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les conseillers et les représentants du roi ; les autres évoques lotharingiens sont admis à pénitence, mais Gonthier se révolte. C'est -alors que Louis le Germanique, pour intimider le pape et défendre son frère, marche sur Rome (864), et s'établit à Saint-Pierre. Le pape, réfugié au Latran, ordonne une procession immense, mais lorsque là litanie arrive auprès de la résidence impériale, les soldats la dispersent au milieu des dernières violences, et Gonthier, dont les messagers pénètrent dans la basilique par la force, fait déposer sa protestation sur le tombeau de saint Pierre. Le pape se transporte •du Latran à Saint-Pierre où il reste deux jours prosterné, sans manger et sans boire ; c'est là qu'il reçoit l'impératrice, envoyée par son mari frappé de la fièvre et effrayé; l'empereur quitte Rome. "Waldrade fut renvoyée; en route pour Rome elle s'évada; des deux archevêques condamnés, l'un, Thietgaud, mourut tristement en exil, et Gonthier ne fut admis qu'en 869 à la communion des laïques. Ce fut également Adrien II, le successeur de Nicolas, qui termina en accordant le pallium à Vulfade et en comblant en même temps d'éloges son ennemi Hincmar, la longue querelle toute personnelle à Hincmar, et commencée dès 853, qui se plaida encore devant les conciles de Soissons (866) et de Troyes (8G7). Hincmar voulait dégrader Vulfade, évoque d'Hildesheim, protégé du pape, et les clercs illégalement ordonnés, ainsi que lui, par le prédécesseur d'Hincmar, Ebbon. La soumission du clergé franc n'était pas assez entière aux yeux •du pape. Nicolas ne vit pas non plus le triomphe de la papauté sur Constantinople. Le patriarche Ignace, prélat d'origine impériale et homme de grande vertu, avait été déposé par violence et Photius, laïque, élu à sa place (857); la force* et la fraude arrachèrent à Ignace son abdication. Le pape envoie en 860 deux lég?ts a latere h Byzance, et ses messagers se laissent gagner. Le pape maintient fort hautement ses droits et ses privilèges : « aucun concile, dit-il, ne me les a donnés ». Photius excommunie Nicolas dans un svnode
réuni à Constantinople, mais il est entraîné par la chute de l'empereur Michel l'Ivrogne, et précipité de son pouvoir (867) ; à ce mo- «nent, Nicolas I" était mort depuis douze jours (13 septembre). Le pape n'avait pas négligé de profiter des affaires d'Orient pour établir sur autorité sur l'église des Bulgares (866). — Les sources de l'histoire de Nicolas I'*", sont, après Ibl Liber Pontificalis, les chroniqueurs, «n particulier Réginon de Priim, les Annales dites Bertiniennes, qui sont en grande partie l'œuvre d'Hincmar (Pertz I et édit. Dehaisnes, 1871), les Annales de FwWe,etc., mais surtout les Actes des conciles et Jes Lettres du pape, publiées dans les recueils conciliaires (Mansi, XV, Labbe,VIlI) et, d'après les notes de Constant, dans les Analecta Juri^ Pontificiij 1869, p. 47. Voyez Baronius et Pagi ; les historiens de Home, Gregorovius III, de Reumont II, Baxmann L et avant tout Hefele, Conciliengeschichle, IV, 2« édit., 1879; sur la querelle avec l^holius, le Photius du cardinal Hergenrœther, Regensburg près Mayence, 1867-1869, A vol., et H. L«Tmmer, Nie, l u. die byz. Staats Kirche, Berl. 1857; sur les affaires de Lothaire et d'Hincmar, Malfatti,
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dans làNuova Anlologia, 1878, p. 42i, et le IJincmar de v. Noorden; Thiel, De Nie. I, législature ecclesiastico, Braunsb., 1839.
NICOLAS n (1058-1061). Lorsque mourut Etienne X, Hildebrand était en Allemagne ; le peuple et le clergé avaient juré de ne poinl élire un pape avant son retour, mais par inflence des Tusculans, un membre de cette triste famille, Jean dit Mincius, évoque de' Velletri, se fit élire et prit le nom de Benoît X. Hildebrand aussitôt fit agréer par la cour impériale Tarchevôque de Florence, Gérard, né au château de Chevron en Bourgogne (Isère), et Nicolas II fut élu à Sienne (Camici, Del Vescovado FiOrentino di Gherardo di Borgogna, dans Cesaretti, Série df Duclûdi Toscana, Flor., 1780, 11,2). L'antipape est bientôt expulsé, et il fut déposé ignominieusement dans un synode tenu au Latran ; les Annales romaines, chronique hostile à Hildebrand, racontent qu'à la mort de Benoît X(1073), Grégoire VII pleura surlui. lui rendit justice, et le fit ensevelir comme un pape. C'est en 1051> que fut tenu au Latran le grand concile dans lequel Nicolas II, aucioritate apostolica decernem, fit voter le célèbre décret relatif à l'élection des papes :« A la mort du pape, qu'avant tous les cardinaux-évèques délibèrent avec diligence, qu'il s'adjoignent ensuite les cardinaux-clercs, et qu'alors le reste du clergé et le peuple donnent leur consentement à l'élection; que ces hommes religieux (les cardinauxévôques) soient promoteurs de Télection, que les autres les suivent: qu'ils élisent le pape dans le sein de l'Eglise de Rome, s'il se trouve une personne idoine, sinon, qu'il soit pris ailleurs; sauf l'honneur el la révérence de notre cher fils Henri,roi et futur, empereur, et deses successeurs, qui auront obtenu personnellement ce droit (?) du siège apostolique ; si une électiç)n pure et sans argent ne peut se faire dans Rome, que les cardinaux-évôques, avec des hommes religieux, môme s'ils sont peu, élisent le pape où ils jugeront le plus convenable, et si l'élu ne peut être intronisé, qu'il n'en gouverne pas moins dès aussitôt comràe pape la sainte Eglise romaine. » Ont signé 80 évoques, tous italiens, sauf un bourguignon et un français. Ainsi les cardinaux-évêques sont prxducesj les autres 5eçaac« ; l'empereur et le clergé romain sont réduits à approuver l'élection dontle> évoques ont délibéré. Le texte que nous venons de citer est compris dans le Oécrc/ de G ration ; avant G ra tien Ives de Chartres l'avait recueilli ainsi que Hugues de Pleury dans un traité sur le pouvoir des rois et Hugues de Flavigny dans sa Chronique. Mais il existe un autre texte du même canon, c'est le texte impérial ; Pertz Ta publié en 1837 {Leg, I) d'après un manuscrit du Vatican et Jaffé en 1869 d'après le Codex d'Udalrich, il était connu auparavant par la Chronique de la Farfa, couvent romain et gibelin. Le texte impérial efface le nom des cardinaux-cî;é</uw ; ils associe au premier acte de l'élection, à la tractation, le roi des Romains, qui prend place parmi les prxduces, les promoteurs de l'élection. Avant même que Pertz eût publié son célèbre texte, M. Cunitz, quileconnaissait par la Chronique deFarfa,s'étail prononcé contre la recension impériale [De Nie. II Décréta, thèse de Strasbourg, 1837); Gieseler, Philipps, Waitz {Forschungen z, d.