NAZARÉENS
appellation sous le patronage des prophètes. Au temps de Tertullien fle nom de nazaréens servait encore chez les juifs à Résigner les chrétiens : Unde et ipso ncmine Nazarxo Judxi Nazarxos appellant [Adv. Marc^ lY, 8). Le nom se restreignit par lasuîte parmi les juifs à <eux de leurs compatriotes qui, sans renoncer précisément au judaïsme, regardaient Jésus comme le Christ, Fils de Dieu, né de la Vierge Marie : Usque hodie, dit Jérôme {Epist. 89 ad August.),per totas Orientis synagogas inter Jndxos hxresis est qux dicUur Minxorum (les mvinim ou hérétiques) et a Pharisxirnunc usque damnaïur, quos vulgo Nazarxos nuneupant, qui credunl in Chiristum^ filium Dei^ natum de Virgine Maria^ et eum dicunt esse qui sub Pontio Pilalo passus est et resurrexitf in quem et nos eredimus; sed dum volunt et Judxi esse et i^hristîani, nec Judxi sunt nec Ckristiant, — Les tout premiers chrétiens eussent préféré certainement le nom d'ébionites qui était en honneur parmi les juifs pieux et qui resta celui des juifs convertis restés fidèles à la loi. Mais une différence notable quant à la rigidité légale et dans les croyances ne tarda pas à diviser 1^ judéo-chrétiens en deux fractions distinctes. Ce sont les deux sortes d*ébionites mentionnées par Origène, C Ce/*., V, 61, 65, et par Eusèbe, II, EccL, III, ^, et le nom de nazaréens fut par la suite réservé à la tendance
,, judéo-chrétienne qui s'écartait le hioins du premiçr catholicisme.
' Les nazaréens regardaient la Loi comme toujours obligatoire pour es juifs de naissance, mais se contentaient pour les chrétiens sortis du paganisme de Tobservation des préceptes dits noachiques. Ils restaient donc sur le terrain du compromis défini Act. XV. Cette différence entre eux et les judaîsants rigides est relevée par Justin Martyr, qui toutefois ne leur donne pas de nom particulier et qui ne 'fait aucune difficulté de les considérer comme des chrétiens de bon aloi (OiaL c, Tryph,, 1. xlvh). De plus, ils croyaient à la conception jniraculeuse de Jésus par l'opération du Saint-Esprit. En ce sens on peut regarder le rédacteur du premier 'évangile comme se rappro- 4:thant beaucoup de leurs opinions à la fois universalistes et dominées par un pieux attachement à la Loi. Irénée et Tertullien ne parlent dans leurs ouvrages contre les hérésies que des ébionites rigides. C'est probablement parce que le nazaréen modéré et plus tolérant si'était pas encore classé comme membre d'une secte hostile h TEglise. Au temps d'Epiphane et de Jérôme, ils formaient pourtant une secte à part, et le premier les range formellement dans son catalogue d'hérésies (^a?r.,xxx.) Ils étaient répandus au cinquième siècle" «dansla même région que les ébionites, dans la région de Bérée, en Oélésyrie, dans la Décapote et en Batanée. Jérôme crut trouver chez les nazaréens de Bérée le texte hébreu primitif de l'évangile selon /saint Matthieu, et en prit copie: Matihwus\.»evangelium Chrisii hebraï- 'Cis tUteris verbisque composuit, Quod quis in Grxcum transtulerit, non ^atiseertum est, Porro ipsum Hebraïcum habetur usque hodie in Cxsa» riensi bibliotheca, quam Pamphilus martyr studiosissime confessit. Mihi -quoque a Nazarxi^ qui in Berxa^ urbe Syriœ, hon volumine utunlur, ^escribendi 'acultas fecit{De vir. illastr,, ch. ni). Jérôme se trompe en