ODILON — ODOACRE
mons et une vie de sainte Adélaïde, qui n* offre qu*un médiocre intérêt au point de vue historique. — Sources ; Jotsald, De vita et viriutibtis ùdilonis, lib. III ; Mabillon, VI, 1, 679-710; Odilonis Epitaphium AdalhaidiSj dansPertz, i/onum. Germ. ^t>^, 633; Wattenbach, Deutschl. Gesch. Quelleriy I, 340.
ODOAGAE (Odovacer) était fils d'un des ministres d'Attila et appartenait à la tribu des Ruges qui se souleva avec celles des Hérules, des Turcilinges et en même temps que les Ostrogoths, lors du démembrement du grand empire des Huns. Odoacre se mit à la tête de tous ces peuples révoltés; ils descendirent avec lui en Italie et offrirent leurs services à Tempereur d'Occident dont ils étaient les alliés. Les Ruges, au dire d'Ëugippe, étaient depuis longtemps gouvernés par des chefs ariens. Le christianisme, dit aussi Jornandès, leur avait été prêché par des missionnaires visigoths et sous la forme arienne. La traduction de la Bible dans la langue des Goths était déjà faite, et tous les peuples de l'armée d'Odoacre étaient certainement ariens, sauf les Hérules que Procope désigne positivement comme étant restés païens (D, BelL GoM., II, 14). Procope et Eugippe ( Viia S. Sever., § 14) nous racontent qu'avant d'envahir les Alpes noriques, Odoacre se rendit à l'ermitage de saint Severin et vint saluer le célèbre solitaire. Il était d'une taille si élevée qu'il ne put se tenir debout devant l'ermite et dut se courber pour entrer dans sa cellule. Voyant ce soldat mal vêtu, mais jeune, hardi, à la tournure martiale et à la figure intelligente, saint Severin lui dit : <c Tu es grand et tu grandiras encore. Pars, poursuis ta course ; va en Italie ; tu portes maintenant un méchant habit de peau de mouton, mais tu en investiras plusieurs de grands biens. » Odoacre ne devait pas oublier ces paroles prophétiques. Arrivé à Ravenne, il prit du service à titre auxiliaire dans les troupes impériales. Protégé par Oreste, le Pannonien, devenu même son écuyer, disent les chroniqueurs, il eut bientôt un grade élevé dans la garde impériale. Il restait en même temps chef de tous les étrangers barbares présents dans l'armée. Ceux-ci réclamèrent d'Oreste la doi^ation du tiers de l'Italie. Elle leur fut refusée, et Odoacre les poussa alors à la révolte, leur promettant d'avance de leur donner ce qu'ils demandaient. Ravenne, où se réfugia le dernier empereur, Romulus Augustule, fut bientôt prise. Odoacre laissa la vie à cet enfant et lui accorda une pension annuelle de six mille écus d'or. Ainsi finit sans bruit et sans éclat l'empire d'Occident (476). Odoacre reçut de l'empereur d'Orient le titre de patrice dltalie. 11 ne porta jamais le nom de roi d'Italie qu'on lui donne ordinairement dans l'histoire ; et il ne prit ni la pourpre des Césars, ni les insignes des rois germains. Ses contemporains l'appelaient indifféremment roi des Hérules, des Ruges, des Turcilinges ou. des Scyres. Jornandès {Regn. suce.) lui donna le nom de « roi des nations » (Odovacer rex gentium). Ce terme gentes servait, en effet, à désigner les bandes de pillards appartenant à différentes races barbares qui se mettaient au service des Romains. Odoacre régna de 476 à 493. Son premier soin fut de distribuer à ses soldats le tiers du territoire,