‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 133 sur 157 · NOMS · texte numérisé non relu

NOMS

Vessence divine se manifeste sur terre. Le nom de Dieu se retrouve dans Fange qui guide Israël à travers le désert (Exod. XXIII, 21). parce qu'en lui réside la puissance et la majesté divines ; le nom de Dieu se trouve dans son sanctuaire, parce qu'il s'y révèle (2 Sam. VII, 41). Dieu lui-môme jure par son grand nom (Jérém. XLIV, 26), parce que son essence qui se manifeste par ce nom, garantit la véracité de sa parole. Son nom élève le roi d'Israël (Ps. XX, 2), parce que par le roi se dévoile sa puissance, et si Israël élève son étendard au nom 4e Dieu (Ps. XX, 6), il faut songer à une union réelle et intime avec le Dieu vivant. Les différents noms qui désignent Dieu doivent manifester les différentes phases de son activité. C'est ainsi que El-Schaddaj (le Tout-Puissant) et Jahve (Jéhovah) répondent dans leur suite historique au développement de la révélation. Faut-il s'étonner après cela que les noms de personnes dans l'Ancien Testament reposent soit sur des caractères spéciaux, soit sur des circonstances particulières de naissance ou de rapports avec Dieu. Fréquemment les motifs qui ont fait prévaloir tel nom sont, indiqués expressément (Gen. III, 20; IV, 1 et 25 ; V, 29 ss.). C'est ainsi qu'à cause de son extérieur singulier, le fils aîné d'Isaak s'appelle Esaii (Edom), c'est-à-dire le velu, et que son second fils porte le nom de Jacob (celui qui tient le talon), à^ cause d'une circonstance particulière qui a accompagné sa naissance (Gen. XXV, 25. 30). Les jeunes filles, à cause de la grâce inhérente à leur nature, sontZipporah (petit oiseau), Jémima (petite tourterelle), Thamar (palmier), Kéziah (branche de cannelle). Nous trouvons le mot Jonah (pigeon) appliqué aussi aux hommes, à côté des noms de Schu*al (renard), Ajjah (vautour), Zeeb (loup), et Oreb (corbeau). Plus fréquents encore sont les npms qui ont rapport à Dieu, comme Jonathan (Théodore) et Nathana6l(Dorothéos), comme si les parents avaient voulu exprimer leur gratitude envers Dieu ; en appelant leurs enfants Elieser (que Dieu aide) et Asarja (aide Dieu I), ils voulaient sans doute appeler sur eux tout particulièrement l'assistance divine. Joël (Jahve est Dieu) et Michaja, abrégé en Micha, (qui est comme Dieu?) doivent témoigner en faveur de la croyance en Dieu. L'honneur d'appartenir au peuple de Dieu est exprimé par le nom de Amminadab (peuple noble). Les noms des personnes étant en rapport direct avec leur position, le changement de cette position amenait aussi celui du nom ; c'est ainsi qu'Abram (père puissant) est changé en Abraham (père de la multitude), Sarai en Sarah, Salomon en Jedidja^ Osée en Josué, comme dans le Nouveau Testament Saul devient Paul après sa conversion. Toutefois, quand une fois un certain nombre de noms eurent été mis en usage, on les choisissait indistinctement, en donnant toutefois à l'enfant soit le nom de son grand-père ou de son père, soit encore celui d'un protecteur ou d'un parent puissant. Avec ces changements, nous entrons dans la période <lu Nouveau Testament, où les noms subissent toute espèce de transformations : Joseph devient José et Joses, Mirjam, Marie, et Josué, Jésus. A côté des noms hébreux se glissèrent des noms araméens comme Martha (dame, de mar)^ ^Jabitha, Zibéa, des noms grecs ira-

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duits de l'hébreu et plus tard encore des mots latins. C'est à cet usage qu'il faut attribuer le double nom rattaché à la même personne, comme, par exemple celui de Didyme que portait Thomas et celui de Jean que portait Marc. Gomme beaucoup d'individus porlaient le môme nom, on y ajoutait un surnom tiré soit de leur origine (Judas Ischarioth, Marie Magdeleine (de Magdala) ; les noms d'hommes étaient caractérisés par la syllabe araméenne Bar, fils ; Barsabas, Bartholomée, Barrabas, Barnabas (nom dans lequel l'ancienne appellation se confond avec la nouvelle). — Quant à la forme linguistique des noms, il faut observer qu'on employait comme tels des substantifs (adjectifs et participes), des formes verbales, surtout de l'infinitif et des substantifs composés, comme, par exemple : Jonathan (Dieu a donné), Ezéchiel (Dieu est fort), Ruben (voyez, un fils). Parmi les mots composés figurent des mots formés avec le nom de Dieu (El-jakim et Abdi-el, ou encore Nathan-jahu,Nathanja -Nathan). Tout aussi nombreux sont les noms commençant par Ab, Abi (père) ou Ach, Achi (frère). Ces noms sont surtout importants au point de vue religieux, parce qu'ils servent puissamment à l'étude du développement de la conception religieuse d'Israël à travers les siècles de son existence.— Sources : Leusden, Onomasticuni sacrum^ Lugd. Bat., 1664; Ewald et Gesenius , Lehrgebdude ; Nestlé , Die israelitischen Eigennamen in ihrer rcligionsgeschichUichen Bedeutungj Haarlem, 1876.

