‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 2)Chapitre 9 sur 226 · ABBÉ — ABBON · texte numérisé non relu

ABBÉ — ABBON

dans les ordres mineurs. — Les abbesses, élues par les nonnes au scrutin secret, doivent être issues d'un mariage légitime, âgées de quarante ans et avoir accompli leurs vœux pendant huit ans. Elles reçoivent la bénédiction de révéque qui leur remet la crosse et le pectoral. Elles exercent tous les droits temporels et spiintuels compatibles avec leur sexe; le cas échéant, elles se font suppléer par un vicaire. D'anciens canons leur attribuent même le droit de siéger dans les synodes.

ABBON (saint) de Fleuiy, Abùo Floriacensis abbas^ né près d'Orléans de parents libres, entra de bonne heure à Tabbaye de Fleur\\ Les études étant complètement éteintes en Angleterre, saint Oswald, archevêque d*York, qui avait étudié à Fleury, y envoya demander, en 985, quelque savant moine pour instruire les religieux de Tabbaye de Ramsey. Après s'être acquitté avec éclat de cette mission, Abbon revint à Fleury, en 987, et fut élu abbé l'année suivante. Dès lors, il eut à soutenir contre Arnoul, évêque d'Orléans, les droits de son couvent, qui prétendait « dépendre uniquement du pouvoir royal. » Au concile de Saint-Denis (995) , il prit la défense des moines contre les évêques, qui voulaient exiger la dîme des moines et des laïques. Ceux-ci soulevèrent la foule contre les évêques, qui furent frapp<'»s et dispersés. Accusé par .\rnoul d'être l'instigateur de cette émeute, Abbon adressa la même année son Apologeticus à Hugues-Gapet et à Robert; sa justification est en même temps un plaidoyer en faveur des privilèges des moines. En 991, Tabbé de Fleur^-^ avait assisté au concile de Saint-Baie, et, sans craindre d'encourir la défaveur d'Hugues-Gapet, il s'était constitué le défenseur d' Arnoul, archevêque de Reims, qui fut déposé par le concile. Envoyé pour la seconde fois à Rome, en 996, par le roi Robert, qui lui avait donné la mission d'obtenir la confu*mation de son mariage, il fit ratifier par Grégoire V les privilèges de son abbaye, et à son retour il obtint de Robert le renvoi de sa femme Berthe, et fit sortir Arnoul de Reims de sa prison. Honoré de l'amitié du pape et de la confiance du roi, il rétablit l'ordre dans plusieui'S couvents, à Marmoutier, à Mici, à Saint-Père de Ghartres; enfin, s'étant rendu à la Réole pour réformer le couvent de ce lieu, soumis à Fleury, il fut tué d'un coup de lance, le 13 novembre lOOi, dans une émeute des habitants soulevés par les moines. Dès 1031, son office était célébré k Fleury et à la Réole. La vie de ce célèbre abbé, restaurateur des lettres en Angleterre, et qui mérita d'être appelé, en 1031, au concile de Limoges, « philosophe illustre, et le maître le plus fameux de toute la France pour son autorité dans toutes les choses de la religion et du siècle, » a été écrite par son disciple, l'historien Aimoin, moine de Fleury. Ce remarquable morceau est imprimé dans Mabillon [AA, SS. o. Boned, sxc, VI, 1), et en extrait dans Du Ghesne, IV, Bouquet, X, etc; Migne, 139. Plusieurs de ses épîtres se trouvent avec V Apologeticus à la suite du Codex Canonum de Fr. Pithou (P. 1()87, fol.) Son Recueil de Canons, adressé à Hugues et à Robert, a été publié par Mabillon {Vet. Anal., H, p. 248 et suiv.). Voyez ses autres ouvrages dans Hisl. litf, de la Fr., VII, p. 159 et suiv., Mabillon, AA, SS. Ben. l. /., p. "30 et suiv. Gf. Bull, des Comités kistor.y a\T. iai9. Pardiac : Hisf. de Saint-Abbon. P. 1872. L'abbé de Fleury a

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