‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 100 sur 157 · NAVILLE — NAZARÉENS · texte numérisé non relu

NAVILLE — NAZARÉENS

amis, de ses élèves et des membres de sa famille, estimé de ses concitoyens et de tous ceux qui rapprochaient, préoccupé enfin des plus nobles pensées qui puissent remplir le cœur d*un homme, menait une vie singulièrement belle, honorée et heureuse, heureuse surtout, parce qu'il y avait dans son cœur beaucoup de foi, d'idéal et d'espérance. Ses loisirs se partageaient entre les joies de Ja famille et la lecture des beaux chefs-d'œuvre de la littérature humaine^ qu'il aimait à lire aux siens en les commentant. Une circonstance inespérée vint, en dernier lieu, lui procurer une vraie jouissance. Les études philosophiques, qui avaient toujours eu pour lui le plus vif attrait, mais que la raison l'avait engagé à laisser momentanément de côté, l'avaient autrefois mis en relation avec un des plus grands métaphysiciens de notre siècle, Maine de Biran. Ces relations avaient été très vite interrompues par la mort du philosophe et, dès lors, Naville avait fait plusieurs tentatives inutiles pour se procurer les écrits inédits de Maine de^ Biran, qui étaient à ses yeux d'un prix inestimable. Longtemps après, au moment où sa pensée venait de revenir à la philosophie, à l'occasion d'un mémoire sur l'éclectisme, qu'il lut avec beaucoup de succès au congrès scientifique de Strasbourg, les papiers tant désirés lui furent remis par l'obligeance du fils du grand philosophe français, M. Félix Maine de Biran. L'arrivée de ces manuscrits. à la connaissance desquels il mettait un immense intérêt religieux et moral, fut pour lui comme la découverte d'un trésor. Il commençait à les revoir et, déjà, quelques fragments avaient paru dans la Bibliothèque universellej quand une maladie douloureuse vint l'interrompre dans ses travaux. Il eut la satisfaction de savoir que cette publication, à laquelle il attachait tant de prix, serait continuée après lui; mais lui-môme ne put jamais s'y remettre. Le mal qui s'était déclaré chez lui était mortel et ne tarda pas à amener un dénouement fatal (22 mars 1845). Cette moxt, qui l'enleva aux siens presque dans la force de l'âge, lui épargna la vue des orages politiques qui étaient sur le point d'éclater et dont le spectacle aurait peut-être un peu troublé sa foi dans les progrès politiques et sociaux de l'humanité ; mais elle lui ravit aussi des joies qui auraient été douces à son cœur, en particulier celle de voir d'anciens élèves, arrivant des diverses parties du monde, îipporterà Yernier le témoignage de leur reconnaissance et de leur aÉFectueux souvenir. Ses restes mortels, accompagnés d'un nombreux cortège, furent déposés en terre à Vernier même, dans un .site d'une beauté sévère, près des bords du Rhône, et en face de ces mômes Alpes qu'ilaimait à comtempler de la terrasse de sa demeure.

A. Naville.

NAZARÉENS. — Ce fut le premier nom appliqué par les juifs aux premiers disciples de Jésus-Christ (Act. XXIV, 5), et probablement dans une intention de mépris (Jean I, 46), comme si ce nom d'une petite ville de Galilée eût d'avance discrédité les prétentions et l'autorité d'une petite secte provinciale. Le désir de transformer le nom méprisant en nom glorieux n'est probablement pas étranger à la vivacité avec laquelle l'auteur du premier évangile (11, 23) met celte

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