E. SCHERDUN.

NONCE. Voyez UgaL

NON-CONFORMISTES, nom donné en Angleterre aux différentes sectes protestantes qui ne se rattachent pas à l'Eglise anglicane, et principalement aux puritains.

NONNOTTE (Claude-François), littérateur et polémiste du dix-huitième siècle, frère d'un peintre estimé de la Franche-Comté, naquit en 1711 à Besançon et fut confl'é par sa famille dès sa plus tendre enfance aux jésuites qui, après avoir constaté ses heureuses dispositions, le destinèrent à la chaire. Nonnotte exerça en efl'et les fonctions de prédicateur à Paris, à Versailles, à Turin ; mais, malgré ses très réels succès, il serait aujourd'hui tombé dans un complet oubli sans ses démêlés avec Voltaire qui lui acquirent une célébrité aussi malencontreuse qu'opiniâtre. La guerre fut commencée par le maladroit jésuite qui, dans un lourd volume sur Les Erreurs de M. de Voltaire, soumit V Essai sur i' Esprit et les Mœurs des Nations à une critique violente, mensongère, et souvent puffrile. Ce factum n'en rencontra pas moins de nombreux lecteurs , mais le patriarche de Ferney, une fois entré en lice, n'eut pas de peine à écraser son adversaire sous le poids du ridicule. « Uii ex-jésuite nommé Nonnotte, écrivit-il avec son irritabilité ordinaire, savant comme un prédicateur et poli comme un homme de collège, s'avisa d'imprimer un gros livre. Cette entreprise était d'autant plus admirable que ce Nonnotte n'avait jamais étudié l'histoire. Pour mieux vendre son livre, il le farcit de sottises, les unes dévotes, les autres calomnieuses, car il avait ouï dire que ces deux choses réussissent. » Cette âpre réplique que Voltaire intitula

NONNOTTE — NORBERT 693

Eclaircissements historiques^ et où il multiplia contre son adversaire et les épithètes injurieuses et les accusations d'ignorance et de mauvaise foi, se terminait par cette foudroyante apostrophe : « Si tu n* avais été qu'un ignorant, nous aurions eu de la charité pour toi, mais tu as été un satirique insolent, nous t'avons puni. » Le châtiment annoncé n'eut point de terme : pendant plus de vingt années, le vindicatif écrivain enveloppa Nonnotte dans la guerre d'anéantissement qu'il poursuivait contre Fréron et La Baumelle, et l'accabla de ses plus cruels sarcasmes. Après la suppression de sa compagnie, l'infortuné jésuite s'établit à Besançon et continua avec le même zèle intempérant à polémiser contre les incrédules. Les recherches auxquelles il se livra sur l'histoire de sa province lui réussirent davantage et furent accueillies avec faveur par l'académie de Besançon qui admit leur auteur dans son sein en 1781. Nonnotte mourut dans sa ville natale le 3 septembre 1793, estimé de tous ceux qui le connaissaient pour la simplicité et l'agrément de ses manières ; mais Voltaire n'en a pas moins imprimé à sa mémoire un stigmate éternel. Parmi les ouvrages composés par le laborieux jésuite, nous mentionnerons : Examen critique ou réfutation du Livre des Mœurs, Paris, 1757, qui n'est que l'ébauche d'un autre livre plus considérable : Les Erreurs de Voltaire, lequel fut immédiatement traduit en allemand, en italien, en espagnol ; Lettres d'un ami à un ami sur les honnêtetés littéraires de M. de Voltaire ; Dictionnaire philosophique de la religion où l'on établit tous les points de la doctrine attaqués par les incrédules et oii Ton répond à toutes les objections, Avignon, 1772, 4 vol. in-12. Nonnotte proûta également de ses loisirs pour traduire de ViiàlienV Emploi de l' Argent, par Maffei, 4787, in-12, et de l'allemand Les Philosophes dans les trois premiers siècles de l'ère chrétienne. On a retrouvé parmi ses écrits posthumes un essai sur le Gouverîiernent des paroisses et des Principes de critique sur l'époque de l'établissement de la religion chrétienne dans les Gaules. Ë. Stroeulix.

