NOYON — DATES
publ. par révoque de Ghàrlres, P., 1657. in-4*; Drelincourt, La défense deC, Gea., 1667, in-8»). • S. Berger.
' NUÉE. UEcriture nous représente les nuées comme des réservoirs d'eau ou de pluie qui se répandent sur la terre d'après Tordre de Dieu. Job (XXXVIII, 9; cf. XXVI, 8), parlant du chaos primitif, dit que Dieu avait enveloppé la mer comme d'une nuée. Ësaïe prie Jéhova d'ordonner aux nuées de faire pleuvoir la justice sur la terre (XLV^ 8). Lorsque les Israélites sortirent de l'Egypte, l'Exode (XIII, 21. 22; XIV, 19 ss. ; XL, 34 ss; cf. Nomb. IX, 15-17; XIV, 14; Ps. LXXYIIU GV, 39 ; Néh. IX, 12. 19) raconte que Dieu envoya une coUmne dénuée pour les diriger' dans leurs mstrches. Ordinairement cette colonne était à la tôte de l'armée ; mais lorsque les Israélites furent arrivés à la mer Rouge, elle se plaça entre leur camp et cehii des Egyptiens, de sorte que ces derniers ne purent approcher. Cette nuée était lumineuse pendant la nuit afin de les éclairer, et durant le jour elle était sombré et épaisse, afinde les préserver delà chaleurexcessivedudésert. Le déiste anglais Toland et un grand nombre d'exégètes après lui ont cherché à donner une explication naturelle de ce miracle. Ils pensent à un feu que Ton portait au-devant de Farmée, coutume qui parait avoir été fréquemment pratiquée dans l'antiquité (Paber, ArdxoLr p. 244 ss. ; Bauer, Hebr. MyihoL, I, 281 ss.). Cette opinion se heurte contre les textes qui parlent explicitement d'un miracle (cf. Krause. Le columna ignis ac nubis, Viteb., 1707; Friderici, De col. ign. etnv^., 1689.; Sahn, 1702 ; Miinden, 1712). Lorsque Jéhova apparut sur le montSinaï, ce fut au milieu de la nuée; et, après que* Moïse eut dressé et consacré le tabernacle, la nuée remplit son parvis, de sorte que Moïse ni les prêtres ne pouvaient y entrer. Le même phénomène se renouvela à la dédic/ice du temple de Salomon. Lorsque la nuée paraissait sur la tente devant laquelle se faisaient les assemblées du peuple, on jugeait que Jéhova était présent. En général, lorsque l'Ecriture mentionne les apparitions de Dieu, elle le représente toujours environné de nuages. Enfin, lorsque le Nouveau Testament parle du second avènement de Jésus-Christ, il le montre descendant sur des nuées, environné de majesté (Matth. XXIV, 30; Luc XXI, 27; Apoc. XIV, 14 ss.).
GATES (Titus), aventurier anglais, né vers 1619, mort à Londres, le 23 juillet 1705. Fils d^un obscur prédicant baptiste, il fit ses études à l'université de Cambridge, et après y avoir pris tous ses grades, il entra dans TEglise anglicane et remplitjes fonctions pastorales dans
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le Kent et le Susscx. £n 1677, après avoir résidé quelque temps chez ie duc de Norfolk, il se convertit à la religion catholique. Condamné peu après, à la suite d*un faux témoignage, il quitta l'Angleterre et mena sur le continent une vie vagabonde et désordonnée. £n traversant les Pays-Bas, il séjourna dans un séminaire de jésuites anglais et prit l'habit de saint Ignace. Ses nouveaux confrères ne tardèrent pas à se repentir de lui avoir donné asile. En effet, de retour en Angleterre, Dates rentra dans le sein de TËglise anglicane et pour bien prouver, cette fois, la sincérité de son revirement, il se hâta de dénoncer au parlement, en 1678, un prétendu complot papiste dont Torganisation lui avait été révélée pendant son noviciat ches les jésuites. Il fut aidé, dans cette besogne, de deux misérables nommés Bedlse et Gartstairs. Ce complot, selon Oates, avait été ourdi par le pape Innocent XI, sur les conseils du cardinal Howard, de Jean- Paul d'Oliva, général des jésuites, de Gorduba, provincial. de cette société, de tous les prêtres catholiques anglais, des lords Petre, Powis, Bellasis, Arundel de Wardow, Stafford, et d'autres personnages considérables. (( Les papistes, disait-il, devaient brûler Londres ainsi que tous les vaisseaux réunis dans la Tamise ; ils devaient se lever à un moment donné et massacrer tous leurs voisins protestants. Une armée française devait en même temps débarquer en Irlande. Trois ou quatre projets d'attentats à la vie du roi Gharles II avaient été formés : il devait périr par le poignard, le poison ou des balles d'argent. La reine elle-même avait consenti à l'assassinat de son mari. » Malgré l'évidente exagération de ces déclarations, la cour, le parlement, la nation tout entière crurent à leur véracité. Le peuple, selon l'expression de Macaulay, devint furibond de haine et de crainte ; bientôt les prisons regorgèrent de catholiques et un grand nombre d'entre eux, parmi lesquels se trouvait Stafford, périrent sur l'échafaud. Oates, regardé comme le sauveur du pays, reçut une pension de douze cents livres, eut un logement au palais de Whitehall, et ne sortit qu'avec une escorte de soldats destinée à protéger sa vie. — Cependant, le parti catholique ayant reconquis son' influence, vers la fin du règne de Gharles II, le duc d'York ût condamner Oates, comme faux témoin, à une amende de cent n^ille livres sterling et jeter à la prison pour dettes. Lorsque ce prince fut monté sur le trône, sous le nom de Jacques II, il ordonna de mettre de nouveau Oates en jugement. Déclaré de rechef coupable de faux témoignage, il fut condamné à être dépouillé de son vêtement ecclésiastique, à être attaché au pilori, à être promené autour de Westminster, ayant sur la tête une inscription rappelant son infamie, à être tiré cinq fois par an de la prison pour subir l'exposition publique dans les différents quartiers de Londres et recevoir des coups de verges de la main du bourreau. Cette sentence rigoureuse fut exécutée à la lettre, et Oates reçut, dit-on, plus de dix-sept cents coups de fouet. Il n'en mourut pas, cependant, et resta plusieurs mois enchaîné dans un cachot de Newgate. — La révolution de 1588 rendit à la fois à Oates sa liberté et sa pension. Quoique son imposture eût été amplement constatée, il