‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 153 sur 157 · ŒUVRES · texte numérisé non relu

ŒUVRES

divine, ils croient à la parole de Dieu et à ses commandements, ils craignent ses jugements, espèrent en sa miséricorde par les mérites de Jésus-Christ, commencent à Taimer comme source de toute justice, détestent leurs péchés, se proposent de mener une vie nouvelle et de garder les commandements de Dieu. Le concile prononce Tanathème contre ceux qui enseignent que toutes les bonnes œuvres faites avant la justification sont des péchés, et méritent la haine de Dieu ; 2* que ces dispositions sont utiles pour fléchir la justice de Dieu, qu'il pardonne plus aisément à un pécheur qui fait de bonnes œuvres qu'à celui qui n'en fait point, puisque lui-même les commande et les inspire par la grâce : ces bons sentiments n'ont pas sans doute« comme l'enseignent les théologiens postérieurs, un mérite de dignité, mais un simple mérite de congruité ou de convenance. Le concile condamne ceux qui prétendent que nous sommes justifiés par la foi seule ; 3° que les bonnes œuvres, faites dans l'état de grâce par un homme déjà justifié, conservent et augmentent en lui la justice ou la grâce sanctifiante, et méritent la vie éternelle. Le concile réprouve ceux qui enseignent que c'est un péché de faire de bonnes œuvres en vue de la récompense éternelle. — En opposition avec les enseignements et les pratiques de l'Eglise catholique, le protestantisme remit en lumière cette vérité capitale que l'homme est sauvé par la foi seule, sola fide ; que la justification est distincte de la sanctification, bien qu'elle la contienne implicitement ; que le salut dépend des dispositions du cœur qui, à leur tour, déterminent la valeur morale de nos actes et de nos œuvres ; que l'œuvre entière du salut étant le résultat de l'action de la grâce gratuite de Dieu, il ne peut être question pour l'homme ni de mérite, ni d'œuvres surérogatoires. Spécialement en ce qui concerne les bonnes œuvres, les Réformateurs ont enseigné, contre ceux qui prétendent qu'elles étaient inutiles ou nuisibles au salut (Flacius, Amsdorf et leur parti), qu'il était conforme à la volonté et au dessein de Dieu que les croyants accomplissent de bonnes œuvres, soit pour confirmer à leurs propres yeux la réalité de leur justification, soit pour manifester et conserver leur foi, ou plus simplement encore, parce qu'il ne se peut pas qu'un cœur régénéré ne soit pas en même temps un cœur obéissant, ni que le véritable chrétien ne traduise pas dans sa vie tout entière et par chacun de ses actes le changement qui s'est accompli en lui (Conf, August,^ art. VI: Fides débet bonos frucius parère^ et oportet botia opéra mandata a deo faeere propter volurUatem Dei ; Form, Conc, IV : Quod Dei voluntas et ordinatio sit atque mandaturriy nt credentes in bonis operibus ambulent... Bona enim opéra in credentibus indicia sunt œternx talutis... Non minus necessarium est, ut fiomines ad recte et pie vivendi rationem bonaque opéra invitentur aîque moneantur, quam necessarium sU ut ad declarandam fidem atque gratitudinem suam erga Deum in bonis operibus sese exerceant: quam necessarium est, cavere, ne bona opéra negotiojustificationis admisceantur. ; Hollaz : Opéra bona sunt actus justificatorum liberi, per gratiam spiritus sancli renovantem ad prxscriptum legis divinx, prœlucente vera in Christum fide, prastiti, in ho^

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