NOBBERT (Saint). La vie de saint Norbert nous offre un exemple remarquable de la transformation radicale et soudaine, qu'une conversion sincère peut accomplir dans le cœur de l'homme. Né à Xanten entre 1080 et 1085, Norbert appartenait à la plus haute noblesse. Chapelain et ami de l'empereur Henri Y, comblé des biens de la fortune, adversaire déclaré des prétentions de la papauté dans la querelle des investitures, il s'occupait plus des jouissances de la vie que des intérêts du ciel. Surpris par un orage sur la route de Cambrai en ill5, sévèrement repris par une voix céleste, il se relève, comme Saul, un homme nouveau, prend l'habit de moine et prêche aux populations et au clergé le renoncement le plus absolu et l'ciscétisme le plus austère. Accusé publiquement d'hypocrisie par les évêques à la diète de Fritzlar, 1118, il vend tous ses biens, se rend à Saint- Gilles auprès du pape Gélase 11 et en obtient la permission de prêcher librement la vie nouvelle. Accueilli par toute la France avec enthousiasme, Norbert se vit retenu à Laon par l'évoque de cette ville, Barthélémy, et résolut de fonder un ordre nouveau, qui joindrait à la

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duits de Thébreu et plus tard encore des mots latins. C'est à cet usage qu'il faut attribuer le double nom rattaché à la même personne, comme, par exemple celui de Didyme que portait Thomas et celui de Jean que portait Marc. Comme beaucoup d'individus portaient le môme nom, on y ajoutait un surnom tiré soit de leur origine (Judas Ischarioth, Marie Magdeleine (de Magdala) ; les noms d'hommes étaient caractérisés par la syllabe araraéenne Bar, fils ; Barsabas, Bartholomée, Barrabas, Barnabas (nom dans lequel l'ancienne appellation se confond avec la nouvelle). — Quant à la forme linguistique des noms, il faut observer qu'on employait comme tels des substantifs (adjectifs et participes), des formes verbales, surtout de l'infinitif et des substantifs composés, comme, par exemple : Jonathan (Dieu a donné), Ezéchiel (Dieu est fort), Ruben (voyez, un fils). Parmi les mots composés figurent des mots formés avec le nom de Dieu (El-jakim et Abdi-el, ou encore Nathan-jahu,Nathanja -Nathan). Tout aussi nombreux sont les noms commençant par Ab, Abi (père) ou Ach, Achi (frère). Ces noms sont surtout importants au point de vue religieux, parce qu'ils servent puissamment à l'étude du développement de la conception religieuse d'Israël à travers les siècles de son existence.— Sources : Leusden, Onomasticum sacrum, Lugd. Bat., 1664; Ewald et Gesenius , Lelirgebàude ; Nestlé , Die israelitischen Eigennamen in ihrer religionsgeschichUiclien Bedeutung^ Haarlem, 1876.

Ë. SCUERDLIN.

NONCE. Voyez Légat,

NON-CONFORMISTES, nom donné en Angleterre aux difl'érenles sectes protestantes qui ne se rattachent pas à l'Eglise anglicane, et principalement aux puritains.

NOIWOTTE (Claude-François), littérateur et polémiste du dix-huitième siècle, frère d'un peintre estimé de la Franche-Comté, naquit en 1711 à Besançon et fut confié par sa famille dès sa plus tendre enfance aux jésuites qui, après avoir constaté ses heureuses dispositions, le destinèrent à la chaire. Nonnotte exerça en eff'et les fonctions de prédicateur à Paris, à Versailles, à Turin ; mais, malgré ses très réels succès, il serait aujourd'hui tombé dans un complet oubli sans ses démôlés avec Voltaire qui lui acquirent une célébrité aussi malencontreuse qu'opiniâtre. La guerre fut commencée par le maladroit jésuite qui, dans un lourd volume sur Les Erreurs de M. de VoUaire, soumit Y Essai sur l'Esprit et les Mœurs des Nations à une critique violente, mensongère, et souvent pué"rile. Ce factum n'en rencontra pas moins de nombreux lecteurs , mais le patriarche de Ferney, une fois entré en lice, n'eut pas de peine à écraser son adversaire sous le poids du ridicule. « Uii ex-jésuite nommé Nonnotte , écrivit-il avec son irritabilité ordinaire, savant comme un prédicateur et poli comme un homme de collège, s'avisa d'imprimer un gros livre. Cette entreprise était d'autant plus admirable que ce Nonnotte n'avait jamais étudié l'histoire. Pour mieux vendre son livre, il le farcit de sottises, les unes dévotes, les autres calomnieuses, car il avait ouï dire que ces deux choses réussissent. » Cette âpre réplique que Voltaire intitula

