‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 15 sur 157 · MAZARIN — MEAUX · texte numérisé non relu

MAZARIN — MEAUX

fut plus rigoureux sur l'interprétation des édits : des églises furent fermées par ordre du conseil d*Etat, les assemblées des notables interdites, les chambres mi-parties supprimées dans le Languedoc ; on ne toléra plus les colloques qui préparaient le travail pour les synodes provinciaux. En 1658 les représentants des réformés demandent une audience au roi et à Mazann ; celui-ci leur fît bon accueil et leur déclara que ni sa calotte ni son caractère ne l'avaient empêché de remarquer leur fidélité. Après avoir entendu leurs doléances il consentit à nommer des commissaires -choisis en nombre égal dans les deux religions et chargés de veiller au maintien de Tédit de Nantes. Cette institution n*eut pas, il s*en faut, les heureux effets, que Mazann et les Eglises s'en étaient promis. La dernière faveur accordée par le cardinal en 1659 fut Tautorisation de réunir un synode national à Loudun. — Mazarin, tout en essayant de convertir les chefs des réformés, traitait avec bienveillance et employait sans hésiter ceux qui restaient fidèles à leur foi. Turenne, Gassion, commandaient les armées delà France, et un banquier protestant, Barthélémy Herwarth, qui avait rendu des services signalés à la couronne, fut nommé en 1649, intendant dçs finances et quelques années après contrôleur général, malgré la répugnance de la reine mère et la protestation formelle des agents du clergé. Herwarth appela auprès de lui un grand nombre de coreligionnaires qui furent dans la suite les dignes collaborateurs et les protégés de Colbert. — Pour les rapports entre la France et le saint-siège, voir Innocent X et Alexandre Vil ; pour le jansénisme voir cet article. — Ouvrages à consulter : Elie Benoit, Histoire de Fédit de Nantes, III. ; John Quick, Synodicon in Gallia reformata, or the açts, décisions, décrets and canons of those famouse national Cûuncils, of the reformed churches in France, London, i692, 2 vol. in-f* ; Rulhières, Eclaircissements historiques sur les causes de la révocation de Vêdit de Nantes ; Chéruel, Correspondance de Mazarin, apud Collection des documents inédits, et Histoire de la minorité de Louis XI Y, G. Léser.

MSAUX {Meldi), évèché dépendant de Paris, autrefois de Sens. On pense que TEvangile y fut apporté par saint Saintain, disciple de saint Denis. « Il serait à désirer, dit dom du Plessis, que nous pussions entrer dans le détail de ses actions. Mais il n'y a aucun fonds à faire sur les actes que nous avons de ce saint évêque. On ignore également le temps précis de sa mort... Il semble que le roman n'a commencé qne par une lettre attribuée à l'archevêque Hincmar. » Une abbaye, à Meaux, avait conservé le nom de saint Saintain. L'histoire de Meaux commence en réalité avec cette illustre famille, convertie tout entière par saint Colomban, à laquelle nous devons les principaux établissements religieux du diocèse ; saint Faron, évôqu0(f 672), fonde & Meaux la célèbre abbaye de son nom/ qu'on appela d'abord Sainte-Croix; sainte Fare, sa sœur {Burgundofara) établit le monastère de Faremoutiers. Rebais (S. Petrus, S. Paulus et S. Agilus Resba^ cmsti) est fondé en 635, danslaBrie, parsaint Ouen qui lui donned'abord «e nom de Jérusalem ; ce couvent, que saint Ouen mit sous la direction

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de saint Agile, a marqué dans l'histoire des lettres. Jouarre {Jotrurtx) est institué par Adon, frère de saint Ouen, Chelles (Cala)^ création de Bathilde, et dont sainte Bertile fut la première abbesse, saint Pierre de Lagny (Latiniacus), fondé en 644 par saint Fursy {Furseius), attestent encore le mouvement religieux du septième siècle, et saint Fiacre (voyez ce nom) nous rappelle de curieux souvenirs de la mission irlandaise. Un important synode fut tenu à Meaux en 815 (Hefele, t. IV). Durand de Saint- Pourçain, d'abord évêque du Puy, gouverna cette Eglise de 1326 à 1334^ Nous ne pouvons retracer ici Thistoire religieuse de ce diocèse, si proche de celui de Paris. On lira quelques traits de ses destinées modernes à l'article Briçonnet, Parler de Guillaume BriçoAnet (1516-1534; voyez ce nom), de Jacques Le Fèvre, qui fut son vicaire spirituel à cette époque obscure des commencements delà Réforme, serait faire l'histoire des origines du protestantisme dans l'Ile de France et la Brie (voyez ce nom). Nous ne pouvons que rappeler le nom de Bossuet (1681-1704), « Taigle de Meaux », qui repose dans l'église cathédrale de Saint-Etienne. — Voyez, après le Oallia Christiana, t. VIII, l'excellente Hhtoire de réglisede Afmux, par domToussaints du Plessis,P., 1731, 2 vol. in-4»: le Monasticon Gailicanum; Carro, Hist, de M,, M., 1865; Mgr AIlou, Chron, des év, de M., M., 1876; de Longpérier-Grimoard, NoL sur les év, de M., M., 1877 ; les sources anciennes, en particulier les Vus rédigées par Jonas de Suze, dans les Acta sanctorum Benedictinorwn, Pour le seizième siècle: Bretonneau, Généalogie des Briçonnet^ P., 1620, in-4^; Herrainjard, Corr. des Réf., I ; V. Sthyr, Lutheraneme i Frankrig, Gopenh., 1879. S. Berger.

MEGâÎTÂR. Voyez Mekhitar.

MËDABD (Saint), évêque de Noyon, né à Salency, près de Noyon, vers l'an 456, mort vers 545, était frère jumeau de saint Gildard, évoque de Rouen. Il se fit surtout remarquer par sa charité envers les pauvres. Nommé évêque de Vermaud, vers 530, il dut transporter le siège de son évêché à Noyon, à cause de l'invasion des barbares dans son diocèse. On célèbre sa fête le 8 juin. — Nous avons plusieurs Vies de saint Médard ; l'une a été écrite en vers par Fortunat do Poitiers, l'autre par Radbod II, évoque de Noyon et de Tournay. Celle qui fut écrite par un moine de Soissons, vers l'an 829, et qui a été publiée par d'Achéry, n'est qu'un tissu de légendes.

MÉDECINK (chez les Hébreux). L'art de guérir remonte chez les Hébreux, comme chez tous les peuples, au commencement de leur histoire, mais il est impossible d'en reconstruire scientifiquement le développement successif. Nous trouvons néanmoins, et dès l'époque des patriarches, des vestiges de connaissances médicales rudimentaires sans doute, mais faciles à constater. La circoncision n'est à vrai dire qu'une opération chirurgicale qui demandait des soins très minutieux (Gen. XXXIV, 25); la sage-femme est citée comme présente à tous les accouchements et les dud aï m, c'est-à-dire les pommes de la mandragora vemalis étaient regardées comme moyen de guérir de "térilité. Mais c'est assurément en Egypte que les Hébreux furent

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