GATES — OBÉISSANCE
n'en conserva pas moins jusqu'à la fin de sa vie un certain nombre de partisans qui le considéraient comme un martyr et voyaient en lui le sauveur du pays. , A. Gary.
OBÉDIENCE, obedientia, terme ecclésiastique qui se prend pour marquer Tobéissance que des inférieurs (minores obedienilarii) doivent à leurs supérieurs [majores]. Il s'applique surtout aux vœux prononcés par le clergé régulier, ainsi qu'à l'emploi particulier qui leur est dévolu dans leur couvent ; à l'envoi des religieux qui vont desservir des bénéfices dépendants de quelques monastères; à ces bénéGces eux-mêmes, qu'on nommait prieurés ; à l'envoi des ambassadeurs de quelques princes vers le pape, afin de lui rendre hommage pour quelques fiefs qui relèvent de lui ; aux pays ou provinces du royaume qui n'étaient pas soumis au concordat ou qui n'y étaient assujettis que pour des bénéfices consistoriaux. Le concile de Trente a réglé la matière en rappelant la disposition des canons soit anciens, soit nouveaux (sess. XXV, c. vi). On appelait lettres d'obédience, les lettres qu'un supérieur donnait à des religieux ou à des religieuses appartenant aux ordres enseignants, et que le gouvernement recevait comme équivalent d'un certificat de capacité.
OBÉISSANCE. L'obéissance consiste à faire ce qu'un autre commande. Obéir c'est donc d'abord « écouter » l'ordre de celui qui a le droit de commander; dans toutes les langues l'étymologie du mot ramène à ce sens premier : obedire, obéir, to obey^ de ob et audire {àuris, l'oreille); 6Ttaxou£iv, de &ito et dixouetv (to o3ç, l'oreille); gehorchtn, gehorsam sein, Gefiœr geben, de hâren [das Ohr, l'oreille). Obéir c'est ensuite se conformer à l'ordre reçu, malgré l'inclination naturelle ou les influences contraires. Dans son acception rigoureuse, l'obéissance va jusqu'à la mort, appelée cbedieniia uUima ; aussi l'obéissance absolue n'est elle concevable qu'envers Dieu, le seul Maître souverain (Actes IV, 49; V, 29). Dieu est notre niaître : tel est l'axiome de toute religion.. Si Dieu est, il a une volonté, et cette volonté, ses créatures intelligentes et morales peuvent la connaître et doivent l'accomplir : l'obéissance est la conséquence nécessaire de la foi. C'est à « l'obéissance de la foi » que l'apôtre Paul veut amener ses gentils (Rom. I, 5); « C'est par la foi qu'Abraham obéit » (Hébr.XI, 18). L'obéissance envers Dieu a toujours été la marque de son peuple, soit dans l'ancienne, soit dans la nouvelle alliance, et réciproquement l'absence de piété s'est toujours' montrée par l'absence d'obéissance, quelles que soient les formes extérieures (1 Sam. XV, 22 ; Ps. CXLIIÏ, 10; Es. I, 11. 19; Matth. VU, 21). — En réalité, on obéit toujours à quelqu'un, et celni auquel nous obéissons, devient toujours, que nous le voulions ou non, notre maître: « Ne savez-vous pas, dit l'apôtre Paul, que vous êtes les esclaves de celui à qui vous vous êtes donnés? » (Rom. VI, 16). On obéit à la justice (Rom. VÏ, 18] ou à l'injustice (Rom. Il, 8), à la vérité (Gai. III, 1, d'après le texte reçu; .V, 7) ou au mensonge (2 Thess. II, H)., à l'Evangile (Rora. X, 16; âTbess. I, 8; 1 Pierre IV, 17) ou aux passions (Rom. VI, 12), el, d'une manière générale on n'est aflranchi de la domination du péché