NONNOTTE — NORBERT 693

Eclaircissements historiques, et où il multiplia contre son adversaire et les épithètes injurieuses et les accusations d'ignorance et de mauvaise foi, se terminait par cette foudroyante apostrophe : « Si tu n'avais été qu'un ignorant, nous aurions eu de la charité pour toi, mais tu as été un satirique insolent, nous t'avons puni. » Le châtiment annoncé n'eut point de terme : pendant plus de vingt années, le vindicatif écrivain enveloppa Nonnotte dans la guerre d'anéantissement qu'il poursuivait contre Fréron et La Baumelle, et l'accabla de ses plus cruels sarcasmes. Après la suppression de sa compagnie, l'infortuné jésuite s'établit à Besançon et continua avec le même zèle intempérant à polémiser contre les incrédules. Les recherches auxquelles il se livra sur l'histoire de sa province lui réussirent davantage et furent accueillies avec faveur par l'académie de Besançon qui admit leur auteur dans son sein en 1781. Nonnotte mourut dans sa ville natale le 3 septembre 1793, estimé de tous ceux qui le connaissaient pour la simplicité et l'agrément de ses manières ; mais Voltaire n'en a pas moins imprimé à sa mémoire un stigmate éternel. Parmi les ouvrages composés par le laborieux jésuite, nous mentionnerons : Examen critique ou réfutaibn du Livre des Mœurs, Paris, 1757, qui n'est que l'ébauche d'un autre livre plus considérable : Les Erreurs de VoUaire, lequel fut immédiatement traduit en allemand, en italien, en espagnol ; Lettres d'un ami à un ami sur les honnêtetés littéraires de M. de Voltaire ; Dictionnaire philosophique de la religion oii fon établit tous les points de la doctrine attaqués par les incrédules et où Von répond à toutes les objections, Avignon, 1772, 4 vol. in-12. Nonnotte profita également de ses loisirs pour traduire de ViialienV Emploi de l' Argent^ par Maifei, 4787, in-12, et de l'allemand Les Philosophes dans les trois premiers siècles de l'ère chrétienne. On a retrouvé parmi ses écrits posthumes un essai sur le Gouvernement des paroisses et des Principes de critique sur l'époque de l'établissement de la religion chrétienne dans les Gaules. E. Stroeulin.

NORBERT (Saint). La vie de saint Norbert nous offre un exemple remarquable de la transformation radicale et soudaine, qu'une conversion sincère peut accomplir dans le cœur de l'homme. Né à Xanten entre 1080 et 1085, Norbert apparlenait à la plus haute noblesse. Chapelain et ami de l'empereur Henri V, comblé des biens de la fortune, adversaire déclaré des prétentions de la papauté dans la querelle des investitures, il s'occupait plus des jouissances de la vie que des intérêts du ciel. Surpris par un orage sur la route de Cambrai en 1113, sévèrement repris par une voix céleste, il se relève, comme Saul, un homme nouveau, prend l'habit de moine et prêche aux populations et au clergé le renoncement le plus absolu et l'ascétisme le plus austère. Accusé publiquement d'hypocrisie par les évêques à la diète de Fritzlar, 1118, il vend tous ses biens, se rend à Saint- Gilles auprès du pape Gélase II et en obtient la permission de prêcher librement la vie nouvelle. Accueilli par toute la France avec enthousiasme, Norbert se vit retenu à Laon par l'évoque de cette ville, Barthélémy, et résolut de fonder un ordre nouveau, qui joindrait à la

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duits de Thébreu et plus tard encore des mots latins. C'est à cet usage qu'il faut attribuer le double nom rattaché à la même personne, comme, par exemple celui de Didyme que portait Thomas et celui de Jean que portait Marc. Comme beaucoup d'individus portaient le môme nom, on y ajoutait un surnom tiré soit de leur origine (Judas Ischarioth, Marie Magdeleine (de Magdala) ; les noms d'hommes étaient caractérisés par la syllabe araméenne Bar, fils ; Barsabas, Bartholomée, Barrabas, Barnabas (nom dans lequel l'ancienne appellation se confond avec la nouvelle). — Quant à la forme linguistique des noms, il faut observer qu'on employait comme tels des substantifs (adjeclifs et participes), des formes verbales, surtout de l'infinitif et des substantifs composés, comme, par exemple : Jonathan (Dieu a donné), Ezéchiel (Dieu est fort), Ruben (voyez, un fils). Parmi les mots composés figurent des mots formés avec le nom de Dieu (El-jakim et Abdi-el, ou encore Nathan-jahu,Nathanja -Nathan). Tout aussi nombreux sont les noms commençant par Ab, Abi (père) ou Ach, Achi • (frère). Ces noms sont surtout importants au point de vue religieux, parce qu'ils servent puissamment à l'étude du développement de la conception religieuse d'Israël à travers les siècles de son existence.— Sources : Leusden, Onomasticum sacrum, Lugd. Bat., i66i; Ewald et Gesenius , Lehrgebàude ; Nestlé , Die israelitischen Eigennamen in ilirer rdigionsgeschichlliclien Bedeutung^ Haarlem, 1876.

