‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 88 sur 226 · AMBR · texte numérisé non relu

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de la famille impériale. Du reste, les autres hérétiques, teb 4}ue Jes manichéens, les joviniens, les aypollinaristes, ne lardèrent pas plus à se ressentir du zèle d'Ambroise pour la foi orthodoxe. Dans la poursuite de ce but, il ne craignait pas de résister ouvertement même aux exigences du pouvoir politique, quand celui-ci essayait d'obtenir de lui une concession quelconque en faveur des sectaires. Lorsque Valeiitinien, à Tinstigation de sa mère Justine, lui demanda (;^5) de oéder aux ariens une petite église, située hors des portes de la ville, il lui réponcht ; « UégUse appartient à Dieu, Tempereur n'a aucun droit à la demander. » Le peuple s'ameuta en faveur de l'évêque. Un sermon que prononça celui-ci, remph d'insinuations à l'adresse de Timpératrice mère, ne contribua pas à calmej» l'effenescence. <^ L'empereur, disait-il, n'est que membre de l'Ëglise et n'est pas placé au-dessus d'elle. » Plutôt que de livrer Théritage du Christ, il se déclarait prêt à subir la mort. Quand on lui envoya l'injonction de sortir de la ville, il répondit par le refus d'obéir, alléguant que ce serait abandonner son Eglise au moment du danger. Les contestations se prolongèrent jusqu'à ce qu'au moment suprême le ciel intervint, en faisant découvrir les reliques de deux martyrs, saint Gênais et saint ProtaLs, dont les miracles remplirent le peuple catholique d'un tel enthousiasme que la cour jugea à propos de ne pas poussejp les choses à bout. Ambroise luimême a laissé le récit de ces faits, dans ses lettres XX et XXII. La cour avait encore d'autres raisons de ne pas rompre avec ce prêtre énergique et influent. On se métiait des plans secrets de l'usurpateur Maxime, qui, il y avait quelques années, s'était emparé des Gaules et auprès duquel Ambroise avait alors déjà rendu de notables services au jeune Valentinien. On savait que le tyran méditait toujours une irruption en Itahe. Ambroise dut se charger de la mission difficile de l'engager à renoncer à ces projets. Nous possédons encore le rapport que l'évêque présenta à l'empereur du mauvais succès de ces négociations et de la manière dont il affronja le courroux du conquérant. Mais celui-ci bientôt après succomba devant les armes de Théodose, venu au secours de Valentinien. Ambroise ne tarda pas à gagner un grand îiscendant sur l'esprit de cet empereui* et la manière dont il en usa peint encore son caractère. Antérieurement déjà (385) il était entré en conflit avec le paganisme mourant, lorsque les partisans de celui-ci, ayant pour représentants Symmaque, le préfet de Home, et plusieurs membres du sénat, avaient essayé de regagner une position politique dans l'Etat pour le culte des anciens dieux, en demandant à Valentinien le rétablissement solennel de l'autel de la Victoire au Capitole. Ambroise se sentit appelé au nom de l'Eglise à élever sa voix contre un pareil acte de reconnaissance publique des faux dieux. Son influence l'emporta. Les écrits publiés à cette occasion, de part et d'autre, sont plus remarquables comme échantillons caractéristiques de l'esprit et de la rhétorique de Tépoque, que par la force de l'argumentation. En 388, les païens renouvelèrent leurs efforts auprès de Théodose, mais Ambroise triompha de nouveau et les lois par lesquelles Tempereur chercha à amener la suppression totale de l'ancien culte dans les différentes pailies de Fempire

paraissent avoir été ^écrîtes en partie en «moins b(hi6 rinspiraHon de Tëvéqoe. Son îiltolërance -se dépllf^ aussi à plusieurs occasions omtkfse les jiâijs. I^éaumoîus cette intolérance dhez lui n 'affia jamais jusqu'à lui fEÛreméconnaftre les lois fie llramanité. G^^est une justice que I^Mstoire éoti hn TenA*e. Il^t^ le cornmencemerft de son épiscopat on le «vît prote»tigr soTefHiifllement contre les persécutions san^laftftes qui avaient été dirigëis^contre les priscillianistes. Mais xm fait devenu bien plus célèbre nousle montre comme l'interprète et le défenseur courageux des sentiments d^faumanité vis-à-vis de Tempereur 'lui-même, l^ns une émeitie smrenue à Thessalonique à propos d'une course de chars, un général, Pothéricns, avait perdu la vie et Théodose, pour punir ce méfait, cmdomia le mitssacre 'de plusifiurs milliers d'habitants. Ambroise lui adressa mie Wtre dans laquelle il lui exposa toute la cruauté de ccft aiîte, et la «nécessité d'une réparation éclatante et d'une réconciliation publique avec Dieu en se soumettartt aux pémtenoes de l'Eglise. Malgré tcHlIesles inrrtancesdu prince, Ambi-oise maintint son excommunication et ne lui accorda TabsoluHon, qu^après qu'il eût fait preuve d'un repentir sincère. Les historiens ne sont pas d'accord dans tous les détails de leurs récits, .aussi a-t-on jugé très-diversement la conduite des deux hommes, placés l^n vis-à-vis de l'autre dans cette occuiTcnce. Mais le fait principal, attesté par les lettres d' Ambroise, ne saurait être révoqué'en doute. Théodose, du reste, n'en conserva pas moins, jusqu'à sa fin, envers l'évêque de Milan, l'estime et l'amitié qu'il lui avait toujours témoignées. Celui-ci ne survécut que deux ans à peu près à Tempepeur; il mourut en 397. — L'activité littéraire d'Ambroise ne fut pjis moins grande que son acti\'ité ecclésiastique et politique. On Ta môme surnommé le Cicéron chrétien, et ce nom, bien que trop pompeux, désigne du moins en quelque mesure son caractère comme orateur, en tant que la plupart de ses écrits appartiennent au genre oratoii'e : ce sont, en effet, des discours ou bien des livTcs qu'Ambroise composa en y fondant et en y remaniant des sermons et des homélies qu'il a\'ait débités soit aux catéchumènes, soit aux auti»es membres de son Eglise. C'étaient les Pères Alexandrins, et surtout Basile le Grand, Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse qui lui servaient de modèles ; ce fut leur goût pour l'explication mystique et allégorique des textes et des récits sacrés qu'il s'appropria et qu'il poussa jusqu'à l'exccîs. Aussi les nombreux livides qu'il composa sur des sujets tels que le pîiradis terrestre ou la création du monde, l'histoire de Caïn et d'Abel, farche de Noé, Abraham, Isaac, De Jacob et vita beata. De interpellât iotie Job et David, etc., n'ont~ils plus guère d'autre intérêt, qu'à nous faire connaître le genre de spéculations auxquelles se livrait l'esprit ascétique et religieux de ces temps. D'autres écrits ont pour sujet la vir^ ginilé, le célibat, la sainteté de la vie monacale. L'ouvrage qui reste le plus digne de remarque est celui qui porte le titre De ofj^ciis mim»ironcm; c'est une imitation du traité de Cicéron de officiiSy entrepî'ise au poiiît de vue de l'écrivain ecclésiastique du quatrième siècle. Les cinq livres De fide contiennent plutôt une longue polémique dirigée contre Tarianisme qu'un exposé dogmatique. On se tromperait du reste ^

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