OBEISSANCE — OBERKAMPF
rites multipliés, imposés par Fautorité ecclésiastique. L'obéissance absolue à cette autorité est. od le sait, Fun des trois vœux monastiqu:^s (les deux autres sont la chasteté et la pauvreté). De là résulte que la représentation authentique du catholicisme, la concentration -organisée de son principe, c'est Tordre de Loyola, cette école d'obéissance muette, ou diobédience qui donne pour mol d'ordre à ses initiés : Ptrinde ac caâaver. Le principe évangéliqne et protestant «st précisément Topposé de celui-là; il consiste à s'attacher, en morale, non à l^xtérieur, mais à Fintérienr; il fait découler Fobéissance de la foi, comme le fruit naît de Farbre; c'est la foi qui sauve, parce qu'elle saisit la grâce de Dieu, ce n'est pas l'obéissance, laquelle •demeure toujours imparfaite. Toute obéissance à une tradition, à une discipline ecclésiastique, ou à des symboles dogmatiques, quine découle pas de l'obéissance à Jésus-Christ, est non seulement vaine, mais antichrétienne: ce qui ne vient pas du dedans n'a aucun caractère religieux, puisque « c'est du cœur que jaillissent les sources de la vie » (Prov. IV, 23); c'est donc uniquement d'un cœur régénéré par Fesprit de Christ que procède une vie soumise au Christ. Tel est, «n particulier, Fenseignement constant de Fapôtre Paul. Mais de ce que la liberté évangélique a succédé au joug des observances légales il .ne résulte pas qu'on puisse faire bon marché de l'obéissance ; -celle-ci sera toujours Fincessante préoccupation du chrétien ; reprocher* ainsi qu'on le fait souvent, à la morale protestante de sacrifier l'obéissance à la foi, c'est reprocher à Fagriculteur de soigner ^es arbres, au lieu de soigner ses fruits (Matth. Yll, 16-20). C'est par l'obéissance extérieure que se révèle Fobéissance intérieure ; bien loin que le chrétien échappe par le relâchement moral aux exigences de la dévotion et à un ascétisme arbitraire, c'est dans la mesure où Fobéissance est religieuse, c'est-à-dire en relation immédiate avec Dieu, qu'elle se montre, en même temps, pratique, prompte et entière (1 Pierre II, 13-!7). Si intimement que la volonté de Dieu soit unie avec la nôtre, elle n'en demeure pas moins ponr nous la loi objective, la loi stricte et immuable (Ps. CXLX, 8î)). Remarquons, en terminant, que Fobéissance volontaire et franche est la condition même de toute société, aucune société ne pouvant subsister sans soumission mutuelle (Ephés. V, ^i ; Rom. XUI, 8; 4 Pierre V, 5), ni la société civile, ou FEtat (Rom. XIII, 1-7; 1 Pierre I!, 13-17), ni la société religieuse, ou FEglise (1 Pierre V, 5), ni la société domestique ou la famille (les époux: Ephés. V, 22-,')3; Coloss. lll, 18. 19 ; 4 Pierre III, 1. 1 ; les enfants et les parents : Ex. XX, 12; Ephés. VI, 4-4 ; Coloss. III, 20. 21 ; les serviteurs et les maîtres : Ephés. VI, 5-9: ' €oloss. III, 22-iv, 4 ; Tite II, 9. 40; 4 Pierre II, t8). Dans ces divers domaines, en obéissant à ses supérieurs, selon la volonté de Dieu, c'est toujours à Dieu que le chrétien obéit. Jeax Moxod.
OBERKAMPF (Christophe Philippe), naquit en 4738 à Wisenbach, dans le margraviat d'Anspaeh, en Bavière. Sa famille exerçait depuis plusieurs générations la profession de teinturier, sans avoir pu parvenir à l'aisance. Le père de Christophe ne tarda pas à faire unjB