AME — AME DU MONDE
se placer sous la lumière de l'Evangile. — Pour la signification des noms hébreux nèphèch, rouah, nechâmâh, et leurs correspondants en grec, voir l'art. Dichotomie. A. Mattsr.
AME DU HOifDE. On dit quelquefois : rame de la France, Tâme de la Grèce. Cette expression n'est-elle qu'une image poétique, ou bien désigne-t-elle une réalité distincte? La question prend des proportions plus considérables dans la philosophie de la nature, où le spectacle de l'harmonie, de l'homogénéité de l'univers peut suggérer la pensée que le monde serait un grand organisme vivifié par une âme semblable à l'âme humaine. Platon est le premier qui ait explicitement professé cette doctrine. Encouragé par renseignement de Pythagore d'un feu central, principe de la vie dans le monde, et par le polythéisme grec qui déifiait les forces de la nature, il crut avoir trouvé l'explication des rapports du souverain bien, dans son idéalité pure, avec la matière. L'âme du monde, d'après lui, est une puissance intermédiaire, réunissant la vertu éternelle, indivisible de l'intelligence et la nature changeante, divisible de ce qui est corporel ; plus ancienne que le monde sensible, elle est le principe de toute forme, de tout ordre, de toute sensibilité, de toute vie ; c'est d'elle que les âmes individuelles tirent leur origine et leur nourriture (v. H. Martin, Etudes sur le Timée, I, p. 3^16 ss.). Le stoïcisme fit un pas de plus^ il professa le pur panthéisme ; la divinité ne fut plus transcendante ; la matière et Dieu, le passif et l'actif furent les deux éléments inséparables d'un organisme dans lequel Dieu était le principe vital. Mais l'école d'Alexandrie revint à la doctrine de Platon; pour Plotin (Enn. lll), l'âme du monde participe par sa nature de l'éternité simple, pure et parfaite de l'intelligence, mais par son activité elle donne naissance au temps, à l'étendue et contient h monde, comme l'intelligence contient l'âme et l'Un contient l'intelli gence. Peut-être faut-il voir un écho de ces pensées philosophique dans le livre de la Sapience aux chap. VU, 24; VIH, I ; Xll, i : a Te esprit incorruptible est en tout » (v. Comment, de Grimm, 186( Quelques Pères de l'Eglise crurent devoir, dans un intérêt apolof tique, faire un rapprochement entre cette idée de Tàme du monde la doctrine du Saint-Esprit, entre autres saint Basile et saint Grégc de Niiziance {Or. XXXVIl). Mais Origène déjà protestait que l'Ecrit seule a donné la notion de la subsistence du Saint-Esprit {de Princ. , T Abélard est le seul docteur qui, au moyen âge, ait renouvelé cette i milation {Theol. chr.y 1, Martene, Thés., ii76) : « Platonis vef^b anima mundi diligenter discntiamus, ut in eis Spiritum S. integei designatum esse agnoscamus. » A partir du quinzième siècle, Tan philosophême reparut, d'abord avec la renaissance de la philos platonicienne, puis par l'influence de la théosophie. Agripf Nettesheim adapte aux dogmes chrétiens toute une philosophie natiste, où le monde est un organisme vivant, dont l'âme, douée son, « est vita quœdam unica^ omnia replens, omnia pei'fundcns, coUigam et connectens, ut unam Peddat totius mundi machinart occulta Philosophia, 11, 57; 1510). Amos Coménius, dans un c qui a pour but de délivrer les sciences naturelles du joug de