‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 142 sur 157 · OBEISSANCE · texte numérisé non relu

OBEISSANCE

qu'en devenant l'esclave volontaire de Dieu (Rom. VI, 22). — L'obéissance qui est aussi le lot des anges (Ps. ClII, 20) fait partie intégrante de la vie religieuse de Thonime, à tous les moments de son développement; c'est par elle que toute éducation commence, celle des individus comme celle de l'humanité : le premier éveil de la conscience personnelle a eu lieu par un ordre donné à un être libre qui a« été mis en demeure de le transgresser ou de le suivre (Gen. III, 17). Dans les alliances successives que Dieu a contractées avec l'homme, alliances de plus en plus intimes, de plus en plus spirituelles, on retrouve toujours, comme éléments constitutifs, de la part de Dieu, des bénédictions croissantes auxquelles sont attachées de nouvelles obligations s'imposant à l'homme, et, de la part de l'homme, le devoir de répondre à ces bénédictions par sa reconnaissance et à ces ordres divins par son obéissance. A mesure que se resserrent les liens entre Dieu et les apôtres, cette volonté, à son égard, se spécialise, et réciproquement l'obéissance du peuple de Dieu se manifeste davantage dans le détail de sa vie. Israël est le serviteur de l'Eternel (Es. XLI, 8. 9; XLIY, 1. 21; Luc I, 54), séparé des autres peuples idolâtres et impurs, pour être une nation sainte (Lév. XI, 44 ; XX, 26; Ex. XIX, 5), jalouse d'obéir à Dieu seul (Deutér. I, 25 ; Es. I, 19 ; Jér. YII, 23). En effet, lui seul est son maître et son bienfaiteur : c'est lui qui établit sur Israël des juges, des rois (Juges II, 16 ; 2 Sam. VII, 8-16), Lui qui -le rend vainqueur de ses ennemis (Ex. XV;Ps. CVIII, 14, etc.). La crainte de l'Eternel, c'estrà-dire la crainte de l'offenser, en contrevenant il ses commandements, est l'élément caractéristique de la piété de ce peuple (Lévit. XIX, 14 ; XXV, 17), le vrai fondement de son unité nationale. L'obéissance ne tient pas moins de place dans la prédication des prophètes que dans la loi mosaïque, seulement, ces prédicateurs de la justice insistent avec une force particulière sur cette vérité qu'il n'y a d'obéissance véritable que celle du cœur (Es. XXIX. 13; Ezéch. XXXVI, 26. 27; Osée VI, 6; Amos V, 21-24 ; Michée VI, 8), déclaration qui se trouve aussi à plusieurs reprises et sous diverses formes dans le livre de la seconde loi : on n'observe les commandements de Dieu qu'à, la condition de l'aimer (Deutér. XI, 1); il faut le servir avec joie (Deutér. XXVIII, 47); c'est le cœur qui doit être circoncis (Deutér. XXX, 6. 8). Dans le Nouveau Testament la spiritualité de l'obéissance est encore plus fortement relevée : elle est la rencontre, dans le cœur, de la volonté de Dieu et de la volonté de l'homme ; aucune pratique extérieure n'a donc de valeur par elle-même : ce sont les dispositions seules qui importent; telle est la substance du sermon sur la montagne (Matth. VI, 1-6); le judaïsme, représenté par ses docteurs les plus autorisés, est absolument insuffisant à rassurer l'âme, devant Dieu (Matth. V, 20). L'obéissance parfaite a été réalisée en Jésus-Christ : il est descendu du ciel pour faire, non sa volonté, mais la volonté de celui qui l'a envoyé (Jean VI, 38; V, 30); dès son enfance, il fut soumis à son Père céleste (Luc II, 49) et à ses parents (Luc II, 51); l'obéissance est la règle de sa vie (Jean XIV, 31 ; XV, 10) et de sa parole (Jean XII,

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