‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 109 sur 157 · NECKER DE SAUSSURE · texte numérisé non relu

NECKER DE SAUSSURE

nelles ; une amitié sincère, et qui survécut à la mort de M""* de Staël unissait M""* Necker aux divers membres de la famille de Broglie, et Tun des amis de la famille, le spirituel M. Doudan, a composé une •excellente biographie de M"* Necker. On croira sans peine que M** Necker, qui se plaisait si fort dans la société genevoise, éprouvait -également un plaisir infini à rencontrer les esprits supérieurs que réunissait le salon de Goppet. Malheureusement, elle fut, bien jeune •encore, atteinte d*une infirmité qui la contraignit à renoncer presque absolument aux relations ,de la société. C'était une surdité croissante, qui, par suite de Tisolement dont elle Tentoura^ Tui causa une tristesse difficile à surmonter. Alors seulement, et sur le conseil de M"* de Staël, elle songea à confier au papier les pensées et les réflexions qu'elle ne pouvait plus exposer dans la conversation et bientôt, cette solitude forcée donna à la littérature française un écrivain de plus. Le début de M*"* Necker, dans cette voie nouvelle, fut la traduction <le Touvrage de W. Scfalegel sur la littérature dramatique, traduction accompagnée d'une introduction fort intéressante (3 vol., 1814). Elle composa ensuite une biographie de M"" de Staël : cette biographie, composée sous l'empire de souvenirs récents et douloureux, a presque les caractères d'un panégyrique, mais d'un panégyrique sincère et enthousiaste qui ofi*re lo plus vif intérêt. Elle se trouve en tète d'une édition complète des œuvres de M"" de Staël, publiée en 1820 et 1821. M"» Necker se consacra ensuite à la préparation du grand livre qui devait lui assurer une place dans le monde de la littérature et des sciences morales : V Education progressive (3 vol.), ouvrage composé de deux parties bien distinctes. Les deux premiers volumes traitent, d'une manière générale, de l'éducation de l'enfance et de radolQSccncc ; le sujet du troisième est dans un sens plus limité, mais dans un autre infiniment plus étendu et aussi plus nouveau ^et plus original. C'est une étude sur la vie des femmes où l'auteur sans se borner aux années de l'enfance et de la jeunesse, accompagne les femmes à travers toutes les phases de leur existence, depuis le berceau jusqu'au tombeau; il faut plutôt dire « jusqu'au seuil de l'éternité », car dans l'ouvrage de M"* Necker, la religion joue le premier rôle et la vie apparaît dans son livre ce qu'elle était à ses yeux, une éducation par laquelle Dieu prépare l'homme à entrer dans réternité. Du moment que l'idée de l'éducation est prise avec tant d'ampleur et d'une manière si élevée, il est impossible d'imaginer un sujet plus beau, plus riche, plus propre à faire naître dans l'esprit des réflexions profondes et intéressantes. Ce sujet. M"* Necker, par la hauteur de son intelligence, par la largeur de ses conceptions, par son expérience de la vie et du monde, était éminemment propre à le traiter ; aussi elle a composé une œuvre remarquable et presque unique dans son genre, dans laquelle le lecteur rencontre à chaque pas de sages conseils, des réflexions fines et judicieuses, et, partout, une nourriture morale et intellectuelle aussi délicate que fortifiante. V Education progressive est un beau livre dont Genève s'honore à juste titre et, dès le début, il assura à son auteur une

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