NEWTON
paraît-il, qu'une pure fiction. Après son retour à Cambridge, il prit successivement les autres grades universitaires et occupa en 1669 la chaire de mathématiques; il remplit ses fonctions de professeur pendant vingt-six ans avec un zèle extrême, de 1669 à 4695. Le il janvier 1672, sur la proposition de Setlward, évèque de Salisbury, il fut élu membre de la Société royale de Londres. 11 n'avait alors d'autre titre à cette distinction que l'invention du télescope qui porte son nom. Gomme témoignage de reconnaissance, il envoya à la Société royale la première partie de ses recherches sur l'analyse de la lumière, travail qui devait produire, dans le monde savant, une série de découvertes si brillantes et si inattendues. Jusqu'en 1675, il communiqua à ce corps savant un certain nombre de mémoires sur le même sujet ; mais l'envie s'étant attaquée à ses succès, il crut devoii se renfermer pendant quatre ans dans un silence absolu. On peut penser que Newton ne resta pas oisif pendant cet inter\'alle ; il s'occupa principalement d'observations astronomiques, et le 16 novembre 1679, la Société royale lui ayant demandé son sentiment au sajet d'un système de physique céleste, il écrivit une lettre dans laquelle il proposait, comme une chose curieuse, de vérifier le mouvement de la terre par une expérience directe, qui consisterait à faire tomber de^ corps d'une grande hauteur et à observer s'ils suivent exactement la verticale ; car si la terre tourne, la force centrifuge de ces corps à leur point de départ, devant être plus grande qu'au pied de la verticale, on trouvera qu'ils s'écartent de cette ligne vers l'est, au lieu qu'ils doivent la suivre exactement si la terre ne tourne pas. Cette première observation le conduisit à d'autres découvertes et il en arriva peu à peu à concevoir et à formuler le système de la gravitation universelle qui est son impérissable titre de gloire. Tous ses travaux sur la théorie du système du monde sont réunis dans son merveilleux ouvrage des Principes qui fut publié, pour la première fois, en 4687. « Cet ouvrage, a dit Laplace, restera comme un monument éternel de la profondeur du génie qui nous a révélé la plus grande loi de Timivers. » — En 1689, Newton fut choisi par l'université de Cambridge pour la représenter au parlement. Il n'y brilla pas comme orateur politique ; une seule fois, dit-on, il prit la parole, et ce fut pour inviter l'huissier à fermer une fenêtre d'où Tenait un courant d'air capable d'enrhumer l'orateur qui occupait la tribune. Après la dissolution du parlement, en 1690, Newton reprit le cours de ses travaux favoris. Vers la même époque, il perdit sa mère, et dès l'automne de 169â, sa santé commença à s'altérer ; chose plus grave. à la suite d'un accident qui lui fit perdre un précieux manuscrit, sa raison se troubla momentanément et Une paraît pas qu'il l'ait jaxnai> retrouvée avec sa vigueur primitive. En 1699, l'Académie des sciences de Paris se l'adjoignit comme associé étranger. Bn 1701 1 il représenta une seconde fois l'université de Cambridge, avec la même insignifiance que la première fois. £n 17(^, il fut élu président de la Société royale de Londres et il conserva ses fonctions sans interruption jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant vingt-cinq ans. En ITCfô, il