‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 130 sur 157 · NOMBRES · texte numérisé non relu

NOMBRES

tueuse. Quoi qu'il en soit, les Hébreux connaissaient indubitablement le système décimal, car abstraction faite des noms pour Tunité et la dualité, ce système seul présente une étymologie assurée pour le chiffre iO et ses multiples. Il est d'ailleurs à la base du Décalogue déjà et du Notre Père, dont les demandes pouvaient se compter sur les doigts, de même que nous le retrouvons dans Thistoire d' Abraham qui décompte de cinq en cinq et de dix en dix. C'est pourquoi aussi la lettre Jod (la main) occupe dans Talphabet la dixième place. Outre les dix doigts, on se servait probablement de petites pierres, de grains de sable et de blé pour les opérations du calcul journalier. Mais bientôt le besoin d'avoir pour les chiffres des signes particuliers dut se faire sentir. Les monnaies samaritaines prouvent que dans les temps postérieurs à l'exil on se servait pour cela, des lettres de l'alphabet ; mais il est fort probable que cet usage remonte beaucoup plus haut. Il serait important de donner ici le tableau de cette numération, mais V Encyclopédie ayant banni l'emploi de caractères hébraïques, la transcription en caractères romains ne rendrait pas exactement la signification de chaque lettre. Aussi nous contenterons-nous de dire que les unités étaient désignées par les neuf premières lettres de l'alphabet, les dizaines par les neuf suivantes, les quatre premières centaines par les dernières et à partir de cinq cents on employait soit des lettres doubles, dont la première était accompagnée du signe ^ soit des cinq lettres finales désignées par lavox memorialis chkamnephez, c'est-à-dire les lettres k, m, n, ph,ç. Pour les mille jusqu'à neuf mille, on 'reprenait les neuf premières lettres, soit en les surmontant d'un tréma, soit en les soulignant. Dans les nombres composés, le grand chiffre précède le plus petit, par exemple 11 = a"!; 15, dont les deux chiffres auraient été les mêmes que ceux qui désignent le tétragramme Jehovah, était figuré par 9-f() (r"t). Ce qui prouve surabondamment que l'usage des lettres comme signes arithmétiques remonte bien haut, ce sont les nombreuses erreurs dans les indications des chiffres. Ces erreurs proviennent pour la plupart de la confusion faite entre des lettres semblables, en partie aussi de l'habitude prise de bonne heure de ne pas écrire le mot tout entier désignant le nombre, mais les initiales seulement (Gesenius, Geschichle der hebr. Sclirift,, Leipz., 1815; Movers, A'ntische Untersuciiungen ûber biblische Chronikj 1832), en partie enfin d'une tradition qui, par un sentiment de piété exagéré, grossissait inconsciemment certains chiffres. Ajoutons que l'hypothèse de Movçrs, d'après laquelle les Hébreux auraient eu un véritable S3'$tènie de chiffres, indépendamment des lettres qui devaient les représenter, n'a pu être jusqu'ici prouvée scientifiquement. Si nous reprenons maintenant notre analyse, nous trouvons que 10,000 (rebabâh) implique chez les Hébreux l'idée d'un grand nombre indéterminé, un chiffre rond qui est devenu dans la suite un chiffre déterminé. liéciproquement aussi, la langue hébraïque se sert de certains nombres déterminés et précis, comme de chiffres ronds. D'après l'usage linguistique, comme le prouvent d'innombrables passages qu'il serait

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