E. SCUERDLIX.

NONCE. Voyez UgoL

NON-CONFORMISTES, nom donné en Angleterre aux difl'érentes sectes protestantes qui ne se rattachent pas à l'Eglise anglicane, et principalement aux puritains.

NONNOTTE (Claude-François), littérateur et polémiste du dix-huitième siècle, frère d'un peintre estimé de la Franche-Comté, naquit en 1711 à Besançon et fut confié par sa famille dès sa plus tendre enfance aux jésuites qui, après avoir constaté ses heureuses dispositions, le destinèrent à la chaire. Nonnotte exerça en eff'et les fonctions de prédicateur à Paris, à Versailles, à Turin ; mais, malgré ses très réels succès, il serait aujourd'hui tombé dans un complet oubli sans ses démêlés avec Voltaire qui lui acquirent une célébrité aussi malea- ' contreuse qu'opiniâtre. La guerre fut commencée par le maladroit jésuite qui, dans un lourd volume sur Les Erreurs de Jf. de Voltaire, soumit V Essai sur l'Esprit et les Mœurs des Nations à une critique violente, mensongère, et souvent pué"rile. Ce factum n'en rencontra pas moins de nombreux lecteurs , mais le patriarche de Ferney, une fois entré en lice, n'eut pas de peine à écraser son adversaire sous le poids du ridicule. « Uii ex-jésuite nommé Nonnotte , écrivit-il avec son irritabilité ordinaire, savant comme un prédicateur et poli comme un homme de collège, s'avisa d'imprimer un gros livre. Cette entreprise était d'autant plus admirable que ce Nonnotte n'avait jamais étudié l'histoire. Pour mieux vendre son livre, il le farcit de sottises, les unes dévotes, les autres calomnieuses, car il avait ouï dire que ces deux choses réussissent. » Cette âpre réplique que Voltaire intitula

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Eclaircissements historiques^ et ou il multiplia contre son adversaire et les épithètes injurieuses et les accusations d*ignorance et de mauvaise foi, se terminait par cette foudroyante apostrophe : « Si tu n'avais été qu'un ignorant, nous aurions eu de la charité pour toi, mais tu as été un satirique insolent, nous t'avons puni. » Le châtiment annoncé n'eut point de terme : pendant plus de vingt années, le vindicatif écrivain enveloppa Nonnotte dans la guerre d'anéai^tissement qu'il poursuivait contre Fréron et La Baumelle, et l'accabla de ses plus cruels sarcasmes. Après la suppression de sa compagnie, l'infortuné jésuite s'établit à Besançon et continua avec le même zèle intempérant à polémiser contre les incrédules. Les recherches auxquelles il se livra sur l'histoire de sa province lui réussirent davantage et furent accueillies avec faveur par l'académie de Besançon qui admit leur auteur dans son sein en 1781. Nonnotte mourut dans sa ville natale le 3 septembre 1793, estimé de tous ceux qui le connaissaient pour la simplicité et l'agrément de ses manières ; mais Voltaire n'en a pas moins imprimé à sa mémoire un stigmate éternel. Parmi les ouvrages composés par le laborieux jésuite, nous mentionnerons : Examen critique ou réfutation du Livre des Mœurs^ Paris, 1757, qui n'est que l'ébauche d'un autre livre plus considérable : Les Erreurs de Voltaire, lequel fut immédiatement traduit en allemand, en italien, en espagnol ; Lettres d'un ami à un ami sur les honnêtetés littéraires de M. de Voltaire ; Dictionnaire philosophique de la religion oii Von établit tous les points de la doctrine attaqués par les incrédules et où Von répond à toutes les objections, Avignon, 1772, 4 vol. in-12. Nonnotte profita également de ses loisirs pour traduire de ïïidAienV Emploi de f Argent^ par Maffei, 4787, in-12, et de l'allemand Les Philosophes dans les trois premiers siècles de l'ère chrétienne. On a retrouvé parmi ses écrits posthumes un essai sur le Gouvernement des paroisses et des Principes de critique sur l'époque de l'établissement de la religion chrétienne dans les Gaules, E. Stroeulin.

NORBERT (Saint). La vie de saint Norbert nous offre un exemple remarquable de la transformation radicale et soudaine, qu'une conversion sincère peut accomplir dans le cœur de l'homme. Né à Xanten entre 1080 et 1085, Norbert appaplenait à la plus haute noblesse. Chapelain et ami de l'empereur Henri V, comblé des biens de la fortune, adversaire déclaré des prétentions de la papauté dans la querelle des investitures, il s'occupait plus des jouissances de la vie que des intérêts du ciel. Surpris par un orage sur la route de Cambrai en 1115, sévèrement repris par une voix céleste, il se relève, comme Saul, un homme nouveau, prend Thabit de moine et prêche aux populations et au clergé le renoncement le plus absolu et l'ascétisme le plus austère. Accusé publiquement d'hypocrisie par les évêques à la diète de Fritzlar, 1118, il vend tous ses biens, se rend à Saint- Gilles auprès du pape Gélase II et en obtient la permission de prêcher librement la vie nouvelle. Accueilli par toute la France avec enthousiasme, Norbert se vit retenu à Laon par l'évêque de cette ville, Barthélémy, et résolut de fonder un ordre nouveau, qui joindrait à la

