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'Coup d'influence et accumulèrent les immenses richesses qui fondèrent le pouvoir de leurs descendants (Machiavelli, «Storte fiorentine^ liv. III). Les premières armes des Médicis se blasonnent ainsi : six balles rouges sur champ d'or. En 4465, Louis XI permit à Pierre de Médicis ^*y ajouter les lys de France, dans une balle. Pie Y accorda en 1566, à Cosme I*', grand duc de Toscane, la couronne ducale. Elle diffère des autres couronnes grand-ducales en ce qu'elle est radiée comme celle des rois et qu'elle porte dans son centre le lys rouge de l'ancienne république florentine. Nous notons ces détails, car la couronne des grands-ducs Médicis nous rappelle le martyre de Pierre Gamesecchi, le secrétaire de Clément VII, livré par Cosme l'^àPieV: nous y lisons en efl'et cette légende significative : Plus V pont^ max. ob eximiam dilectionem ac catholicx religionis ztlum (sic) prxcipuum^ que justiti3S studium donavU. Voyons maintenant les plus célèbres personnages de cette famille. — 1. Cosme r Ancien de Médicis. Son père . Jean, par le travail et par le change aux conciles de Constance et do Bâle, avait amassé de grandes richesses et obtenu par leur moyen et par son importance commerciale le priorat et le gonfalon de la république. Cosme, né en 1389, comprit de bonne heure le parti qu'il pouvait tirer de l'opulence de sa famille. Sous une apparence de bonhomie et de générosité il cachait une âme fourbe, lâche, et une grande « désinvolture dans les affaires où règne la corruption». De 1415-1430, il fut successivement prieur, ambassadeur, bailli et chef du parti du peuple. L'usure pratiquée avec beaucoup de prudence et de circonspection fit de lui l'homme le plus riche de l'Italie, le plus influent de Florence et lui procura la haine et l'inimitié du parti des nobles qui le fit arrêter en 1433, mais qui ne put le faire mourir comme il l'aurait désiré, car Cosme, même en prison, savait se servir de ses richesses. Il fut exilé à Padoue. Le parti des nobles, dirigé par les Albizzi, tâcha alors de reprendre le pouvoir, mais il fut défait par la « Seigneurie » de la cité, puni par l'exil dans ses chefs, et Cosme, déjà en 1434, rentra en triomphateur dans les murs de sa ville natale. Il fut dès lors jusqu'à sa mort (1464) le maître absolu de Florence. Son seul mérite est d'avoir favorablement accueilli en 1453, les savants grecs chassés de l'Orient par la conquête musulmane, et d'avoir fondé à Florence la première académie platonicienne qui donna aux études littéraires et philosophiques en Italie, une direction opposée à celle de l'école dominante d'Aristole. On en constate même l'influence dans la théologie profane des dilettanti de la cour de Léon X. — 2. Pierre de Médicis, fils du précédent, né en 1416 et mort en 1469, ne régna qu'avec faiblesse et mit en péril la puissance de sa famille. 11 exila de Florence tous les chefs des anciennes familles nobles qui formèrent à l'étranger l'armée des célèbres fuortisciti, Louis XI lui octroya le titre de conseiller et le droit d'introduire le lys d'or dans une des balles du blason Médicis. — 3, Son fils, Laurent de Médicis, le Magnifique, n'avait que vingt ans lorsqu'il lui succéda en 1469. En 1472 il châtie, en la saccageant, la ville de Vol- Xerra. Sixte IV fut son plus grand ennemi, parce que Laurent favorisait
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les seigneurs des Etats de TEglise qui désiraient se rendre indépendants. En 1478, le pape, le roi de Naples, la famille florentine des Pazzi, Tarchevèque Salviati et quelques autres adversaires des Médicis, formèrent la célèbre conjuration des Pazzi, qui affermit la puissance de Laurent, car son frère Julien seul ayant été tué, toutes les sympathies du peuple se réunirent sur lui. L'année suivante, il se réconcilia avec le roi de Naples et le pape, et étendit son influence sur les principales maisons italiennes, parce qu'elles lui surent gré de ne pas avoir appelé lesTrançais à son aide dans sa guerre contre Rome. Poète et philosophe lui-même, il fut le protecteur généreux des savants et des lettrés qu'il attirait à sa cour et qu'il tâchait de distraire des questions