NOURRY - NOVALIS
velle, près d'Orléans, mais, envoyé à Rouen dans Tabbaye de Saint- Ouen, dom Le Nourry fut adjoint à dom Du Chesne et à dom Julien Bellaise pour la préparation des Œuvres de saint Ambroise^ travail qu'il termina avec dom de Friches (Paris, 1" vol., 1686, 2« vol., 1691). Il Vint ensuite se fixer à Paris, où il se mit à rechercher des ouvrages et des documents destinés à servir de suite à la grande bibliothèque des Pères, imprimée à Lyon. Ces recherches produisirent le recueil intitulé : Apparatus ad Bibliothecam maximam Palrumvelerum et scriptorum ecçlesiasticorum Lugduni éditant : in quo quiâquid ad eorum scripta el doctrinam, variosque scribendi modos et doeendi pertinei, dissertationibus cHticis examinatur et illustralur; publié d^abord en 2 vol. in-8^ Paris, 1694 et 1697 ; et plus tard en 2 vol. in-f», Paris, 1703 et 1715. Les ouvrages renfermés dans cet Apparatus se terminent par Lactance. C'est là l'œuvre capitale de dom Le Nourry, les dissertations et les notes qu'il y a jointes sur la vie et les écrits des premiers Pères, en font une source précieuse .pour l'étude des antiquités ecclésiastiques. Il a aussi publié : De moriibus Perseculorum^ Paris, 1710, in-8*; contre l'opinion génénaie. il nie que Lactance en soit l'auteur, mais la critique, on le sait, n'a pas sanctionné cette vue particulière de notre bénédictin. Le Nourry mourut à l'abbaye de Sajnt-Germaindes-Prés, c'était un homme aussi pieux que savant, d'un commerce aimable et distingué. * A. Maulvault.
NOVALIS, pseudonyme sous lequel se fit connaître Frédéric de Hardenberg (1772-1801), le plus religieux des poètes de l'école romantique allemande. Né à Wiedestedt, dans le comté de Mansfeld, d'une famille pieuse qui se rattachait aux frères moraves, d'une constitution maladive, porté à la rêverie depuis son plus jeune âge, il étudia le droit et les mathématiques à léna, à Leipzig et à Wittemberg, se lia avec Frédéric Schlegel et avec Fichte qui exercèrent une influence profonde sur toute sa vie, et se fiança à vingt ans avec une jeune fille de treize ans, qui mourut peu de temps après. En proie à un violent désespoir, Novalis se jette dans le mysticisme, dirigeant toutes ses pensées vers l'autre "monde. La vie lui apparaît comme une maladie de l'esprit; il appelle la mort comme une guérison. S'éloignant du siège des lettres et de la philosophie, rompant avec ce qu'il appelle « les Spitzberg de la raison pure, » il se retire dans la solitude, ac-cepte les fonctions d'intendant des salines dans le cercle de la Thuringe et se plonge dans les méditations religieuses. Jacob Bœhme, Zinzendorf, Lavater sont ses auteurs favoris. Entre temps, il publie de courts fragments en/prose et en vers, parmi lesquels le plus célèbre est une sorte de roman mystique intitulé: Henri d'Ofterdiugen, dans lequel l'auteur se propose de donner une sorte d'apothéose de la poésie. Novalis est une âme débile qui a besoin d'un appui ; froissée par ce qu'elle rencontre, elle se réfugie en Jésus. Dans une série d'aphorismes intitulés : Poussière de fleurs (1798), Novalis s'élève con^ tre. le bureaucratiàme, la sécheresse prosaïque, .les tendances utilitaires et rationalistes de la bourgeoisie de son temps. Dans ses Hymnes de la Nuit et dans ses Chants sacrés (1802), il donne un libre cours à