OLIVA
accompagnée de Notices sur un grand nombre de personnages contemporaws, Paris, 1841, i vol.
OLIVA (Fernand-Perez), moraliste espagnol né à Gordoue en 1494, reçut uiie excellente éducation de son père, qui était lui-même un littérateur distingué, et se rendit, pour la continuation de ses études, d'abord à Tuniversité de Salamanque, puis à celles de Alcala de Henarès et de Paris. Un de ses oncles, qui remplissait un poste de confiance à la cour de Léon X, Tintroduisit dans la haute société romaine et lui facilita si bien les voies pour uu prompt avancement que le jeune homme, à sa mort, aurait pu hériter de son bénéiice s'il n'avait préféré se consacrer à renseignement et retourner à Paris où il commenta pendaiit trois ans, devant un nombreux auditoire, la Morale d'Aristote. Le pape Adrien VI, lorsqu*il eut été informé de ses succès universitaires, chercha, par les offres les plus séduisantes, à le ramener dans la ville éternelle, mais Tamour du sol natal l'emporta chez Oliva qui se fixa définitivement en 1528 à Salamanque, pour y collaborer à la création du collège dit de « TArchevêque. « U en devint Tannée suivante le recteur, y professa la morale avec la môme autorité qu'en France, et venait d'être appelé par Charles- Quint. à Madrid en qualité de précepteur de Philippe II, lorsqu'en 1530 une fièvre maligne coupa court à sa brillante carrière. Le nom d'Oliva a mérité d'être sauvé de l'oubli pour les services qu'il rendit à la prose castillane : il lui imprima une fermeté et une noblesse qu*elle était loin de posséder avant lui, malgré les remarquables écrivains qu'elle comptait déjà dans ses rangs : Sedeno, Navarra, Salazâr. On regarde comme son chef-d'œuvre son Dialogue sur la Dignité de l'Homme ; on cite de lui également avec éloges un traité grammatical sur la Langue casiillane; un autre philosophique sur les Facultés de VAme^ une dissertation suscitée par un Projet dt canalisation du Gaadalquivir; enfin le discours prononcé par lui lorsqu'il postula sa chaire à l'université de Salamanque. Très versé en outre dans la connaissance des écrivains classiques, très désireux de communiquer à la langue * espagnole quelques-unes de leurs immortelles qualités, il traduisit du latin VAwphyirion de Plante, du grec V Electre de Sophocle eiVHécube d'Euripide. Ses très réels mérites et aussi les incontestables lacunes de cet auteur, peut-être trop admiré par ses contemporains, ont été résumés par un juge compétent, M. Ticknor, dans l'appréciation suivante : «Oliva, » dit-il, dans le premier volume de son Histoire de la Littérature espagnole^ « n'était certes pas un homme de génie, son inspiration ne s'échauffa jamais jusqu'à la poésie, son invention ne sufût jamais à porter dans un sujet des vues neuves et fortes, et ^on système d'imiter à la fois les maîtres latins et italiens énerve sa pensée plutôt qu'elle ne lui donne de la vigueur. La sagesse toutefois et la fermeté de son argumentation lui gagnèrent des lecteurs ; son style, ferme et net quoique entaché parfois de déclamation, son heureuse idée de se servir de la langue castillane et.de prendre sa défense alors qu'elle entrait en possession de ses droits, lui assurèrent une renommée plus durable que celle d'aucun autre auteur espagnol de la même époque. » — Les ouvrages d'Oliva