politiques, parce qu'il ne supportait pas l'ombre d'une autorité à côté de la sienne. Fin, habile, rompu et corrompu dans toutes les affaires de la diplomatie et de finance, il faisait croire dans ses vers qu'il n'aspirait qu'à la tranquillité de la vie champêtre, procul negotiù. Toute la ville l' écoutait comme un oracle, et ce n'était pas difficile puisque ses ennemis avaient été exécutés ou exilés ; Savonarola seul, après avoir plusieurs fois dédaigneusement refusé son concours et son amitié, lui demanda en vain, à son lit de mort, la liberté de Florence. Laurent mourut, jeune encore, en 1492. Sa sœur illégitime, Marie, fut la mère du cardinal de Rossi; son fils Jean fut nommé cardinal à l'âge de quatorze ans et élu pape en 1513; le fils naturel de son frère Julien fut également pape en 1523 et prit le nom de Clément VU; sa fille, Madeleine, fut la mère du célèbre cardinal Cibo, et Ton affirme qu'elle jouissait sous le pontificat de son frère, Léon X, du revenu des indulgences vendues en Allemagne. C'est peut-être une calomnie. Le fils aîné de Laurent, Pierre de Médicis (II), fut chassé deux fois de la ville, parce qu'il avait eu la lâcheté de céder à Charles VIII, Piétrasanta, Sarzana, Pise et Livourne. C'est après lui que se place le règne éphémère de Jérôme Savonarole et du parti des Piagnoni. Les Médicis et leurs amis furent exilés, et Pierre qui avait accompagné les généraux de Louis XII à la conquête du royaume de Naples (1501), mourut en 1503 en essayant de sauver l'artillerie française, après la défaite de Cérignole. En 1512, le congrès de Mantoue, convoqué pour une alliance des princes italiens contre l'invasion française, décida également la ruine du gouvernement populaire de Florence et le rétablissement des Médicis. Florence se prépare à. la lutte, mais elle succombe. — 4. Julien de Médicis^ frère du précédent et né en 1478. Son frère cadet, Jean (LéonX), avait assisté au siège de Florence. Julien était d'un caractère trop doux pour satisfaire l'ambition de sa famille ; il n'était que le chef nominal d'une vraie république administrée démocratiquement, aussi fut-il destitué et relégué dans l'abbaye de Fiesole où il mourut en 1516. — Laurent II de MédiciSy fils de Pierre II, fut pendant trois ans le vrai tyran de Florence. Il conduisit les milices florentines dans les premières guerres contre François I", et n^ourut en France, d'une maladie honteuse, peu de temps après son mariage. Il est le père de la trop célèbre Catherine de Médicis (voy. ce nom), et le dernier descendant
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légitime de Cosme !•% Tancien. — 5. ffippolyte de Médicis, neveu de Laurent II, fils naturel, mais reconnu de Julien, cousin du précédent, naquit en 1510, étudia pour la prêtrise et obtint en 1527 rarchevèché d'Avignon. 11 vécut à Florence avec Alexandre de Médicis, fils naturel de Clément VU, qui lui avait été confié. Ces deux jeunes gens furent deux fois chassés de la ville et menacés de mort par le peuple insurgé. Hippolyte aurait désiré épouser Julie de Gonzague qui protégea manifestement les réformés italiens (voyez Italie, la Réforme en) et obtenir le gouvernement de Florence ; mais en 1529, dans un consistoire fait auprès du lit de Glément VII, dont l'état était extrêmement grave, pour conserver la pourpre dans la famille et l'influence de celle-ci dans les conclaves, il fut créé cardinal de Sainte- Praxèdes, et nommé légat de Pérouse avec les évêchés de Gasale et de Lecee, et les abbayes de Tre Fontane, de Sainte-Saba et de Grotta Ferrata. Il fut légat a latere auprès de Gharles-Quint dans la campagne contre Soliman II; il y commandait 8,000 fantassins et quelques compagnies de cavalerie. Ge jeune cardinal, excroissance du népotisme de Glément VII, était libertin, belliqueux, tapageur ; il parcourait, pendant la nuit, les rues de Rome avec la jeunesse débauchée et ne revêtait la pourpre que dans les circonstances solennelles. En 1534, lors de l'élection de Farnèse (Paul III), il essaya d'obtenir de celui-ci, pour son vote favorable, la domination de Florence que Clément VII avait laissée entre les mains de son fils Alexandre. Il n'eut aucun succès, dans ses intrigues et en 