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duils de Thébreu et plus tard encore des mots latins. C'est à cet usage qu'il faut attribuer le double nom rattaché à la môme personne, comme, par exemple celui de Didyme que portait Thomas et celui de Jean que portait Marc. Comme beaucoup d'individus porlaient le môme nom, on y ajoutait un surnom tiré soit de leur origine (Judas Ischarioth, Marie Magdeleine (de Magdala) ; les noms d'hommes étaient caractérisés par la syllabe araméenne Bar, fils ; Barsabas, Bartholomée, Barrabas, Barnabas (nom dans lequel l'ancienne appellation se confond avec la nouvelle). — Quant à la forme linguistique des noms, il faut observer qu'on employait comme tels des substantifs (adjectifs et participes), des formes verbales, surtout de l'infinitif et des substantifs composés, comme, par exemple : Jonathan (Dieu a donné), Ezéchiel (Dieu est fort), Ruben (voyez, un fils). Parmi les mots composés figurent des mots formés avec le nom de Dieu (El-jakim et Abdi-el, ou encore Nathan-jahu,Nathanja -Nathan). Tout aussi nombreux sont les noms commençant par Ab, Abi (père) ou Ach, Achi (frère). Ces noms sont surtout importants au point de vue religieux, parce qu'ils servent puissamment à l'étude du développement de la conception religieuse d'Israël à travers les siècles de son existence.— Sources : Leusden, Onomasticurn sacrum, Lugd. Bat., 1664; Ewald et Gesenius , Lelirgebàude ; Nestlé , Die israelitischen Eigennamen in ilirer rcligionsgeschichilichen Bedeutung^ Haarlem, 1876.

E. SCUERDLIN.

NONCE. Voyez Ugat,

NON-CONFORMISTïlS , nom donné en Angleterre aux difl'érentes sectes protestantes qui ne se rattachent pas à l'Eglise anglicane, et principalement aux puritains.

NONNOTTE (Claude-François), littérateur et polémiste du dix-huitième siècle, frère d'un peintre estimé de la Franche-Comté, naquit en 1711 à Besançon et fut confié par sa famille dès sa plus tendre enfance aux jésuites qui, après avoir constaté ses heureuses dispositions, le destinèrent à la chaire. Nonnotte exerça en eff'et les fonctions de prédicateur à Paris, à Versailles, à Turin ; mais, malgré ses très réels succès, il serait aujourd'hui tombé dans un complet oubli sans ses démêlés avec Voltaire qui lui acquirent une célébrité aussi malencontreuse qu'opiniâtre. La guerre fut commencée par le maladroit jésuite qui, dans un lourd volume sur Les Erreurs de if. de Voltaire, soumit V Essai sur l'Esprit et les Mœurs des Nations à une critique violente, mensongère, et souvent pué'rile. Ce factum n'en rencontra pas moins de nombreux lecteurs , mais le patriarche de Ferney, une fois entré en lice, n'eut pas de peine à écraser son adversaire sous le poids du ridicule. « Uii ex-jésuite nommé Nonnotte , écrivit-il avec son irritabilité ordinaire, savant comme un prédicateur et poli comme un homme de collège, s'avisa d'imprimer un gros livre. Cette entreprise était d'autant plus admirable que ce Nonnotte n'avait jamais étudié l'histoire. Pour mieux vendre son livre, il le farcit de sottises, les unes dévotes, les autres calomnieuses, car il avait ouï dire que ces deux choses réussissent. » Cette âpre réplique que Voltaire intitula

