OBÉISSANCE
49. 50), raliment dont son âme se nourrit (Jean IV, 34); il grandissait en obéissance, à mesure qu'il marchait dans le chemin de la J^ouffrance (Hébr. V, 8), jusqu'à ce qu'elle soit devenue une immolation de lui-même (Philip. II, 8); l'obéissance a été le fond de son œuvre rédemptrice (Rom. V, 19). Par cet abandon de toute volonté propre, cet anéantissement volontaire {Kenosis, Philip. II, 7), Jésus s'est montré le vrai serviteur de l'Eternel, ce qu'Israël devait être (Es. XLII, 1), mais ce qu'il n'avait été que très imparfaitement (Es. XLII, 19). Aussi le Sauveur demande-t-il à ses disciples de le suivre dans cette voie de l'obéissance ou, comme il l'appelle de préférence, cette voie de la justice qui, loin d'être indépendante de la piété, ainsi que le prétend une école de moralistes, n'est autre chose que r.accomplissement de la volonté de Dieu. « Suivez moi », dit-il à tous (Matth. Vm, 22; IX, 9; X, 38; XVI, 24; Jean I, 43; XXI, 19). C'est à la condition de faire ce qu'il commande qu'on est de ses amis (Jean XV, 14) . L'enseignement dés écrivains sacrés, sur ce point, est conforme à celui du Maître* Pierre voit dans l'obéissance le caractère des enfants de Dieu (1 Pierre I, li); obéir à la vérité c'est pour l'âme un moyen de purification (1 Pierre I, 22). Pour Paul le but du ministère évangélique est d'amener toute pensée captive 'à l'obéissance dn Christ (2 Corinth. X, 5); la marque des chrétiens c'est qu'ils sont au service du Christ (Coloss. III, 24. Sou^euere est à Tindicatif, non à l'impératif). L'Epitre de Jacques est toute entière consacrée à recommander l'obéissance pratique. Celle aux Hébreux rattache à Tobéissance du Christ l'obéissance au Christ (Hébr.V,8.9); elle rappelle que chez les héros de l'ancienne alliance dont elle déroule la liste les fruits de la foi ont toujours été des actes d'obéissance (Hébr. XI), et fait de l'obéissance la conséquence naturelle de la reconnaissance du chrétien envers Dieu (Hébr. XII, 28). Enfin Jean déclare que le signo de notre communion avec Jésus-Christ, c'est l'observation de se> commandements (1 Jean II, 3). — L'obéissance chrétienne se reconnaît aux caractères suivants : outre qu'elle est complète, comme toute obéissance, puisque refuser d'obéir sur certains points, c'est montrer que le principe piême de l'obéissance est absent (Ex. XXIV, 7; 2 Cor. n, 9 ; X, 6 ; Coloss. III, 20. 22), elle est libre, spontanée. « exempte de murmures et d'arrière-pensées » (Philip. II, 14); le chrétien n'accepte pas seulement la volonté de Dieu, comme la plu^ forte, il l'aime, comme la meilleure, et la fait sienne. C'est dire que l'obéissance, à mesure qu'elle est plus réelle, devient plus iniérieurt et- plus spiriiuelle ; Tenfant reçoit d'abord « précepte sur précepte, règle sur règle » (Es. XXVIII, 10. 13), mais Thomme fait arrive à dire avec David : « Ta Foi est au fond de mon cœur » (Ps. XL, 0); par l'amour, l'obligation se confond pour lui, peu à peu , avec la liberté. Ce caractère de spiritualité a été méconnu par le catholicisme qui ramène la vie chrétienne à l'obéissance et l'obéissance elle-même à la soumission envers l'Eglise. A le bien prendre, le catholicisme est tout entier dans l'assujettissement du fidèle au prêtre, c'est-à-dire dans une obéissance fausse et servile, consistant à accomph'r de-