1535, comme il se rendait à Fondi pour y visiter Julie de Gonzague, il mourut en route, à Itrî, miné par la fièvre ou par un poison que son cousin Alexandre lui aarait fait administrer. — 6. Alexandre de Médicis fut le dernier tyran de la république de Florence, avant l'établissetùent de la dignité ducale dans les descendants, membres de sa famille. Il vécut dans la débauche et mourut dans l'attente d'un adultère. Il fut assassiné en 1537 par le fils de Pierre-François Médicis, Lorenzino ou Lorenzaccio, célèbre par la remarquable apologie qu'il a écrite de son meurtre et de la liberté de Florence. P. Giordani la considère comme un des plus beaux monuments de la littérature italienne. C'est en Alexandre que s'éteint la branche, même bâtarde, des descendants de Gosme l'ancien. Dès lors, les rejetons de Laurent, l'ancien, frère de ce dernier, prennent le pouvoir et le conservent d'une manière directe ou indirecte jusqu'au dix-huitième siècle. — 7. Cosme de Médicis, premier grand-duc de Toscane, était fils du capitaine Jean de Médicis, des Bandes noires. Il fut élu comme successeur d'Alexandre, quoique la présomption fût en faveur de Lorenzino, écarté à cause de son assassinat et tué l'année après, à Venise, par les brnvi de Cosme I*'. Né en 1519, il fut appelé à Florence par le parti des Médicis en 1537, malgré l'opposition des nobles qui auraient voulu saisir l'occasion de la mort ignominieuse d'Alexandre, pour reprendre le pouvoir. Cette môme année, il battit à Montemurlo l'armée des fuoruscitij commandée par Gaccia Altoviti, et s'unit à Charles-Quint et au parti impérial italien contre les Français. Son plus terrible
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adversaire était Catherine de Médicis, qui ne voyait en lui qu*un usurpateur. Il obtint de Tempereur le duché de Piombino, la toison d*or, et en 1557, il reçut de Philippe II la ville de Sienne pour la préserver des séductions de Paul IV. Malgré ses luttes avec le saintsiège, Cosme eut toutefois, après 1557, une grande ingérence dans les conclaves qui nommèrent Pie IV et Pie V. Il combattit l'élection de ce dernier, mais lorsqu'il le vit nommé il fit tous ses efforts pour se captiver sa bienveillance et pour en obtenir le titre de grand-duc de Toscane. Avant cette époque, Gosme avait souvent répondu par le silence aux demandes expresses des inquisiteurs romains qui réclamaient pour leur tribunal, les hérétiques lucquois, siennois ou florentins. En 1542, la lettre suivante lui demandait Tarrestation de P. Martyr Vermiglius : lU, Domine Frater nosler honorande. Scitnta Excellmtiam tuam non ignorare S. D. N. hisce proximis dièhus nos super négocia fidei députasse. Verum quia in prxsentia ex officio nobis injundo est super aliquibus rd)iu agere atque a « Petro Martyre », ordinis canoni^ corum lateranensium^ de eis informari cupimus^ exe. titam enixe roganius^ velit^ pro singulari suo in Christo amore, ûc in hanc sanctam sedtm apostolicam studio dare operam ut, quanto honestius et cautius fieri possit^ « idem Petrus capiatur » et cul nos eodem modo quo rev. dominus cardinalis Burgensis collega noster scripsUy eum alio fratre lucensi transmittendum curret,..^ etc. (G. Cantù, Eretici dltalia, II, prise dans VArchivio mediceo, n« 3717). La date de cntte lettre, 17 kal. oct. 1542, nous semble erronée, car à cette époque, Pierre Martyr avait déjà pris la fuite. Une autre lettre du cardinal Pucci lui demandait, en septembre 1542, l'arrestation de frate Cilio di Torino (G. S. Curione), et lorsque celui-ci se rendit de nouveau à Lucques et à Pise en 1552, le cardinal Parnèse enjoignait à Gosme de le rechercher et de le saisir, afin de lui infliger une correction qui servirait d'exemple à tous les hérétiques. Il ne paraît pas que le Médicis ail pris en considération toutes ces requêtes; avant son élévation à la dignité de grand-duc il était même très indépendant vis-à-vis de Rome et du clergé. Depuis 1254 rinquisition à Florence était entre les mains des mineurs conventuels et Gosme empêcha qu'elle passât dans celle des dominicains ; même il exigeait du nonce apostolique les informations les plus précises sur les procès faits à Rome contre ses sujets. En 1551, lorsqu'il