et en même temps un des écrivains ecclésiastiques latins les plus influents. Toutes les circonstances dans lesquelles il se vit placé contribuèrent également à lui faire obtenir une des places les plus marquées dans rhistoire des piétenlions sacerdotales, telles qu'elles s'accentuèrent de plus en plus à partir de cette époque. On s'accord(» assez généralement à le croire né k Trêves, vers 3i0. Son père, issu d'une famille consulaire distinguée, avait élé préfet du prétoire dans les Gaules et comme tel placé à la tète de l'administration des trois provinces les plus considérables de l'empire d'Occident. Toute la famille professait le christianisme ; la so'ur d'Ambroise avait même fait vœu de virginité et exerça une grande influence sur les idées religieuses de son frère. Après avoir perdu son père de bonne heure, Anlbroise jeune encore, arriva rapidement, par la faveur de l'empereur, au poste de gouverneur d'une grande partie de ritalie. Les circonstances, qui brusquement amenèrent Ambroise à échanger les haule^ fonctions politiques qu'il exei^ . çait, contre le siège épiscopal de Milan, même avant d'avoir encore reçu le baptême, sont enveloppées d'obscurité. Le récit que son biographe Paulin en a conservé, montre le caractère légendaire dont beaucoup d'autres de ses narrations portent l'empreinte. Les orthodoxes et les ariens se disputaient lu succession de l'évéque Auxentius qui venait de mourir, en 37 i, quand au milieu de l'agitation, la voix de Dieu se fit entendre par la bouche d'un enfant et entraîna les deux partis à proclamer avec enthousiasme Ambroise comme évèque de Milan. Toute résistance de sa pari fut inutile; l'empereur confirma son élection avec joie. Il entra dans l'exercice de sa charge sacerdotale en donnant tous ses biens à l'Eglise et aux pauvres. L'austérité tout exceptionnelle de la \ie qu'il adopta, les jeûnes et les autres pratiques ascétiques qu'il s'imposa à partir de ce jour, caractérisent l'idée qu'il se faisait de la sainteté chrétienne. Le parti des ariens jusqu'alors très-influent à Milan n'eut pits à se féliciter d'avoir contribué avec tant d'empressement à l'acclamer comme évoque. Ambroise lui fit une guerre sans répit, malgré le puissant appui dont il jouissait auprès de plusieurs membres