‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 102 sur 157 · NAZARÉENS — NAZARETH · texte numérisé non relu

NAZARÉENS — NAZARETH

ce sens que notre évangile de Matthieu n*a pu être traduit de l'hébreu, du moins sous sa forme actuelle. Donc l'évangile hébreu des nazaréens n'en peut avoir été l'original. Mais il est fort probable que cet évangile nazaréen s'en rapprochait au point de pouvoir à première vue passer pour en être l'équivalent hébreu. C'est ce qui semble ressortir aussi de ce qu'en dit Epiphane. Ailleurs, ayant sans doute comparé les deux textes d'un peu plus près, Jérôme est beaucoup moins affirmatif (cf. Comm, inMcUih,, II, 13; Cont. Pelag. yl\l,2). Nous pouvons penser, d'après ce que nous venons de dire, qu'en effet, sauf la différence de langue, ces deux évangiles sortent d'un même milieu, sont composés dans un même esprit et forment en quelque sorte deux variantes d'une même première codification de l'histoire évangélique. — Signalons encore qu'Ëusèbe attribue aux judaïsants modérés aussi bien qu'aux rigides une grande aversion contre Tapôlre Paul, tandis que, d'après Jérôme (ad Jes,, IX, 1), ils reconnaissent la légitimité de la mission de cet apôtre, novissimiis apostolorum omnium. Cette conWadiction s'explique peut-être tout simplement parle fait que peu à peu les nazaréens avaient modifié à cet égard leur manière de voir.L'histoire du judéo-christianisme, qui agit fortement sur la chrétienté des deux premiers siècles et se perpétua sans éclat jusqu'au septième, est obscui*e. Celle du parti nazaréen est obscure entre toutes. C'est le parti ébionite qui était le plus ardent et le plus militant. On peut même se demander, malgré la distinction tranchée qu'Epiphane établit entre les ébionites et les nazaréens, si ces derniers furent jamais autre chose qu'une nuance adoucie de l'ébionitisme (voy. cet article). A. Réville.

NAZARETH (Nallapéa, NaCopsT), ville de la basse Galilée, située dans le territoire de la tribu de Zabulon, sur une colline. C'est à Nazareth que demeuraient les parents de Jésus, qui y passa sa jeunesse <Marc 1,9; Luc II, 51 ; IV, 16) ; aussi la ville s'appelle sa patrie (Matth. Xlll, 54 etc.). Dans la suite Jésus fixa sa résidence à Capernailm, peutêtre à la suite de l'incident que raconte Luc (IV, 29), mais ses contemporains l'appelaient « le prophète de Nazareth » (Matth. XXI, 11) et dans les évangiles il est appelé constamment « Jésus de Naïareth. » C'est pourquoi les chrétiens furent désignés de bonne heure par le nom de nazaréens, lequel est porté aujourd'hui encore par les chrétiens enOrient. — Nazareth était une localité peu importante; elle n'est mentionnée ni dans l'Ancien Testament ni dans Tancienne littérature juive. Eloignée des routes de grande communication, la petite ville galiléenne était peu considérée ; nous en trouvons la preuve Actes, VI, 14, où Jésus est appelé « le Nazaréen. » Elle existe encore aujourd'hui sous le nom de En-Nâçirah et est située dans la partie la plus méridionale de la partie montagneuse de la basse Galilée, dans une vaste vallée qui s'étend du sud-sud-ouest vers le nord-nord-est. C'est là que s'élève le Dschebel es-Sîch, à mil sept cent cinquante pieds au-dessus du niveau de la mer. Dans les premiers temps du christianisme, Nazareth semblait oubliée ; elle n'acquit une certaine importance qu'à l'époque des croisades, lorsque,

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