permit l'extradition de Laurent Niccolucci, réclamé par le saint-office de Rome, il ne le fit qu'à la condition que l'accusé serait renvoyé à Florence, s'il était trouvé coupable, pour y subir sa peine. En 1566 Garnesecchi, qui avait été absous en 1561 par Pie IV, fut recherché par Pie V qui ne croyait pas à son innocence. Garnesecchi se trouvait auprès de Gosme, à sa table, lorsque celui-ci reçut du pape une lettre du 20 juin 1566 qui lui demandait de livrer son hôte, son ami. Gosme le livra immédiatement pour obtenir le titre de grand-duc, en disant que pour cette dignité il aurait même livré au pape son fils enchaîné. 11 fut depuis le très humble serviteur de Rome (voyez Italie {la Ré-forme en) et transmit son pouvoir à ses descendants qui s'éteignirent en 1737. Couronné grand-duc à Rome par Pie V en 156711 prit le titre
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d'Altesse sérénissime et fit sentir à ses sujets tout le poids de sa tyrannie excessive. De 1537 à ^569 il fit publier vingt-neuf édits draconiens, sanguinaires, contre les amis de la liberté et les partisans des anciennes factions républicaines; de 1337 à 1573 il promulgua quarante-trois autres édits contre les libertés civiles et communales ou pour augmenter les impôts. En 1540, il y avait à Tétranger (en Italie et en France) quatre cent trente Florentins condamnés à mort par les caprices de Gosme, et, pendant son règne, cent quarante-six personnes furent décapitées sur son ordre. Son seul mérite, et il est bien mesquin, est d'avoir protégé les arts, les lettres et les académies, pour lesquelles il était d'ailleurs trèsindifférent lorsqu'elles ne se mêlaient pas de politique. Son fils, François I" deMédicis (1541-1587) n'est célèbre que par les scandales de sa vie et ses intrigues avec la coupable et malheureuse Bianca Cappello. Sa fille Isabelle, mariée Orsini, est tristement célèbre également dans l'histoire des drames domestiques. Convaincue d'adultère, elle fut étranglée par son mari. Son fils Jean <1 543-1562), fait cardinal en 1660 et archevêque de Pise, fut tué à la chasse par son propre frère Garzia, qui à son tour, dit-on, fut tué de la main môme de son père. — 8. Le troisième fils de Cosme, Ferdinand 1*' de Médicis, né en 1549 et mort en 1609, fut créé cardinal, avec d'immenses bénéfices, en 1563, par Pie IV, malgré l'opposition de Ghislieri (le cardinal Alessandrino) qui voulait faire observer rigoureusement les décrets de Trente sur l'âge des cardinaux. Son père n'avait désiré la pourpre pour lui que dans un but politique : pour avoir sa^s cesse un représentant à Rome et pour s'ingérer dans les affaires de l'Eglise. Ferdinand était bon, généreux, sincère dans sa foi catholique et zélé dans ses devoirs de prêtre ; il présente un contraste frappant au sein des infamies de sa famille* Nommé protecteur de l'Ethiopie et des patriarcats d'Alexandrie et d'Antioche, il fonda à Rome, où il vécut jusqu'en 1587, toujours séparé des siens, une typographie orientale pour propager le catholicisme en Asie et en Afrique. A la mort de son frère, François pf, il monta suf le trône de 5on père et se fit aimer, parce qu'il était travailleur, instruit et bienfaisant. Quoique cardinal, il épousa, en 1589, Ghristine de Lorraine, pour donner iln héritier à la couronne ducale. Son amour pour Henri IV et la cause française contre l'Espagne lui attira une foule d'ennemis, qui l'accusèrent d'être lui-même huguenot et qui demandèrent son excommunication à Glément VIII. — 9. Un de ses fils, Charles de Médicis, né en 1595, mort en 1666, fut fait cardinal en 1615. Immensément riche par tous les bénéfices qu'il accumulait rPrato, S. Stefano di Garrara, Sabina, Frascati 1645, Porto, Ostia, Velletri 1652) il n'eut cependant point d'autorité dans les affaires de la curie. Gomme premier cardinal diacre ce fut lui qui couronna le pape Innocent X en 1644. — 10. Léopold de Médicis, (1617-1675), fils de Cosme II, fut comme Ferdinand I" une rara avis dans sa famille. Extrêmement savant, pour son époque, dans les sciences naturelles, il fonda en 1657 la fameuse académie del Cimento qui ne s'occupait que des sciences expérimentales. Gette société de savants physiciens pu-