NONNOTTE — NORBERT 693

Eclaircissements historiques, et où il multiplia contre son adversaire et les épithètes injurieuses et les accusations d'ignorance et de mauvaise foi, se terminait par cette foudroyante apostrophe : « Si tu n'avais été qu'un ignorant, nous aurions eu de la charité pour toi, mais tu as été un satirique insolent, nous t'avons puni. » Le châtiment annoncé n'eut point de terme : pendant plus de vingt années, le vindicatif écrivain enveloppa Nonnotte dans la guerre d'anéaijtissement qu'il poursuivait contre Fréron et La Baumelle, et l'accabla de ses plus cruels sarcasmes. Après la suppression de sa compagnie, rinfortuné jésuite s'établit à Besançon et continua avec le même zèle intempérant à polémiser contre les incrédules. Les recherches auxquelles il se livra sur l'histoire de sa province lui réussirent davantage et furent accueillies avec faveur par l'académie de Besançon qui adroit leur auteur dans son sein en 1781. Nonnotte mourut dans sa ville natale le 3 septembre 1793, estimé de tous ceux qui le connaissaient pour la simplicité et l'agrément de ses manières ; mais Voltaire n'en a pas moins imprimé à sa mémoire un stigmate éternel. Parmi les ouvrages composés par le laborieux jésuite, nous mentionnerons : Examen critique oa réfutation du Livre des Mœurs, Paris, 1737, qui n'est que l'ébauche d'un autre livre plus considérable : Les Erreurs de Voltaire, lequel fut immédiatement traduit en allemand, en italien, en espagnol ; Leilres d'un ami à un ami sur les honnêtetés lilléraires de M. de Voltaire ; Dictionnaire philosophique de la religion où l'on établit tous les points de la doctrine attaqués par les incrédules et oii Von répond à toutes les objections, Avignon, 1772, 4 vol. in-12. Nonnotte profita également de ses loisirs pour traduire de VilalienVEmploi de l' Argent^ par Maffei, 4787, in-12, et de l'allemand Les Philosophes dans les trois premiers siècles de l'ère chrétienne. On a retrouvé parmi ses écrits posthumes un essai sur le Gouvernement des paroisses et des Principes de critique sur l'époque de l'établissement de la religion chrétienne dans les Gaules. E. Stroeulln.

NORBERT (Saint). La vie de saint Norbert nous offre un exemple remarquable de la transformation radicale et soudaine, qu'une conversion sincère peut accomplir dans le cœur de l'homme. Né àXanten entre 1080 et 1085, Norbert appartenait à la plus haute noblesse. Chapelain et ami de l'empereur Henri Y, comblé des biens de la fortune, adversaire déclaré des prétentions de la papauté dans la querelle des investitures, il s'occupait plus des jouissances de la vie que des intérêts du ciel. Surpris par un orage sur la route de Cambrai en 1113, sévèrement repris par une voix céleste, il se relève, comme Saul, un homme nouveau, prend l'habit de moine et prêche aux populations et au clergé le renoncement le plus absolu et l'ascétisme le plus austère. Accusé publiquement d'hypocrisie par les évêques à la diète de Fritzlar, 1118, il vend tous ses biens, se rend à Saint- Gilles auprès du pape Gélase II et en obtient la permission de prêcher librement la vie nouvelle. Accueilli par toute la France avec enthousiasme, Norbert se vit retenu à Laon par l'évêque de cette ville, Barthélémy, et résolut de fonder un ordre nouveau, qui joindrait à la

une partie deTEglise, on attachait plus d'importance au commencement du ministère de Jésus qu'à sa naissance. Clément d'Alexandrie blâme ceux qui s'occupaient à rechercher exactement le jour et Tannée de la naissance du Christ (^/rom., I, 349, 40(5). Origène voit dans l'Epiphanie, non la fête de la naissance de Jésus, mais celle de son baptême. UjustiQait sa manière devoir en rapprochant le passage Ezéchiel, I, 1 : « le cinquième jour du quatrième mois, les cieux s'ouvrirent, » de Matth. III, 16. La véritable Epiphanie avait eu lieu lorsque les cieux s'étaient ouverts, et que l'Esprit de Dieu était descendu sur Jésus, révélant ainsi sa grandeur à Jean-Baptiste.G'était aussi l'avis de Jérôme {Comment, in Ezech,, ï). D'autres, comme Epiphane {Expos, fii.^ c. 22 ; Hseres., LI, c. 29), persistaient à penser que la fêle du 6 janvier était bien la fête de la naissance de Jésus-Christ. On ne parvint pas à s'entendre sur celte question, et pendant un certain temps la fête de l'Epiphanie fut célébrée avec ce double caractère, les uns y voyant l'anniversaire de la naissance de Jésus-Chrisi, d'autres le souvenir de son baptême. — Celte dernière idée ne tarda pas à l'emporter, et la date du 25 décembre fut généralement adoplée pour la fête de la naissance de Jésus. Cette date avait prévalu en Occident ; on n'attribuait peut-être d'abord pas grande importance à cette fête, car Augustin ne la range pas parmi les grandes fêtes chrétiennes {Epist., 118), tout en constatant que sa célébration était d'un usage général {Serwo^ 380). Cette date vient d'une prophétie d'Haggée (II, 10 ss.) qui eut lieu le vingt-quatrième jour du neuvième mois : «dès ce jour je vous bénirai, » dit le prophète. C'est donc la date de la délivrance d'Israël. Une fête juive s'y rattachait déjà : lorsqu'après la défaite des Syriens, les Macchabées purifièrent et consacrèrent de nouveau le temple souillé et profané, ils choisirent pour cette cérémonie le soir du vingt-quatrième jour du neuvième mois et une fête annuelle fut instituée en souvenir de cette consécration (1 Macchab. IV, 27-61 ; 2 Macchab. X, 1 9; Josèphe, Aiuiq,, XU, 10; mais la vraie délivrance d'Israël ne fut pas faite par les Macchabées î elle ne fut accompli^ que par la venue de Jésus-Christ : la naissance de Jésus devait donc avoir eu lieu le vingt-quatrième jour du neuvième mois, qui selon l'usage juif, s'étendait jusquaulcndemain25. L'année juive commençant au mois de nisan qui correspondait à avril, le vingt-quatrième jour du neuvième mois était donc le 23 décembre. Cette date se substitua dans l'Eglise d'Orient à celle du 6 janvier dès le règne de Théodose le Grand, et en peu de temps fut généralement adoptée. Chrysostome dit, dans un disejurs tenu le 25 décembre 386 (Op.^, t. II. p. 384), que celte fête se célèbre dès longtemps de la Thrace jusqu'en Espagne, et qu'elle a été introduite depuis dix ans à Anlioche et en Syrie. A la fin du quatrième siècle on est à peu près d'accord dans toute l'Eglise pour fêter l'anniversaire de la naissance de Jésus le 23 décembre, et celui de son baptême le 6 janvier (Chrysostome, Homil., 24. 33 ; Cassian., Collât., X, 2; Constii. aposloL, V, 13; .YllI, 3). Il est assez probable que le désir de combattre les idées et les usages des gnostiques et des miinichéens, qui niaient ou metlaienl

