NICOLAS IV — NICOLAS V
siano dans la province d'Ascoli. Elu après un long et pénible conclave, il gouverna l'Eglise entre Honorius IV et Célestin V, de 1288^ à 1294. Il éleva la façade, détruite aujourd'hui, de Saint-Jean de Lalran et contruisil la tribune qu'il décora de sa mosaïque ; on lui doit aussi Tabside Téglise de Sainte-Marie-iMajeure, où son image se voit sur liL mosaïque de la tribune et où Sixte-Quint, franciscain comme lui, lui lit élever, alors qu'il n^était que cardinal, un splendide monument. Nicolas IV est le premier franciscain qui ait été pape.
S. Berger.
NICOLAS V. Thomas de Sarzane, cardinal-évêque de Bologne, fut élu le 6 mars I i47. Son premier soin fut de ramener la paix dans la ville en accordant pardon et faveurs aux Colonna et d'assurer sa sécurité en relevant les murs et en fortifiant leCapttole. Le 9 avril 1449, il se réconcilia, sur les instances de Charles Vil, avec Félix V qui renonça au pontificat; en 1451, une ambassade grecque vint à Rome pour implorer, au nom de Constantin Paléologue, l'assistance de> chrétiens d'Occident contre les Turcs et pour proposer la réunion des deux Eglises ; le décret d'union fut solennellement accepté, mais rencontra une opposition très vive dans le bas clergé et dans le peuple de Constantinople. Nicolas avait prévenu l'empereur qu'il attendrait encore trois ans pour voir si le figuier porterait du fruit, et que s'il n'^n portait pas, il serait coupé jusqu'à la racine. Cette menace se réalisa plus tôt que le pape n'avait pensé ; il ne se consola pas de 1» prise de Constantinople par les Ottomans (29 mai 1453). Le couronnement de Frédéric III se lit à Rome le 18 mars 1452 avec la pompe accoutumée; quoique les deux chefs de la chrétienté n'eussent rien i\ craindre de l'ambition l'un de l'autre, Nicolas avait fait doubler Icî^ gardes et mettre le Capitole et le château Saint-Ange en état de défense pour prévenir un coup de main. Peut-être prit-il ces précautions moins contre l'empereur que contre le peuple romain. A Rome» en effet, le souvenir des anciennes franchises était encore très vivace, et il suffisait d'un prétexte, d'une occasion pour provoquer un mouvement populaire. On le vit bien lorsque Stefano Porcari essaya de soustraire Rome à la « domination des prôtres : » ce tribun qui se croyait désigné par ce vers de Pétrarque : un cavalier cKltalùi tutta onora, réunit autour de lui des hommes prêts à se saisir du pape et des cardinaux, et à renverser le gouvernement pontifical. La conv piration fut découverte à temps; Stefano et ses complices payèrent de la vie cette tentative dangereuse ; le pape, malgré sa bienveillance naturelle, déploya depuis lors une sévérité justifiée par l'état des esprits dans Rome et dans les Etats romains. — Nicolas a plus fait pour embellir Rome que ses prédécesseurs dans les cent dernières années; outre les travaux de fortification, il entreprit la restauration des églises, commença sur un plan grandiose la reconstruction du Borgo, releva les aqueducs, répara les ponts ; il fut aidé par des artistes tels qu'Alberti et Antonio Rosellini et par Fra Giovanni da Fiesole, qui peignit la chapelle de Saint-Laurent dans le palais pontifical. Sa passion des livres était peut-être plus grande encore que sa passion de^