‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 3)Chapitre 23 sur 157 · MENNONITES · texte numérisé non relu

MENNONITES

déjà par des doutes, en particulier sur la transsubstantiation ; il les regardait du reste comme des tentations du diable. Mais, en 1531, les mouvements tumultueux des anabaptistes, la mort héroïque d*un de leurs martyrs à Leeuwarden, des besoins de conscience le décidèrent à examiner de près ses croyances. 11 arriva à se convaincra que le baptême des enfants était contraire à TEcriture. Son père et quelques-uns de ses paroissiens périrent dans une insurrection d'anabaptistes. Depuis lors, il se consacra à Tapostolatdu baptisme(133S),. mais non sans protester vivement contre les excès et les erreurs de Jean de Leyde. Sa vie fut désormais celle d*un prédicateur itinérant et d'un persécuté. Car Fimpopularité du baptisme était grande.. Sa tète fut plus d'une fois mise à prix, ce qui ne Tempècha pas de faire preuve souvent d'une véritable témérité. En 1543, il soutint une conférence publique à Ëmden contre le célèbre A- Lasco. A ses idées sur le baptême, il associait des vues assez malsonnantes sur l'incarnation du Yerbe. Il pensait que le corps du Verbe incarné était descendu du ciel comme le Verbe lui-même, sans emprunter ses éléments constituants à celui de Marie. En même temps, il insistait beaucoup sur le sens et la valeur de l'excommunication ecclésiastique, la fonction la plus essentielle, la plus indispensable, selon lui, de la communauté religieuse. Toutefois, il ne voulait d'abord y voir qu'un moyen d'amélioration, non pas la condamnation absolue des délinquants. Mais les disputes violentes qui surgirent dans son propre parti, entre les partisans d'un point de vue plus rigide et ceux qui préféraient l'interprétation la plus tolérante, eurent pour résultat qu'il passa lui-même du côté des premiers. On prétend que ce ne fut pas sans regret, et que sur son lit de mort il se reprochait d'avoir trop été l'esclave des hommes. Il mourut le 13 janvier 1561 et fut enterré àWoesteveld près Oldesloo, entre Lubeck et Hambourg, dans un petit bien de campagne qui lui avait servi souvent de lieu de refuge pour se soustraire aux recherches de ses persécuteurs. Pendant sa carrière militante, Cologne, les Pays-Bas*, les pays riverains de la mer du Nord et de la Baltique avaient été les principaux théâtres de sa propagande. — Memno Simons n'était pas un théologien au sens exact du mot. Il redoutait plus qu'il ne recherchait les discussions sur les grands points métaphysiques du dogme. Ce qu'il voulait avant tout, c'était la constitution d'une Eglise pure de toute souillure, séparée du monde, composée de membres irréprochables. Il lui semblait que la réforme luthérienne et calviniste adoptée par des populations entières ne réalisait pas l'idéal qu'il s'était formé d'une telle Eglise. De là, il déduisait que la Réforme devait être poursuivie plus radicalement, que le baptême des adultes, symbole et condition d'un renoncement complet au monde, avait seul une valeur sérieuse, et c'est pour la même raison qu'il attachait une si haute importance aux questions de discipline et à celle de l'excommunica* tion. Il ne suffisait pas que l'Eglise régénérée eût reconquis sa pureté en se recrutant uniquement parmi les chrétiens d'élite, elle devait aussi pouvoir la conserver par une discipline rigoureuse. Du reste,.

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