MÉDECINE
initiés à la médecine alors déjà très d^eloppée dans ce pays. L*embaumement des cadavres y était confié à une classe spéciale de médecins, aux pœstophores ou colchytes, qui possédaient des connaissances médicales spéciales. Les découvertes les plus récentes, comme le papyrus rapporté naguère d'Egypte par le savant Ebers, prouvent combien la médecine y était cultivée ; il y avait des oculistes, des dentistes et des spécialistes pour les maladies externes et internes. Moïse lui-même, instruit dans toute la science des Egyptiens, a dû connaître la médecine, car c*est par son secours qu'il rend potable Teau amère du désert (Exode XV, 25) et quMl réduit en poudre la statue en or d'Apis, ce qui n'était possible que par des dissolvants chimiques. La loi du Sinaï avec ses indications diagnostiques sur la lèpre semble même indiquer une science très profonde. — Il y avait déjà, à répoque de Moïse, des médecins parmi le peuple, comme le prouve surabondamment la loi touchant l'indemnité à donner aux blessés jusqu'à leur guérison (Exode XXI, 19), d'où le Talmud {Berachoth^ 60 a) a tiré cette conclusion que la carrière médicale était d'mstitution divine. Le médecin s'appelle rôfè (le radical signifie calmer, adoucir); on ne cherchera pas chez lui une connaissance approfondie de l'organisme humain, mais surtout une certaine habileté pratique, dans le domaine de la chirurgie principalement. Il s'occupait des blessures et des fractures. Après avoir nettoyé la blessure, on l'exprimait après l'avoir amollie au moyen d'huiles adoucissantes, puis on faisait le pansement (2 Rois VIII, 29 ; IX, 15; Es. I, 6; Jérém. VIII; 21; Ezéch. XXX, 21). Outre l'huile, on employait aussi le vin (Luc X, 34), les baumes, surtout ceux de Galaad (Jérém. LI, 8; Jérém. XLVI, 11), d'autres plantes (Ezéch. XLVII, 12) et des emplâtres, particulièrement faits de figues (2 Rois XX, 7 ; Es. XXXVIII, 21). Pour les maladies d'yeux, on recourait au fiel de poisson (Tobie XI, 13-15). L'Ecriture mentionne enfin le miel qui, aujourd'hui encore, joue un grand rôle dans la médecine de l'Orient. Les médecins hébreux traitaient aussi les maladies internes, mais leur art n'était sans doute pas grand, si l'on en juge par leur peu de succès (2Chron. XVI, 12; XXI, 18. 19) et surtout par le peu de clarté avec laquelle les maladies sont décrites. On a cru retrouver dans l'histoire de Saiil, des traces de médecine aliéniste, mais l'emploi de la musique pour guérir un aliéné ne saurait pas être considéré comme un moyen scientifique. Ce qui est plus important, c'est de constater l'erreur profonde des savants qui admettent que les prêtres seuls étaient chargés de la pratique médicale; ils n'étaient que les organes de la surveillance légale à exercer sur les lépreux, et quand les prophètes ou les lévites donnent des conseils médicaux, ce n'est pas grâce à leur caractère sacerdotal ni comme médecins en titre. De bonne heure la pratique de la médecine est mêlée à des procédés de magie, à l'exorcisme, à l'emploi d'amulettes et de remèdes secrets, ce qui ne saurait étonner de la part d'un peuple de l'Orient (Gédéon Brecher, Duls Transcendait y Magie und magische Heilarleny 1850). Plus tard, surtout à l'époque postérieure à l'exil, la pratique de la médecine
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s'étendit partout (2 Chron. XYI, 12 ; Marc V, 26 ; Luc VIII, 43 et Ton trouvait des médecins, même dans les petites villes). Les méde- • cins étaient en grand honneur et le Siracide,en louant et recommandant leur profession (ch. XXXYIII), en prend occasion pour rapporter à Dieu toute la gloire de leurs succès. Aussi trouvons-nous dans la Bible une foule d'images et d'expressions empruntées à l'art de guérir. A l'époque de Jésus-Christ, la médecine était pratiquée surtout par les esséniens, mais, dans le temple même, il y avait un médecin spécialiste, chargé des soins à donner aux prêtres, que leurs fonctions exposaient à de fréquents refroidissements {Mischnah Scht" kàbirij V, 1, 2). Chose étonnante et qui semble en contradiction avec lés lois sur l'impureté, la dissection était permise dans un intérêt scientifique {Beckoroth, 52 b) et les nombreuses allusions de l'Ecclésiaste sembleraient indiquer que Tanatomie était pratiquée chez les Hébreux. Ë. Scherdlin.
MÉDIdS (Les). La souche et le lieu d'origine de cette illustre et riche famille, qui fleurit du quinzième au dix-huitième siècle, sont complètement inconnus, malgré les dissertations que les flatteurs ont entassées sur ce sujet. Les unes la font originaire d'Athènes, d'autres la font remonter jusqu'au temps de Charlemagne et de ses paladins ; quelques-unes plus modestes, et avec plus de probabilité, la font descendre des Apennins, d'un village Mugello où habitait un de ses ancêtres appelé Medico; d'autres enfin affirment que les Médicis reçurent ce nom parce qu'ils servirent de « médecine » aux tyrans avant d'exercer eux-mêmes pendant deux siècles et demi la tyrannie. Il ne faut pas confondre la famille des Médicis de Florence avec celle des Médicis d'Orvieto (1214), de Lucques (1230), tie Milan, de Savone (1288) car elles ne sont unies que par les liens d'une parenté très éloignée et souvent fort douteuse. La branche Médicis de Florence, la seule célèbre, a donné à la république vingt-trois gonfaloniers et cent prieurs, au grand-duché de Toscane ses grands ducs, à l'Eglise onze cardinaux dont deux, Léon X et Clément YII, eurent l'honneur de voir naître et se développer la Réforme (voyez ces noms). Pie IV (Medichino) appartient à la branche Médicis de Milan. Les plus anciennes chroniques précises nous conduisent jusqu'en 1291 pour trouver un certain Ardingo di Buonagiunta Medici, nommé gonfalonier en 1293. Il faisait partie de la faction populaire qui abattit les anciens nobles et fonda une seconde noblesse de marchands {secondo cerchio), une oligarchie commerciale qui prépara le despotisme des Médicis. Après les gouvernements successifs des seconds nobles, de Gauthier de Brenne (1342), du peuple insurgé (1343), d'une nouvelle oligarchie de citoyens et de chevaliers de la halle (1378); après les divisions des Albizzi et des Ricci, jusqu'en 1434, nous voyons apparaître le premier Médicis célèbre dans l'histoire, Cosme de Médicis. Avant lui plusieurs membres de sa famille avaient obtenu de hautes charges dans la république. Salvestre (1378) fut le premier qui donna aux marchands, aux cardeurs de laine et de soie les titres de l'ancienne chevalerie. Yieri (1393) et Jean (1421) eurent également beau-