ù rarrière-plan rincarnation, ne fut pas sans influence sur la rapidité avec laquelle Faccord se fit pour la célébration de la fôte de Noël le 25 décembre. On a voulu voir dans la fôte de Noël soit la fôte juive delà purification du temple qui se célébraità la môme époque, soit une fête païenne indiquée dans un calendrier romain du quatrième siècle, au huitième jour avant les kàlendes de janvier, par ces mots : Nalalis Invicli, et qu'on considérait comme une fête du soleil (E. F. Wernsdorf, De ohginibus solenmium natalis ClirisU ex festiviltiie Natalislnvicii, 1757). La première hypothèse a eu peu de partisans^ et nous avons vu comment les deux fêles se sont célébrées à la même date, parce qu'elles se rattachaient toutes les deux à la même prophétie d'Haggée. La seconde est également peu probable: il n'existait pas de fêle du soleil à celte époque ni en Orient, ni en Occident. 11 est vrai que la date du 25 décembre est à peu près celle du solstice d'hiver, et que plusieurs Pères de l'Eglise ont mis à profit cette coïncidence, et représenté allégoriquement le Christ comme le soleil de justice qui éclaire l'humanité (Grég. de Nysse, t. III, p. 340; Augustin, Sermo 190 ; Léon le Grand, Serm., 25, etc ) ; maisles Pères ont toujours protesté contre cette identification des deux fêtes ; Léon le Grand y voit un artifice de Satan {Serm., 21,26) ; Augustin proteste contre les assertions des manichéens qui reprochaient aux chrétiens du fêler en même temps que les païens les kalendes cl les solstices (Contra Faustuvi, XX, 3). Plusieurs conciles postérieurs défendent aux chrétiens de prendre part aux fêtes païenne^ qui avaient lieu en môme temps que la iôte de Noël. En tous cas, l'Eglise a toujours eu le souci de distinguer ses fêtes des fêles païennes qui se célébraient aux mômes époques. — La fête de Noël a été dès les premiers temps magnifiquement fêtée en Orient et en Occident. Elle commençait la veille au soir et était célébrée toute la nuit par le chant des psaumes. Cette coutume persista même lorsque les vigiles des aulrcs fêles eurent disparu. Le nom allemand de WeihnacfUen en tire son origine. On ne pratiquait aucun jeûne et aucune abstinence. Les prêtres portaient leurs vêtements sacerdotaux les plus magnifiques, les cierges brûlaient toute la nuit, les Eglises étaient ornées de tapis. Dans l'Eglise catholique la fête est célébrée par trois messes, l'une au milieu de la nuit (messe de minuit) la seconde au point du jour, et la troisième aux heures ordinaires. A Rome le pape officie en personne. — De bonne heure on a représenté dans les Eglises les principaux événements de la nuit de Noël : on mettait un enfant dans une crèche, entouré des animaux que la tradition place dans l'étable où naquit Jésus. Au moyen âge on préparait une étable dans les Eglises ; en Orient une grotte. De jeunes garçons jouaient le rôle des anges, les bergers chantaient ; l'enfant était bercé au bruit des cantiques. Chaque maison avait sa crèche, avec le bœuf et l'âne traditionnels, autour de laquelle on chantait. — D'autres coutumes semblent être un souvenir à demi-efi'acé de l'ancien culte du feu, celle, par exemple de la bûche de Noël qu'on brûlait dans chaque famille, surtout dans l'est et le midi de la France ; dans le Midi on

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